samedi 30 juin 2012

Il y a 40 ans : le F.H.A.R


 


 Il y a 40 ans déjà : 

Le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire ! 


Adresse à ceux qui se croient “normaux“




Vous ne vous sentez pas oppresseurs. Vous baisez
comme tout le monde, ça n’est pas votre faute s’il y a des
malades ou des criminels. Vous n’y pouvez rien, dites-vous,
si vous êtes tolérants. Votre société -car si vous
baisez comme tout le monde, c’est bien la vôtre- nous a
traité comme un fléau social pour l’Etat, l’objet de mépris
pour les hommes véritables, sujet d’effroi pour les mères
de famille. Les mêmes mots qui servent à nous désigner
sont vos pires insultes.

Avez-vous jamais pensé à ce que nous ressentons, quand
vous mettez à la suite ces mots « salaud, ordure, tapette,
pédé » ? Quand vous dites à une fille : « sale gouine » ?
Vous protégez vos filles et vos fils de notre présence
comme si nous étions des pestiférés.

Vous êtes individuellement responsable de l’ignoble
mutilation que vous nous avez fait subir en nous
reprochant notre désir.

Vous qui voulez la révolution, vous avez voulu nous
imposer votre répression. Vous combattiez pour les noirs
et vous traitiez les flics d’enculés, comme s’il n’existait
pas de pire injure.

Vous, adorateurs du prolétariat, avez encouragé de toutes
vos forces le maintien de l’image virile de l’ouvrier, vous
avez dit que la révolution serait le fait d’un prolétariat
mâle et bourru, à grosse voix, baraqué et roulant des
épaules.

Savez-vous ce que c’est, pour un jeune ouvrier, que d’être
homosexuel en cachette? Savez-vous, vous qui croyez à
la vertu formatrice de l’usine, ce que subit celui que ses
copains d’atelier traitent de pédale ?

Nous le savons, nous, parce que nous nous connaissons
entre nous, parce que nous seuls, nous pouvons le savoir.
Nous sommes avec les femmes le tapis moral sur lequel
vous essuyez votre conscience.

Nous disons ici que nous en avons assez, que vous
ne nous casserez plus la gueule, parce que nous nous
défendrons, que nous pourchasserons votre racisme
contre nous jusque dans le langage.
Nous disons plus: nous ne nous contenterons pas de nous
défendre nous allons attaquer.

Nous ne sommes pas contre les « normaux », mais contre
la société « normale ». Vous demandez : « Que pouvonsnous
faire pour vous? » Vous ne pouvez rien faire pour
nous tant que vous resterez chacun le représentant de la
société normale, tant que vous vous refuserez à voir tous
les désirs secrets que vous avez refoulés.
Vous ne pouvez rien pour nous tant que vous ne faites
rien pour vous-mêmes.

Avril 1971

« 1er étudiant : Et si je veux être amoureux de toi ?
5ème étudiant : A ta guise. Je te le permets et je te porte
sur mes épaules au milieu des rochers.
1er étudiant : Et nous détruirons tout.
5ème étudiant : Les foyers et les familles. »

Federico Garcia Lorca.

jeudi 28 juin 2012

Sans Papiers Ni Frontières ! [blog]

[Depuis plusieurs années déjà, Sans Papiers Ni Frontières est un collectif qui produit à la fois une émission de radio diffusée sur radio FPP, des textes, des affiches, des tracts, des brochure et un journal mural (traduit en plusieurs langues) qui diffuse plusieurs informations et brèves sur l'actualité des luttes et des révoltes de sans-papiers, à l'extérieur et dans les centres de rétention et plus généralement contre les frontières et leurs prisons. Le collectif s'est doté d'un site qui rassemble ses productions et permet d'élargir leur diffusion. On en profite pour saluer cette initiative, et vous inviter à le visiter : longue vie à eux et elles !]

Source : Indymedia Paris


Un blog contre les frontières et leurs prisons



Sans Papiers Ni Frontières est un blog où l’on peut trouver du matériel (affiches, tracts, brochures, émissions de radio...) contre les centres de rétention et les frontières, ceux qui les gèrent et les construisent, sur la société qui les génèrent. Sont mis à jour régulièrement des rendez-vous de manifestations, discussions et autres initiatives ainsi que des infos sur les frontières, les luttes et les révoltes dans les prisons pour étrangers.

https://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org
À mettre dans vos favoris !

mercredi 27 juin 2012

Rendu du procès de la "M.A.A.F"


http://infokiosques.net/IMG/arton592.jpg 

Source : Indymedia Paris

Voici le rendu du procès contre 6 camarades qui s’est tenu en mai 2012, prononcé le lundi 25 juin à 13h30.

Pour un rappel plus détaillé de l’affaire voir ici

Frank : non-coupable, relaxé de tous les chefs d’inculpation, il peut demander réparation pour les 6 mois de détention préventive déjà effectués

Ivan : relaxé pour le refus ADN, coupable des autres faits reprochés, condamné à 1 an de prison dont 6 mois avec sursis, rejet de la demande de non inscription au casier judiciaire

Bruno : relaxé pour le refus ADN, coupable des autres faits reprochés, condamné à 1 an de prison dont 6 mois avec sursis

Damien : relaxé pour le refus ADN, coupable des autres faits reprochés, condamné à 2 ans de prison dont 1 an avec sursis

Inès : coupable de l’ensemble des faits reprochés, condamné à 30 mois d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis, rejet de la demande de non inscription au casier judiciaire

Javier : coupable de l’ensemble des faits reprochés, condamné à 3 ans d’emprisonnement dont 2 ans avec sursis, rejet de la demande de non inscription au casier judiciaire

De plus, l’ensemble des scellés est confisqué.

A noter que la détention préventive déjà effectuée couvre la quasi totalité des peines de prison fermes, il y a donc peu de probabilités que l’un des inculpés retourne en prison. Ceux pour qui il reste quelques semaines ou mois à faire seront convoqués ultérieurement devant un juge d’application des peines.

A noter aussi que le caractère terroriste de l’affaire a donc été maintenu.

Les condamnations sont soit identiques aux réquisitions du procureur, soit légèrement allégées (Inès, Javier), sauf bien sûr pour Frank qui est relaxé.

Le parquet comme les inculpé.e.s ont maintenant 10 jours pour faire appel.

mardi 26 juin 2012

"Assemblée pour une grève offensive" (2010) [Dossier Assemblées]

[Pour mémoire, texte qui appelait à l'asemblée autonome "turbin", aussi dite "assemblée interpro" à Paris pendant le mouvement des retraites]


Source : Indymedia Nantes.


Pour se rencontrer et discuter, entre autres, de la suite de la grève rendez vous samedi 25 septembre à 14h à la c.i.p. 14 quai de Charente – Paris 19ème – M° Corentin Cariou contact : turbin@riseup.net

Tract d’appel à l’assemblée diffusé largement 
lors de la manif parisienne du jeudi 23 septembre (2010) :

 Voilà qu’on veut nous faire travailler deux ans de plus !

Le travail, le turbin auquel on consacre la majeure partie de nos journées, est essentiellement une violence qui nous est faite, et la plupart d’entre nous le ressentent comme tel. Mais il a réussi à s’imposer comme quelque chose allant de soi, quelque chose de naturel (« il faut bien travailler pour vivre ! » et oui !), alors qu’il est le produit d’un rapport de force qui nous contraint à nous activer pour permettre au capital, ce drôle de machin invisible qui détermine nos vies, de se reproduire et de s’accroître. On travaille pour gagner de l’argent, certes ; mais on travaille surtout pour faire gagner de l’argent – pour créer du capital. Quand on y réfléchit, rien de bien naturel là-dedans.

Mais c’est ainsi qu’on nous gouverne : par l’acceptation de fausses évidences. Ainsi de cette réforme des retraites : travailler plus, ben oui, ça ne fait pas plaisir, mais il n’y a pas le choix, c’est l’économie qui veut ça – l’allongement de la durée de vie, le vieillissement de la population, tout ça.

La gauche et les syndicats refusent cette réforme en l’état, tout en reconnaissant qu’il y a un problème, voire pour certains qu’il va falloir se serrer la ceinture. Refuser cette réforme supposerait d’avoir une réforme alternative en tête. Est-il si fou de se dire que ce n’est pas à nous de gérer cette affaire ? Lorsqu’une boîte se restructure, comme ils disent, elle a toujours recours au même chantage : c’est soit les licenciements, une intensification du travail sans contrepartie, etc., soit la boîte va couler car elle ne dégage plus assez de profits, et les salariés couleront avec elle. Il faudrait accepter d’en chier toujours davantage sous prétexte de sauve-garder un système basé sur notre exploitation.

On n’a pas à adhérer à des raisonnements qui visent à nous solidariser avec les logiques de cette exploitation. Sur la question des retraites, il est possible d’affirmer simplement : « bordel, je ne veux pas travailler deux ans de plus car je suis déjà assez exploité comme ça. Point barre. » Mais évidemment, le dire ne suffit pas : il faudra l’imposer. C’est un rapport de force. L’économie, on ne fait pas que la subir : on la fait tourner. Qu’on s’arrête un peu de le faire, ça ne fera pas du bien au capital, mais ce n’est pas sûr qu’on s’en portera plus mal.

Être isolé contribue beaucoup à la résignation. Peut-être sommes nous quelques-uns ici à attendre d’un mouvement social davantage qu’un recul du gouvernement sur la question des retraites… Peut-être sommes nous même plus que quelques-uns à voir aussi la chose comme une occasion : un mouvement social un tant soit peu énervé, en ces temps où la combativité sociale n’est pas à son plus haut, c’est la possibilité de se rappeler qu’une force collective, venant briser le traintrain de l’exploitation, de l’isolement et de la déprime généralisée, permet d’entrevoir des horizons où la réappropriation du monde n’est plus hors de portée. Sans doute sommes nous un certain nombre à d’ores et déjà envisager qu’au cours de la lutte puissent s’élaborer des pratiques qui posent des questions allant au-delà du nombre d’années de cotisations. A espérer qu’un mouvement à venir remette en cause ce qui est quotidiennement accepté et se foute des solutions alternatives proposées par ceux qui gèrent nos vies…

Nous n’en sommes pas là : encore faut-il que ce mouvement ait lieu. Il est évident qu’une journée d’action isolée par-ci par-là, appelée par les syndicats en vue de négociations où l’essentiel est déjà négocié, n’aboutira à rien, sinon à accroître le sentiment d’impuissance. Ces syndicats, qui ces dernières années ont déjà fait avorter des mouvements avant même qu’ils puissent avoir lieu (déjà sur les retraites, en 2003 puis en 2007), se préparent à faire de même ce coup-ci, de manière encore plus assumée. A croire qu’ils préfèrent encore subir une « défaite » plutôt que de voir un mouvement leur échapper…

Dès lors voilà : pour que cette lutte puisse avoir réellement lieu, il faudra nécessairement que cela se passe par dessus les têtes des directions syndicales. Il faudra notamment leur imposer la grève, sans quoi rien ne sera possible. Ce n’est pas tâche aisée : pour cela il faut d’ores et déjà commencer à s’organiser ; à transformer la colère latente en action collective.

Mais, « les syndicats perdent brusquement le contrôle de leurs bases » : voilà qui ne serait pas forcément moche.

grève générale ! grève illimitée ! grève offensive ! 

lundi 25 juin 2012

Solidarité internationale avec les anarchistes turcs!

Manifestation de soutien aux anarchistes turcs emprisonné.e.s 

(A l'appel de plusieurs organisations et individu.e.s anarchistes)

Source : Indymedia Paris

 [ Le tract ci-dessous est avant tout relayé à titre d'information, tant nous ne souscrivons pas  à certaines analyses, ni au concept de "prisonnier politique" ]

Halte à la répression en Turquie ! 

Turkiye'de ki Baskiya SON !


Libération des prisonnier-e-s anarchistes en grève de la faim 
depuis le 11/06/2012 et de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques !

Quelques jours après la manifestation du 1er mai à laquelle les anarchistes ont pris part, la police a perquisitionné et cassé plusieurs lieux alternatifs et arrêté 60 militant-e-s anarchistes. 51 ont été libéré-e-s quatre jours après mais 15 doivent encore passer en procès pour association terroriste. Ils et elles sont accusé-e-s d'appartenance à une organisation terroriste pour avoir été en possession d'un ouvrage de Kropotkine, retrouvé chez ces dernier-e-s. 9 d'entre elles et eux sont encore en prison à l'heure actuelle et six autres, dans d'autres villes (Izmir, Ankara etc.), ont depuis été arrêté-e-s, ce qui porte à 15 le nombre d'anarchistes emprisonné-e-s depuis le début du mois de mai. Depuis le 11/06/2012, 14 d'entre elles et eux ont entamé une grève de la faim, malgré des conditions d'encadrement sanitaire déplorables...

Cette opération s'inscrit dans un cadre plus large de durcissement de la répression, ces dernières années, contre les opposant-e-s au parti au pouvoir, l'AKP. Ce gouvernement, à la fois conservateur islamiste et néolibéral sur le plan économique, détruit l'environnement et les droits des travailleuses et des travailleurs, des femmes, des kurdes et des minorités ethniques et religieuses (halevis notamment) ou des minorités sexuelles (LGBTT). La situation des femmes, en particulier, devient de plus en plus problématique avec les menaces d'interdiction de l'avortement et l'augmentation des violences masculines (violence physique et harcèlement sexuel).

L'État turc mène une politique de terrorisme d'État, comme en témoigne le massacre perpétré à Roboski le 28 décembre 2011, au cours duquel 34 personnes dont 19 enfants ont été tuées lors d'un bombardement. Les militant-e-s sont emprisonné-e-s, torturé-e-s, agressé-e-s physiquement par des nervis fascistes manipulés par l'État turc ou par les forces de répression. Désormais, les lois antiterroristes de 1991 peuvent servir à enfermer toutes les opposant-e-s, sans procès, pendant plusieurs années. Plusieurs milliers de prisonnier-e-s politiques croupissent dans les prisons turques, dans l'isolement, pour leurs opinions politiques.

C'est ce qui se passe pour les 15 anarchistes actuellement en prison depuis plus d'un mois. Les conditions de détention déplorables génèrent des conflits, les prisons sont surpeuplées (manque de lits notamment) et les militant-e-s vegan ou végétarien-ne-s ne peuvent respecter leur régime alimentaire. Afin de casser les solidarités à l'intérieur de la prison, l'Etat sépare les militants et militantes emprisonnées.

A l'extérieur, la solidarité s'organise à Istanbul. Solidarité politique avec des manifestations devant les prisons et une campagne de sensibilisation vers la population. Solidarité financière aussi pour soutenir le mouvement et aider les compagnes et compagnons en détention. Des actions de solidarité ont également eu lieu partout dans le monde, notamment en Allemagne, en Suisse et à Lyon.

Pour la libération immédiate et pour l'arrêt des poursuites contre les anarchistes et contre tou-te-s les prisonnier-e-s politiques en turquie ! manifestons le mardi 26 juin a 18h30 au Trocadero à Paris !
 
EYLEM 26 Haziran Sali, Saat: 18.30, Trocadero, Paris 

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  Lettre ouverte de neuf prisonniers anarchistes en Turquie 

Source et traduction : la base de données anarchistes

Comme on le sait, des anarchistes ont attaqué des banques et des entreprises du quartier Mecidiyeköy-Şişli (Istanbul) lors du Bloc Anarchiste du 1er mai. Nous, neuf des 60 personnes qui ont été mises en prison par la police, neuf prisonniers anarchistes enfermés sur la décision de la neuvième cour criminelle dans la prison de type T de Metris, écrivons cette lettre. La plupart d’entre nous ont été mis en détention par des unités anti-terroristes à 5 heures du matin le 5 mai, et quelques un-e-s le jour suivant. Nos ordinateurs, téléphones, disques durs, livres ainsi que beaucoup d’autres objets personnels ont été saisis par les policiers, qui étaient entre 10 et 20 à venir dans notre maison. Nous sommes accusé-e-s par la police de "destruction de propriété publique au nom d’une organisation terroriste". Des prisonniers dont les conceptions de l’anarchisme sont variées, se sont vus pour la première fois au dépôt des flics, accusés de la formation d’une organisation terroriste dont certains ont été contraints, pendant l’interrogatoire des flics, d’avouer en être les chefs. Le principe même de chef étant totalement contraire aux idées anarchistes, cela est donc impossible ; cette accusation, ainsi que celle d’"appartenance à un même groupe terroriste" sont donc des inepties tragi-comiques... Les individus accusés par la police de faire partie d’une même organisation terroriste n’avaient ni armes ni munitions chez eux. Pendant l’interrogatoire, les policiers ont considéré des livres d’auteurs comme Kropotkine, que l’on peut trouver dans n’importe quelle librairie, comme la documentation de l’organisation. Les articles qu’ils avaient lu et les vidéos qu’ils avaient partagé via des réseaux sociaux ont été présentés à la cour comme des preuves par les policiers.

 L’appartenance des individus à des organisations légales, travaillant sur des questions comme la libération animale, les droits de l’homme et l’écologie, a aussi été utilisée comme preuve par la police. Une grosse pression psychologique a été exercée sur les personnes détenues : elles étaient en détention depuis quatre jours, n’avaient pu ni voir les membres de leur famille, ni téléphoner une seule fois à quelqu’un, pas même à leurs avocats. Un-e de nos ami-e-s LGBT a été victime de "violences verbales". Tous ont été contraints d’avouer l’existence d’une organisation terroriste et de faire de fausses déclarations à propos des autres compagnon-ne-s arrêté-e-s. Deux personnes, menacées de 15 à 20 ans de prison pour appartenance à un même groupe terroriste, ont effectué de fausses déclarations à propos de gens dont ils ne savaient strictement rien.

Sous la pression des policiers, ils ont accusé certaines personnes, contre lesquelles les policiers n’avaient pas trouvé de preuves, que ce soit dans leurs conversations téléphoniques, internet ou toute autre communication avec les autres, d’être les chefs de l’organisation, et les ont "identifiés" comme auteurs des attaques. La plupart de nos amis ont été arrêtés juste parce qu’ils avaient les mêmes types de sacs, chaussures, ceintures, etc. (comme peuvent en avoir des millions de gens) que ceux qui ont été filmés pendant les attaques. L’existence d’une organisation terroriste anarchiste ne peut bien sûr pas être prouvée avec ces arguments insuffisants et irrationnels. Pour cette raison, nous sommes aussi accusés de dégradation de propriété publique. Nous voulons qu’il soit clair que cela nous est égal à nous, en tant qu’anarchistes qui refusons toute loi et toute autorité et qui considérons tous les Etats comme des assassins, que l’Etat nous décrive comme des terroristes ou non. Il nous est égal que l’Etat tue des dizaines de personnes à Roboski, tue de 13 balles Uğur Kaymaz âgé de 11 ans et soit impuni. L’Etat qui, en 1977, a tué 34 personnes et n’a mis personne en prison pour cela, mais n’a vu aucun problème à arrêter 60 personnes et à en mettre 9 en prison pour 3-5 vitrines de banques brisées.

Deux des ami-e-s incarcéré-e-s n’ont pas pu aller à leurs examens terminaux dans leur université. Cela rend possible que ces universités mènent une enquête et décident de suspendre ou d’exclure ces deux personnes. L’un-e de nos ami-e-s préparait l’examen d’entrée à l’université, mais il est clair qu’il ne lui est pas possible d’étudier suffisamment en prison. Un-e ami-e-s qui étudie M.A/M.S à l’université ne peut plus continuer à rédiger son mémoire. Nous avons reçu la nouvelle que 3 ami-e-s ont été licencié-e-s après leur arrestation.

Depuis notre incarcération, nous avons pu expérimenter le système judiciaire que l’Etat prétend excellent : en réalité, ce n’est rien d’autre qu’un instrument d’oppression et de normalisation. Des idées comme celles de justice ou de droit restent seulement dans la théorie. Nous voulons en sortir maintenant. Mais laissez-nous affirmer que nous ne le demandons ni ne le mendions à personne. Nous savons que nous sommes en prison uniquement à cause de nos idées politiques. Pour cette raison, nous ne regrettons pas ce que nous avons ou n’avons pas fait. Notre raison d’écrire cette lettre est simplement de raconter la vérité au public, pour l’aider à cerner ce qui se passe.

 Nous savons que ceux qui nous ont enfermé n’ont pas seulement pour but de nous punir pour avoir participé à une action. Ils veulent nous inculquer la peur de résister. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que les prisons de leur civilisation dégueulasse ne peuvent pas étouffer nos idées, et nous nous sentons même plus forts qu’avant.

 Nous considérons tous les anarchistes du monde comme nos compagnon-ne-s et envoyons nos salutations, notre amour et notre appel à solidarité à tou-te-s les insurgé-e-s du monde qui portent dans leur cœur le feu de la liberté, et qui viennent d’Athènes, Amed, Chiapas, Gaza, Toronto ou Seattle... Vous devez savoir que vous n’êtes pas seul-e-s et que dans ces lieux des gens se battent aussi. Nous les remercions tou-te-s pour la solidarité et les actions de soutien. Il est impossible de décrire nos sentiments aux anarchistes locaux, qui nous soutiennent et font des actions pour nous, comme le reste du monde. Ces pages sont trop courtes pour nos remerciements. Nous les embrassons avec nos sincères salutations. Faites leur savoir que nous savons qu’ils sont avec nous, et que nous ne nous sentons jamais seuls un instant. Avec nos souhaits pour de longs jours d’insurrection et de solidarité.

Prisonniers anarchistes : 

Beyhan Çağrı Tuzcuoğlu 
Burak Ercan 
Deniz 
Emirhan Yavuz 
Murat Gümüşkaya 
Oğuz Topal 
Sinan Gümüş 
Ünal Can Tüzüner 
Yenal Yağcı 

dimanche 24 juin 2012

Discussion "Mouvement piquetero et assemblées populaires en Argentine" [Rémouleur]

Au rémouleur
106 rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)


mardi 26 juin - 19h30


Mouvement piquetero et assemblées populaires en Argentine

Le 26 juin est une date importante pour les mouvements autonomes argentins. Le 26 Juin 2002, deux militants piqueteros ont été assassinés lors du blocage d’un pont sur l’autoroute d’accès à Buenos Aires. Cette date est commémorée tous les ans en Argentine. A cette occasion, nous proposons la projection d’un film sur le mouvement piquetero et le tournant politique provoquée par le 26 juin 2002 et ses suites. Le film servira de base pour une discussion sur la situation politique actuelle (en particulier, l’ambivalence du gouvernement de Kirchner), les suites du mouvement piquetero, et l’organisation dans les quartiers de la banlieue de Buenos Aires (assemblées, cantines populaires, coopératives...) à partir de l’expérience concrète que présentera un membre du FOL "Frente de Organisaciones en Lucha", venu de Buenos Aires pour présenter l’expérience des mouvements de ces quartiers.

jeudi 21 juin 2012

[Défaite de la musique] Concert contre les violences policières et la prison

Concert pour dénoncer les violences d'état

Rejoignez-nous le 21 juin 2012 pour un concert rap* de 19h à 00h qui a pour but de donner de la visibilité aux victimes de violences d'état et de passer un message de solidarité aux personnes incarcérées à la prison de la santé.

Parce que nous voulons dédicacer la musique à tous ceux qui ne peuvent pas être avec nous... qu'on nous a enlevé(e)s trop tôt, tué(e)s ou enfermé(e)s...

Nous rendrons hommage aux familles, nous rendrons hommages aux victimes
Nous dénoncerons la police, nous dénoncerons les matons et la prison en tant que violence d'état.

Jeudi 21 juin rdv 19h vers la prison de la santé ( M° St jacques )

Retransmission radio sur FPP -106.3 fm- le : 29 juin de 20h à 00h

Écrivez nous pour participer à ce projet ou à d'autres initiatives en solidarité avec les détenus, leurs proches et les victimes de la police :

contrelenfermement@riseup.net
http://contrelenfermement.noblogs.org/

mercredi 20 juin 2012

"Nous"

[Ce texte est issu de la nouvelle revue anarchiste Salto n.1. Il questionne le rapport au "nous" dans les discours du pouvoir et le verbiage militant, entre autres, et ce qu'il implique au delà de son usage littéraire ou d'un simple "Nous" définissant des positions ou des idées et des pratiques (et ceux et celles qui s'y reconnaissent), ou du "Nous" de l'anonymat. Une critique salutaire et nécessaire...]

Nous

Selon le célèbre mot de Mark Twain, " les rédacteurs et les gens ayant les vers " sont les seules personnes pouvant utiliser le terme " Nous ", mais à ce que nous en savons, personne n'a jamais fait d'analyse approfondie des rapports de pouvoir cachés dans cette monosyllabe.

"Nous" sonne égalitaire, commun et coopératif, même s'il désigne en fait plus souvent des  rapports sociaux hiérarchiques et coercitifs. Le fascisme, ne l'oublions pas, est aussi une forme de collectivité. Dans la première phase de notre enquête, nous avons découvert plusieurs variantes du terme " Nous ". La-voici, même s'il s'agit d'une liste qui est loin d'être exhaustive :

Le Nous du leader : "... et nous donnerons nos vies, s'il le faut, pour protéger notre patrie ! "
Le Nous du manager : " Nous avons réussi à augmenter la productivité de 25% cette année, et cela se verra ensuite dans les profits. "
Le Nous du chef : " Nous devons urgemment nettoyer cette cuisine en moins d'une demi-heure. "
Le Nous du baby-sitter : " Nous sommes un peu vexé ce soir ?
Peut-être est-il temps pour nous d'aller au lit ?"
Le Nous du supporter : " Nous allons à la coupe du monde cette année ! " Bien sûr que tu y vas!
Le Nous de l'activiste :  " Whose streets ? Our streets !" ( "à qui est la rue ? elle est à Nous !")
De qui précisément ?
Le Nous du parti : " Maintenant que les usines sont entre les mains des ouvriers, nous pouvons initier la création du paradis sur terre pour l'Humanité ! " (Un instant avant l'aller simple vers la Sibérie.)
Le Nous de Zamyatin: un roman sous-estimé dont Orwell s'est beaucoup inspiré pour écrire 1984.

Certaines formes de Nous font référence à des corps sociaux totalement mythiques: le Nous du citoyen par exemple, lequel désigne toutes les personnes regroupées au sein de la citoyenneté, elle-même  donnée par l'Etat-nation, même si certains citoyens ont une position critique vis-à-vis de cet Etat. D'autres formes, comme le Nous de l'identité, veulent créer des corps sociaux conscients en mettant en avant une communauté mythique sur la base d'une argumentation indirecte.

Nombreuses sont les formes de processus collectifs qui se cachent dans le " Nous ". Dans le monde de la politique, il s'agit du Nous démocratique - " Nous avons voté pour l'expulsion de 40% de nos membres " - et le Nous du consensus - " Nous avons eu besoin de quatre semaines pour écrire un paragraphe que j'aurai pu  écrire seul en trois minutes. "

Un exposé anarchiste du mot " Nous " ne pourrait être complet sans une enquête concernant le " Nous " du propagandiste. Celui-ci est un proche parant du Nous " royal "*, car c'en est tout sauf un.
Le Nous du propagandiste est populaire surtout parmi les radicaux voulant se faire passer pour des personnes comprenant en elles seules tout un mouvement social cohérent. Dans le meilleur des cas, il s'agit d'une imagination pleine d'espoir; mais dans le pire, il s'agit par contre de celle d'un futur despote fantasmant la formation d'une armée de mécanisations, car il ne peut pas s'imaginer d'autres formes de rapports.

Ayant ces ambiguïtés en tête, quelle utilisation possible du mot " Nous " est-elle encore possible ?
Nous (le voilà, le " nous " !) voudrions appeler l'attention du lecteur sur la blague bien connue dans laquelle Tonto et Lone Ranger sont poursuivis par une horde sanguinaire de soi-disant Indiens :
" Il semble que nous soyons dans la merde, mon pote " , constate Lone Ranger.
Auquel Tonto répond :  " Que veux-tu dire par 'nous', homme blanc ? "

*L'idée derrière le Nous royal - pluralis majestatis -, c'est que le monarque parle toujours pour son peuple. De la même manière, on réfère à des décisions du conseil municipal comme celles de " la " ville, plutôt que le gouvernement de la ville. Par exemple, " Pendant des années, la commune de Anderlecht a tenté infructueusement d'empêcher ses habitants à se réunir au bord du canal lors du week-end. "

samedi 16 juin 2012

"Occupation et défense des espaces autogérés" Alfredo Bonanno

Par espace social autogéré, nous entendons un espace urbain pris
par un certain nombre d'individu-e-s dans le but de l'utiliser
directement, pour leurs propres objectifs, au-delà de la logique du
pouvoir capitaliste et de l'exploitation.

Par rapport à des espaces sociaux (écoles, casernes, usines, etc...), où une fonction spécifique est imposée, visant à garantir les
intérêts du capital, la lutte pour la conquête d'un espace social autogéré constitue une tentative importante et continue de
pratiquer une liberté d'action et d'expression qui serait impossible partout ailleurs.

Depuis le début, donc, cette lutte s'est constituée d'un certain nombre d'actions anti-autoritaires qui sont parties d'une analyse critique de la société de classes et de ses principales fonctions. 

Ce sont donc des luttes qui adoptent la méthode auto-organisationnelle, elles essaient de réaliser la liberté et l'égalité sociale et individuelle, indispensables tout au long de la route qui procède de l'abolition du pouvoir et de l'exploitation capitaliste.

La méthode auto-organisationnelle est la seule qui empêche une
instrumentalisation de la lutte par les partis politiques, syndicats,
représentants du Conseil, etc. Mais pour que cela se produise,
il est nécessaire que cette méthode soit employée correctement,
garantissant la liberté de décision dans tout ce ce qui se fait au
cours de la lutte.

De cette auto-organisation, 
deux phases peuvent être distinguées :

A) L'auto-organisation de la lutte pour la conquête de l'espace
social par le biais du squat (de l'occupation)
B) L'auto-organisation de la lutte pour la défense de l'espace social
à travers une ouverture vers l'extérieur.

En ce qui concerne la première phase, il faut dire que l'occupation
ne peut être réalisée que si elle a réussi à constituer une structure
collective basée sur une affinité précise entre les individu-e-s qui lui
appartiennent. Cette affinité n'est pas tant idéologique que
substantielle. L'existence de désirs et de problèmes en communs
permettent, à un moment donné, pour un groupe de personnes de
se réunir pour lutter contre l'exploitation en commun. C'est une
chose sur laquelle nous devons être très clairs.

La domination de classe du capital est la cause de l'absence
actuelle d'espace sociaux autogérés, et la cause de la présence
d'espaces sociaux fictifs : Précisément parce que l'exploitation
économique et sociale qui sert les intérêts du pouvoir et du capital
est réalisée au sein de ces derniers. La lutte pour la conquête de
« véritables » espaces sociaux passe donc nécessairement par une
rupture violente avec la logique de domination du capital. Celle-ci
ne peut pas et ne restera pas passive devant nos initiatives
concrètes de libération des espaces sociaux, parce que ces
initiatives constituent un danger considérable pour elle.

L'État et le capital nous imposent des limites précises qui,
lorsqu'elles sont dépassées, nous mettent immédiatement dans la
condition de « hors la loi ». Squatter signifie aller au delà de ces
limites, squatter signifie devenir «hors la loi». C'est pourquoi une
rupture violente avec les règles qui nous ont été imposées est
nécessaire. C'est pourquoi il est nécessaire de squatter.
Concernant la deuxième phase, il est plus qu'évident que nous
devons savoir comment prendre notre liberté nous-mêmes, par le
biais de nos luttes. Il n'est écrit dans aucune constitution que
quelqu'un nous la donnera. Et ceci est valable pour l'espace social:
personne ne nous le donnera. Quiconque en est propriétaire le 
gère et l'utilise en fonction de ses propres intérêts (qui sont parfois de
ne pas les utiliser du tout et simplement les laisser vides).

Lorsque ces espaces nous sont donnés, c'est afin de mieux nous
contrôler et nous ghettoïser, au lieu de nous jeter les flics au cul 
(ce qui coûte de l'argent), ils peuvent savoir où nous sommes et le
genre de choses dont nous parlons. C'est pourquoi, parfois, ils sont
bien contents de nous donner des espaces, surtout après que nous
entreprenions des actions d'intervention dans la réalité sociale.
Il est évident que nous n'avons pas besoin d'espaces de ce genre,
qui ne peuvent pas être appelées auto-gérés, parce que l'autogestion
n'est pas seulement une question de gestion de l'intérieur
du lieu.

Nous devons donc prendre nos espaces nous-mêmes, c'est à dire
les squatter. Mais la question n'est pas seulement de les prendre, il
s'agit aussi les défendre. Cette défense ne doit pas se résumer à
nous barricader nous-mêmes derrière un mur et mettre des
barbelés à l'extérieur. Nous ne pouvons pas nous limiter à
simplement nous assurer que les flics ne rentrent pas.

Pour défendre un espace social, il est nécessaire de développer,
qualitativement et quantitativement, une intervention extérieure et une capacité à développer un discours ayant une certaine signification et ne pas simplement nous réduire à la satisfaction de nos propres intérêts ou l'exercice de nos capacités personnelles. 



Musique, poésie, etc, sont des activités très intéressants, mais si
elles restent enfermées dans l'espace, même squatté, elles 
tendent tout simplement à devenir une autre caractéristique du ghetto.

La meilleure façon de défendre l'espace conquis est donc
l'ouverture vers l'extérieur. Pour conclure nous pouvons dire: la
conquête de l'espace ne peut se faire qu'avec l'occupation par la
force, en celà que les autres chemins (tel que la négociation) ne
fonctionnent pas (ne sont pas valides).

Après l'auto-gestion de l'espace, vient la question de la défense en
général qui ne consiste pas seulement en des aspects minimes que
nous pourrions définir comme «militaristes», mais aussi, et surtout,
à l'ouverture vers l'extérieur, au fait de parler aux gens, de se
rencontrer et de lier sa propre situation à la situation du quartier
où on se trouve.

Alfredo M. Bonanno


[traduit et publié en anglais pour la première fois en 2007 dans la revue insurrectionnaliste londonienne "Deranged Issue 0" (numéro zéro), dans un texte appelé "Struggle for self-managed social spaces" (La lutte pour les espaces sociaux autogérés), qui rassemblait ce texte et "Espace et Capital" (aussi traduit par nos soins) de Bonanno. Nous en livrons une première traduction en français. Afin de faciliter la compréhension et d'éviter la redondance, le terme "self-management" a été traduit alternativement par "auto-gestion" et "auto-organisation" en fonction du contexte, même si le terme réfère plus précisément au concept d'auto-gestion.] 

mercredi 13 juin 2012

Camp No Border 2012 ! [Cologne/Düsseldorf]

Cologne, Germany, du 13 au 22 Juillet 2012

Se rassembler, échanger, faire du lien et se préparer à l’action

De quoi s’agit-il?

Pour s’engager ensemble sous différentes formes contre les expulsions de masse, Frontex, l’antiziganisme, le racisme ordinaire et les discours d’extrême droite;

Pour s’informer et se former sur le racisme institutionnel, sur les conditions de vie catastrophiques des réfugiés et des migrants et le combat pour le droit à une vie digne pour tous.

Pour s’informer sur les causes de l’émigration, sur le (post-) colonialisme et la situation meurtrière aux frontières extérieures ainsi que sur beaucoup d’autres sujets. Blanchitude et Empowerment vont jouer un rôle important.

Le camp se veut un lieu où l’on traite ensemble la critique du racisme et les perspectives antifascistes, féministes et anticapitalistes.

Un lieu qui peut renforcer l’échange mutuel et faire naître des nouvelles alliances, où les combats des réfugiés et des personnes de couleur rencontrent ceux des personnes de peau blanche qui critiquent le racisme.

Venez au camp, venez avec des idées pour des ateliers, des actions ou sans raison particulière.

No Borders ! No Nations! 
Pas de frontières ! Pas de nations!

Flyers et affiches en version imprimable :