lundi 9 mai 2011

Qu'est-ce qu'un dispositif (suite 2)

Florilège de quelques dispositifs
rudimentaires dans la vie quotidienne...


Numéro 2 -
"Vous avez demandé la police ? Ne quittez pas"


« Qui se laisse prendre dans le dispositif "téléphone portable", et quelle que soit l'intensité du désir qui l'y a poussé, n'acquiert pas une nouvelle subjectivité, mais seulement un numéro au moyen duquel il pourra, éventuellement, être contrôlé.»
Giorgio Agamben

Autre dispositif redoutable, et souvent insoupçonné :
Le téléphone portable. Avec les séries télévisées et autres films policiers, chacun-e sait aujourd'hui qu'un récepteur de type scanner (dont l'utilisation est illégale, mais le matériel en vente libre) permet l'écoute téléphonique des conversations sur n'importe quel téléphone portable. D'autres technologies se sont depuis développées significativement. Ce type matériel est évidemment en dotation de tout les services de police (qui nécessité théoriquement une autorisation de la préfecture, mais ce n'est pas toujours le cas – l'affaire de Tarnac et ses « écoutes téléphoniques et poses de micro illégales » dans des appartements l'ont prouvé-), a transformé l'écoute téléphonique en un fait assez commun et généralisé de la panoplie du flic. Ce sont en réalité les opérateurs téléphoniques qui sur demande de la police, permettent l'écoute des conversations. Ce que la plupart des gens savent moins, c'est qu'avec un matériel tout à fait rudimentaire, on peut suivre un téléphone portable à la trace, même éteint, et qu'on peut localiser n'importe qui en possédant un à quelque mètres près. Pourquoi ? Parce que c'est la puce qui envoie et reçoit toutes les informations électriques et électroniques et laisse ainsi des « empruntes » magnétiques sur chaque antenne relais devant laquelle elle passe. Conséquence ? Avec l'équipement adéquat, on peut facilement déclencher un faux appel téléphonique à distance, et/ou ouvrir la ligne pour écouter ce qui se passe et l'utiliser comme un micro. En bref, chaque téléphone portable est un mouchard potentiel. Si on décide de vous suivre via ce biais, on peut écouter ce qui se passe autour de vous et connaître votre position en temps réel. La police utilise de plus en plus cette technique de localisation pour retrouver ce qu'elle appelle les « bandes constituées » suspectées dans telle ou telle affaire. En plus clair des individus qui se déplacent en groupe -comme une large majorité de la population dans les grandes villes- et que la police suspecte de quelque chose. A titre indicatif, et rien que pour les seules écoutes, les « services des obligations légales » de certains opérateurs se retrouvent en moyenne avec 8000 requêtes policières en attente par jour. Les SMS peuvent être transcrits et envoyés à la police, même en cas de suspicion mineure. Enfin, les écoutes téléphoniques ont été facilitées par la loi du 23 janvier 2006 relative à « la lutte contre le terrorisme », et plus particulièrement l'article 6. Elles ne requièrent plus depuis, l'autorisation d'un magistrat.

Outre l'aspect sécuritaire évident une fois ce constat fait, ce qui frappe dans le marché des téléphones portable, c'est son expansion vertigineuse. Le nombre d'utilisateurs de téléphones portables dans le monde est estimé à plus de 5 milliards et 65 millions en France. Le marché du téléphone portable représente un véritable empire capitaliste pour les constructeurs comme pour les opérateurs (certaines entreprises assurant parfois les deux phases de production). Entre la nouvelle "Clé G3", les "i-phones" ou encore le "blackberry", de plus en plus régulièrement, une nouvelle gamme rentre sur le marché avec plus "d'options", et de plus en plus souvent : "on" change de téléphone portable. Ce qui signifie que l'ancien est souvent cassé, abandonné ou jeté. Les matières utilisées sont de plus en plus complexes et toxiques et donc polluantes. A chaque changement d'abandonnement, c'est aussi la puce qui est jetée. Et comme elle ne disparait pas dans les limbes, c'est en moyenne pour une puce de 2 grammes 1,7 kg d’énergie fossile, 1 m3 d’azote, 72 g de produits chimiques et 32 l. d’eau qui sont nécessaires à sa fabrication qui seront encore gaspillés.

En outre, la pollution électromagnétique, véritable nuisance des temps modernes, devient de plus en plus dangereuse pour la santé à mesure que les téléphones portables (mais aussi les immenses antennes relais) sont de plus en plus puissants et surtout de plus en plus nombreux. De plus en plus d'organisations de santé accusent les effets des rayonnements électromagnétiques des portables, jusqu'à l'OMS dans plusieurs de ses rapports (qu'on ne peut pourtant pas taxer d'écologisme radical étant donné ses silences complices concernant le nucléaire et ses partenariats avec des lobbys tels que l'AIEA), et notamment l’augmentation de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique, et l’expression des protéines de stress dans les cellules.

Ce qui signifie que les ondes peuvent provoquer la rupture de brins d'ADN d'êtres humains ou d'animaux, et vont même jusqu'à perturber la synthèse de certaines protéines du cerveau (étude Reflex financée par l'union européenne). L'effet est en fait le même que celui d'un micro-onde, même si l'exposition est évidemment plus longue, et que c’est le centre névralgique du corps humain qui subit un échauffement. D'où le lien avec l'augmentation des risques de développement de tumeurs cancéreuses :

"Si l’on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes il n’est pas impossible que l’effet thermique finisse par léser l’ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses"
(Science et Vie Avril 1999)

Enfin, outre l'aspect strictement clinique et physiologique, un autre aspect, plus culturel et social, est le processus dans lequel s'engage une sociabilité en grande partie régie par une communication à distance, qui tend à être toujours plus médiatisée. Si une augmentation du stress et une multiplication des déprimes chez les accrocs du portable est souvent constatée, c'est sans doutes parce qu'un tel dispositif participe à éloigner un peu plus les gens les un-e-s des autres, en les isolant, en les enfermant dans un petit monde artificiel fait de milliers de sms, de mms, d'appels compulsifs illimités jours et nuits, d'accès internet et de "statuts sur réseaux sociaux virtuels" (où on décrit ses états d'âme où ce qu'on est entrain de faire en quelques mots) et d'une solitude souvent de plus en plus profonde et d'autant plus vicieuse qu'elle prend l'apparence d'une sociabilité de façade.

Loin de se faire dans le plus grand des secrets, loin d'être un "complot", la mise en place d'un tel dispositif (comme bien d'autres) se fait avec le consentement, ou plus simplement l'adhésion passive, -via la publicité et d'autres propagandes- de ses "sujets" : utilisateurs-consommateurs.

Si le dispositif est une machine à produire de la "désubjectivation" (c'est à dire défaire et remodeler des sujets, des "types" d'êtres humains et de sociabilités humaines, notamment en modifiant leurs comportements et leurs habitudes) alors le portable est le dispositif par excellence. Par lui, on dispose d'un individu, on le suit à la trace, on l'expose à n'importe quel risque sanitaire tout en l'en informant cyniquement, on peut l'épier et écouter ses conversation, on modèle ses relations sociales et la forme qu'elles prennent, et enfin, on le réduit à un numéro.

Le Cri Du Dodo

Quelques lectures sur le sujet :

- "Le téléphone portable, gadget de destruction massive"
par Pièces et mains d'oeuvres.

- "Qu'est-ce qu'un dispositif" de Giorgio Agamben, chapitres 8 et 9 notamment (extrait).

- A titre indicatif : "les effets du téléphone mobile sur la santé" par un site pour "professionnels de la santé".

Ecologie radicale et anti-nucléaire : brochures !

[Quelques brochures ayant fait récemment l'objet d'une nouvelle publication]

"Comme dix mille soleils"
par André Dréan


Brochure complète sur Infokiosques.net

« La production nucléaire est devenue, en France plus qu’ailleurs, partie intégrante de la survie quotidienne. Nul citoyen n’y échappe comme consommateur. Et leur simple angoisse, en général refoulée, des catastrophes nucléaires ne fera pas le printemps de la subversion s’ils ne remettent pas en cause eux-mêmes, pour eux-mêmes, leur condition d’ilotes du capital. Le bluff et les gesticulations de quelques spécialistes de l’intervention spectaculaire ne leur seront d’aucun secours. Plus que jamais, il est impossible de combattre le nucléaire sans combattre la société qui lui a donné naissance, sans rompre sans retour avec les réformateurs des lobbies écologistes. Toute tentative de subversion du monde nucléarisé doit reprendre les choses là où elles ont été abandonnées, reprendre les questions laissées en suspens. Ainsi, il est impossible de se contenter de l’ancienne contestation de l’énergie nucléaire mais, à travers elle, de pousser la critique plus loin, vers la remise en cause du monde de l’énergie lui-même [...] »

"Les comprimés d’iode :
des tranquillisants contre
l’angoisse nucléaire"


Brochure complète sur Infokiosques.net

« La décision de distribuer des comprimés d’iode stable au voisinage des centrales nucléaires françaises a donné lieu à des commentaires d’experts médicaux très proches du lobby nucléaire, pour qui seuls les iodes radioactifs auraient des effets néfastes sur la santé (du moins, c’est ce qu’ils prétendent dans les médias). Ainsi, en prenant ces comprimés d’iode stable, en cas d’accident grave, la population serait totalement protégée. »

Texte extrait de la Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine, n° 77 (Septembre 1997).




"Le Grenelle et son environnement :
Notes sur l’écologisme d’État et le capitalisme vert
"
Brochure complète sur infokiosques.net
Si l’on critique le Grenelle de l’environnement aujourd’hui ou que l’on se bat contre les THT, par exemple, c’est pour tenter de soulever un peu, avec nos peu de forces et sans trop d’illusions, toute la merde qui est derrière. Nous prenons la peine et le temps de nous arrêter sur ce Grenelle du conditionnement alors qu’il est déjà loin dans l’actualité médiatique car nous refusons tout ce qu’il porte de résignation, de mensonge, de séparation et, déjà, de matraque. Parce qu’il va nous être décliné dans les prochaines années, pour les autres questions séparées qui constituent les agendas des techniciens du pouvoir : Grenelle du logement, Grenelle de la précarité, Grenelle des banlieues, Grenelle de l’insertion... Parce ce qu’il sanctionne la mise en place de formes de despotisme aggravé, à l’échelle mondiale, justifiées comme toujours par la protection que l’État est censé apporter aux individus en échange de leur subordination.

jeudi 5 mai 2011

Programme de mai 2011 au local Le Rémouleur (Bagnolet)




mis en ligne le 28 avril 2011.


Le Rémouleur
106 rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)
leremouleur ((A)) riseup . net

S’inscrire à la lettre d’info du local : https://lists.riseup.net/www/subscribe/leremouleur/

Permanences chaque lundi et mercredi de 16h à 20h, et le samedi de 12h à 17h.

Mardi 3 mai - 19h.

Retour sur le mouvement contre la réforme des retraites Discussion à partir du texte « Paradoxes en automne ».

Le mouvement contre la réforme des retraites est l’un des soubresauts de la crise actuelle du capitalisme. La recherche par le capital d’un nouveau modèle influe nécessairement sur la forme du rapport social et des luttes. Si ces formes de luttes ne se sont pas trouvées pendant le mouvement, elles se sont du moins cherchées. Par exemple, le blocage est apparu simultanément comme passage de la protestation à la lutte ouverte pour certains manifestants et comme moyen de le canaliser pour l’intersyndicale. De tels paradoxes qui découlent de la segmentation du prolétariat, déterminent les formes que prennent et que prendront les luttes.

dimanche 8 mai à 18h
Projection de Regarde elle a les yeux grand ouverts.


Ce documentaire de Yann Le Masson relate l’expérience vécue par des femmes du MLAC (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et la Contraception, fondé en 1973) d’Aix-en-Provence, inculpées et jugées pour avoir pratiqué elles-mêmes des avortements (procès du 10 mars 1977). Ces femmes luttaient pour que l’accouchement et l’avortement soient contrôlés et voulus par les femmes elles-mêmes.

dimanche 15 mai à 18h
Projection de Les Raisins de la colère.


Film américain de John Ford (1940) d’après le roman de John Steinbeck.
Au début des années 30, après quatre années d’incarcération dans un pénitencier de l’Oklahoma, Tom Joad s’apprête à rejoindre la ferme familiale. Les États-Unis connaissent alors une crise économique majeure pendant laquelle les banques s’approprient les terres des paysans endettés. Comme tant d’autres, le clan Joad prend la route de la Californie, cette terre promise pour tous les dépossédés de l’Amérique.
Un film de lutte des classes qui montre les liens – encore à l’œuvre aujourd’hui – entre migration et exploitation.

mardi 17 mai à 19h
Discussion sur le fascisme comme contre-révolution.


En Italie, la présence au sein du pouvoir politique d’une droite ouvertement xénophobe et populiste s’accompagne d’une présence toujours plus visible des groupes néofascistes. Parmi ces derniers « Casa Pound », le mouvement des « fascistes du troisième millénaire », mérite une attention particulière. Né à Rome en 2003, il se diffuse dans toute l’Italie autour d’occupations de maisons vides pour revendiquer le droit au logement pour les Italiens de souche ! Ils se disent contre l’hégémonie des banques et cherchent à construire un réseau de militants dans les lycées et les facs. Ses membres utilisent un nouveau lexique, mais ils font référence à l’idéologie du fascisme historique. Ils cherchent à gagner de l’espace en restant en contradiction permanente entre posture radicale et collaboration active avec les institutions.
À partir de l’expérience italienne de Casa Pound, on abordera une réflexion autour du « fascisme social » afin de trouver des pistes pour s’opposer à cette tentative d’infiltration dans les luttes.

dimanche 22 mai à 18h
Projection de "Le fils du requin".


« Si cela avait pu dépendre de ma volonté, j’aurais voulu être plutôt le fils de la femelle du requin, je ne serais pas si méchant ».
Le fils du requin (film d’Agnès Merlet, 1993), c’est l’histoire de deux frères d’une dizaine d’années, Martin et Simon qui, après la disparition de leur mère, sont vite devenus inssaisissables, instables et notoirement délinquants. Voguant de familles d’accueil en fugues répétées, ils mettent à sac leur petite ville côtière du nord de la France, en tentant toujours d’échapper aux institutions qui veulent les enfermer...

dimanche 29 à 18h
Discussions sur les centres d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale.


Le mois dernier s’est tenu la première discussion d’un cycle de réflexion sur la ville. Nous avons partagé des récits de différentes luttes suite à des expulsions issues de la restructuration de quartiers populaires de Paris. La transformation du quartier aux alentours de la BNF, des quartiers du XIXème et XXème arrondissements. Cette fois-ci nous regarderons la ville sous un prisme différent. A partir d’enquêtes radiophoniques réalisées dans des centres d’hébergement d’urgence ou de réinsertion sociale nous regarderons les dispositifs mis en place par l’état pour gérer et contrôler les populations pauvres ou précaires habitant la métropole.
« Qu’est-ce qu’un centre d’hébergement, dès lors qu’on le regarde depuis le point de vue de ceux qui y transitent ? Une résidence universitaire ? Une maison de retraite ? Un centre d’accueil pour demandeurs d’asile ? Un lieu de soins ? Un foyer de jeunes travailleurs ? Ou tout cela à la fois dans la mesure où ces centres accueillent désormais tous ceux, toujours plus nombreux, qui étaient autrefois divisés dans les mots et dans l’espace : « sans-papiers », « jeunes travail­leurs », « personnes malades », « retraités », « jeunes mères isolées » ? »

Permanence « Sans papiers : s’organiser contre l’expulsion » Tous les 1er samedi du mois, lors des permanences vous pourrez discuter et rencontrer des personnes ayant participé à la brochure :

« Sans papiers : S’organiser contre l’expulsion. Que faire en cas d’arrestation ? » (disponible sur http://sanspapiers.internetdown.org).
Il s’agit d’un guide pratique et juridique, écrit à partir d’expériences de luttes de ces dernières années, pour s’organiser contre les expulsions :
> De l’arrestation à l’aéroport, connaître et utiliser les procédures juridiques pour tenter d’obtenir la libération des personnes interpellées.
> S’organiser collectivement pour mettre la pression sur la préfecture, les tribunaux, les consuls...

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Le rémouleur est un lieu ouvert pour se rencontrer, échanger et s’organiser. On peut s’y réunir, boire un café et discuter, lire, écrire des tracts, trouver des infos... S’organiser collectivement, hors des syndicats, des partis et des structures hiérarchiques. Pouvoir se donner des armes pour le futur par la diffusion d’idées et de pratiques, en discutant et en confrontant nos positions politiques. Apporter force et consistance aux luttes présentes et à venir. Parce que, nous voulons transformer radicalement cette société, ni plus ni moins ! Tendre vers un monde sans exploitation ni domination, sans État ni frontière, sans argent ni propriété privée..

Le local est ouvert les lundi et mercredi de 16h à 20h et le samedi de 12h à 17h.

En plus des soirées où il y a des projections et des discussions, ces après-midis sont des occasions de se rencontrer, de partager des informations sur les luttes en cours (tracts, affiches, agenda), de lire et emprunter des livres de la bibliothèque, d’avoir accès à des documents concernant les discussions à venir, de consulter (et pourquoi pas venir enrichir) le fond d’archives.

lundi 2 mai 2011

Concert de solidarité avec les inculpés du CRA de Marseille

Concert de solidarité avec les inculpés de l’incendie du centre de rétention du Canet à Marseille.

Le samedi 7 mai au Bourdon


Avec :

-Insolite
-Singes des rues
-DJ Voïvod
-CHKP
-Richard d’enfer
- H-War (class war hip-hop)

Prix Libre - Bouffe - infokiosque à Partir de 18h (Point info) 20h concert

AU 7 Boulevard Bourdon (métro Bastille ou Quai de la rapée) ou si expulsion du lieu à
LA BUISSONNIÈRE 3 place Moreau David (RER A Fontenay-ss-Bois)"

Et pour rappel :

Rendez-vous le Vendredi 6 mai 2011 à 13h30 à la cour d’appel du TGI de Paris Pôle 2 chambre 9.

vendredi 29 avril 2011

"Qu'est-ce que l'anarchisme ?" (Livre)

par Alexander Berkman

Nouvelle mouture des éditions L'échapée, préfacée par Emma Goldman, le livre est un peu cher (14€) mais très dense (on songera à la possibilité toujours ouverte de reprise individuelle dans les points de distribution participants...), et regroupe un ensemble de textes dans lesquelles l'anarchiste communiste russe "Sacha" (Alexander Berkman), expose sa vision de l'anarchisme en s'adressant directement au lecteur (par le tutoiement) dans un langage simple et concis, sans fioritures, et qui tente à sa manière de répondre à la plupart des aprioris récurrents et toujours cruellement actuels sur les anarchistes, et leur idée de la révolution.

Un livre de la même trempe que le "discours entre deux paysans" de Malatesta.

« Une initiation claire et nette comme trompette à la guérilla anti-autoritaire frigoussée par une des figures de proue du communisme anarchiste russe ayant toujours eu de la suite dans les idées (Berkman décharge son revolver en 1892 sur Mister Frick, le dirlot d’une usine de Pittsburgh en grève). » Noël Godin, JDM, n°218

Courte Biographie :

Alexander Berkman (1870-1936), anarchiste russe exilé aux Etats-Unis en 1888. En 1892, il commet un attentat contre le directeur d'une usine en grève. Libéré en 1906, il participe à de nombreuses luttes, écrit dans des journaux libertaires et fonde l'école Ferrer à New York. En 1919, il est expulsé vers la Russie avec Emma Goldman. Désenchantés par ce qu'ils y découvrent, ils partent en 1921 en Suède puis à Berlin où Berkman publie "Le mythe bolchevique". Il finit sa vie en France.

Bibliographie partielle :

- "Le mythe bolchevique"
- "La rébellion de Kronstadt et autres textes"
- "Mémoires d'un anarchiste en prison"
- "Qu'est-ce que l'anarchisme ?"

jeudi 28 avril 2011

Des nouvelles du procès de Vincennes

Des nouvelles du procès pour l'incendie du C.R.A de Vincennes

Le 22 juin 2008, le centre de rétention de Vincennes était entièrement détruit par un incendie au cours d’une révolte.

Le 17 mars 2010, dix anciens retenus ont été condamnés à des peines de prison allant de 8 mois à 3 ans ferme. Ils ont fait appel de ces condamnations et sont actuellement libres.

Depuis le début de l’instruction les avocats de la défense ont fait un certain nombre de demandes qui leur ont toutes été refusées. Parmi ces demandes, la jonction du dossier sur la mort de Salem Souli qui avait été un élément déclencheur de la révolte, ainsi qu’une demande d’expertise indépendante des matériaux de construction des bâtiments et du mobilier qui permettrait d’expliquer la vitesse de propagation du feu.

Avant le procès en appel qui devrait se tenir cet automne, les avocats de la défense ont obtenu une audience au cours de laquelle ces demandes seront examinées. Elle se tiendra le 6 mai 2011 au TGI de Paris. Il ne s’agit pas seulement d’une formalité de procédure, le résultat de cette audience aura un impact sur le déroulement du procès en appel.

Depuis l’incendie de Vincennes, de nombreux autres centres de rétention, en France ou ailleurs, ont été détruits ou endommagés par des révoltes. Le 9 mars dernier, le centre du Canet à Marseille a partiellement brûlé, 6 retenus sont actuellement en prison, accusés d’être à l’origine de l’incendie.

La destruction même partielle d’un centre de rétention a des répercussions immédiates sur le nombre d’arrestations et d’expulsions. Ne serait-ce que pour cette raison, que ce soit à Vincennes, à Marseille ou ailleurs, l’Etat ne peut pas laisser les centres de rétention être détruits sans désigner des coupables à punir.

Que ce soit dans la rue, devant les centres de rétention, dans les aéroports... ou devant les tribunaux, exprimons notre solidarité avec celles et ceux qui se révoltent contre la machine à expulser.

Rendez-vous le Vendredi 6 mai 2011 à 13h30 à la cour d’appel du TGI de Paris Pôle 2 chambre 9.

Relaxe de tous les inculpés !

Liberté de circulation et d’installation !

Fermeture des centres de rétention !

Plus de papiers du tout !




Source : Le Jura Libertaire

lundi 25 avril 2011

Communiqués des anarchistes italiens


[Nous abordions récemment, à travers des articles de sites amis, la vague répressive qui a touché ce que les flics appellent "la mouvance" à travers plusieurs squats et centres sociaux en Italie, et les incarcérations qui ont suivit. Voici trois communiqués à propos des anarchistes incarcérés]


Bologne : on ne peut pas arrêter la lutte !
Les terroristes sont ceux qui enferment et bombardent !


Après les perquisitions et les 6 incarcérations (5 à Bologne et 1 à Ferrara) de mercredi 6 avril, un groupe d’individus solidaires s’est rassemblé le matin-même devant le commissariat en attendant des nouvelles.

Ensuite, après une assemblée tenue du côté de la fac, une manifestation a traversé les rues du centre pour informer sur les événements du matin et relancer la mobilisation contre la guerre et la répression de l’Etat, partout où elles frappent.

Après un arrêt place Verdi où la circulation a été bloquée, le cortège a continué pour rejoindre en bus la prison Dozza. On a tenté d’atteindre le coeur des compagnons incarcérés avec des choeurs et des coups de mégaphone, pour répéter qu’on ne les laissera bien évidemment pas tous seuls.

La solidarité a été nombreuse et généreuse, et c’est d’autant plus nécessaire en ce moment parce que la répression ne concerne pas toujours les mêmes, mais s’étend à tous ceux qui pourraient potentiellement porter de l’instabilité contre ce système. La solidarité est une arme qui donne de la force pour ne pas reculer, elle atténue la peur et accroît le courage dans la lutte.

Pour décider des prochaines initiatives en vue de la manifestation de samedi 16 avril : demain 7 avril à 16h il y aura une assemblée dans la salle C, à la faculté de sciences Po, Strada Maggiore 45

Liberté pour Anna, Martino, Nicu, Robert, Stefi et Strego !

LES FUORILUOGO

Traduit de l’italien de informa-azione, Mer, 06/04/2011 - 23:48

A propos des perquisitions et des incarcérations du 6 avril à Bologne

Mercredi 6 avril, dès l’aube, les habitations d’une soixantaine de compagnons de toute l’Italie ont été envahies et perquisitionnées par des agents de la Digos. 27 d’entre eux sont inculpés, dont 5 incarcérés sous l’accusation d’association de malfaiteurs. Parmi les compagnons bolognais touchés par la répression, la plus grande partie est active depuis longtemps dans le centre de documentation anarchiste FUORILUOGO, ouvert à Bologne en 2006. FUORILUOGO a été perquisitionné, dévasté et mis sous scellés.

La semaine dernière déjà, les habitations de 8 compagnons de Bologne et Ferrara avaient été perquisitionnées, suite à quelques actions survenues les jours précédents, dont des attaques directes contre des structures de la domination comme ENI, IBM et la Ligue du Nord. Immédiatement, la voix médiatique, laquais de l’appareil répressif, a voulu en parlant de terrorisme, circonscrire un climat général et diffus d’incandescence à une frange bien particulièrement : les anarchistes.

Dans une période de crises et de révoltes qui sont en train de toucher toute la Méditerranée, les patrons et les puissants n’ont rien à offrir et ne pas que frapper ceux qui, criant à voix haute, s’opposent réellement à un monde fait de guerres, d’exploitation, de hiérarchies, de prisons et de centres de réclusion. Nous avons choisi de continuer à le faire sans nous laisser intimider. Ils ne nous arrêteront pas en tentant de réduire notre envie de liberté à des stéréotypes construits à leur image et qui leur ressemblent, basés sur des hiérarchies et des organisations rigides.

Au côté des compagnons arrêtés, aujourd’hui plus que jamais. Parce que la solidarité est une arme.

Nous relançons pour cela la manifestation de samedi 16 avril (rassemblement à 15h piazza XX settembre) contre ceux qui exploitent, bombardent et répriment, aussi bien sur l’autre rive de la Méditerranée qu’à l’intérieur de nos villes. Du côté de ceux qui ne se laissent pas écraser, mais s’insurgent contre ceux qui voudraient les rendre esclaves et exploités.

DU COTE DE CEUX QUI, ÉCRASÉS PAR UN CIEL DE PLOMB CHOISISSENT DE DÉCLENCHER LA TEMPÊTE.

Des anarchistes

Traduit de l’italien de informa-azione, Mer, 06/04/2011 - 23:22

Un rendez-vous à Bologne (à plus forte raison)

Cinq incarcérations, soixante perquisitions dans toute l’Italie (dont deux à Turin), sept contrôles judiciaires, un local de compagnons mis sous séquestre judiciaire. C’est le premier bilan d’une grosse opération répressive contre les compagnons du "Fuoriluogo" de Bologne. L’accusation est celle, que nous connaissons déjà, d’association de malfaiteurs [associazione a delinquere], et les faits spécifiques en cause sont une série d’initiatives et d’attaques contre les centres de rétention, la guerre, le nucléaire, et contre les entreprises qui s’enrichissent dessus -ou en sont directement les responsables (parmi elles l’Eni, mais aussi la Misericordia de Giovanardi et la banque Unicredit)- et aussi contre ceux qui diffusent à grands cris la guerre et la détention de masse (la Ligue du Nord).

Selon certaines agences de presse, au centre de cette "association criminelle", il y aurait également un "journal clandestin" : il s’agit de "Invece", dont nous avions publié ici plusieurs extraits. Les flics le cherchaient fiévreusement chez nous ce matin, mais vous pouvez le trouver tranquillement dans la plupart des distros du mouvement, ou bien en nous écrivant.

Nous vous donnerons plus d’infos dès que les traits précis de cette histoire seront plus clairs. Inutile de vous dire, pourtant, que la meilleure manière d’être avec nos compagnons bolognais qui se sont retrouvés pris dans cette histoire judiciaire, et qui ont pour le moment les mains liées, est d’utiliser les nôtres pour continuer la lutte. Les thèmes, au reste, appartiennent à tous, et les occasions ne manqueront pas un peu partout. Parmi elles, il y a aussi la manifestation que les incarcérés prévoyaient pour le 16 avril à Bologne.

Mise à jour 7 avril : il y a un sixième compagnon parmi les arrêtés de hier, qui est aussi en prison, mais à Ferrara. Il s’agit de Francesco, et uniquement pour lui, l’audience de validation de l’arrestation aura lieu demain. Les cinq autres sont à la taule bolognaise de la Dozza. Pour la manif de samedi 16 avril, un bus partira de Turin. Pour s’inscrire, on peut réserver le plus rapidement possible en... voir le site de macerie

Traduit de l’italien de macerie, le 6 avril 2011.

Source : La base de données anarchistes

dimanche 17 avril 2011

"Tout le monde dehors !"

[Pour rappel : dans la nuit du 12 au 13 janvier à Paris, Dan, Olivier et Camille se sont fait arrêter à Belleville pour des tags « Algérie – Tunisie / Insurrection », « Vive l’anarchie »… Après un début de garde à vue dans le commissariat du XXe arrondissement, les flics de la crim du 36 quai des orfèvres se sont emparés de l’affaire et les ont transférés dans leurs locaux. Ils ont ensuite été déférés au parquet et après un passage devant le juge d’instruction et le juge des libertés et de la détention, ils ont été envoyés en prison. Depuis, ils sont tous sous contrôle judiciaire...].

Dan libéré !

Vendredi 15 avril 2010, Dan a été libéré de la prison de la Santé sur décision de la chambre de l'instruction, siégeant en appel, il est placé sous contrôle judiciaire avec, comme Olivier, une caution de 2000€ à régler.

Cependant, si la joie de le retrouver hors-les-murs est bien présente, il n'y a pas de victoire car juges et flics ne cesserons pas pour autant de nous persécuter, nous comme bien d'autres, parce que l'État existe encore.

Tout continue, avec la liberté pour horizon.

Solidarité avec les prisonniers en lutte à travers le monde.
Feu à toutes les prisons
Feu à tous les palais de justice.

Sabotons la machine à expulser.

source : http://nantes.indymedia.org/article/23506

vendredi 15 avril 2011

Rafle anti-anarchiste en Italie

Grosse vague répressive contre la mouvance anarchiste en Italie.

Un épisode très grave et d’une proportion assez exceptionnelle, même pour un pays très fortement répressif comme l’Italie, a eu lieu hier matin dans la péninsule. Plus de 300 flics ont fait des descentes chez au moins une soixantaine de camarades proches de la mouvance soi-disant "insurrectionnaliste" à Bologne, Ferrare, Modène, Rome, Padoue, Trento, Reggio Calabria, Ancona, Turin, Lecce, Naples, Trieste, Gêne, Teramo, Forlì, Ravenne et Milan.

Le bilan est très lourd : 27 d’entre eux sont mis sous enquête et le procureur a ordonné des limitations de la liberté personnelle contre 12 personnes (dont 5 incarcérations). En outre, le Centre Social FuoriLuogo (Bologne) a été fermé et cadenassé.

L’opération policière a été largement médiatisée. Les flics parlent d’antagonistes qui avaient cristallisé leurs luttes sur des cibles clés : l’Eni (l’entreprise italienne du pétrole, complice de Khadafi), les forces de police, des cibles du pouvoir économique, des groupe politiques (la Lega Nord, le parti populiste du Nord de l’Italie) ainsi que les symboles des politiques gouvernementales qu’ils combattaient (les centres d’identification et d’expulsion pour migrantEs).

Les enquêteurs ont déclaré que les anarchistes se coordonnaient grâce à un dangereux journal qu’ils diffusaient à travers toute l’Italie et qu’ils (les flics) ont d’ailleurs cherché avec acharnement pendant les perquisitions. Il ne s’agit de rien d’autre que de l’excellent "Invece" dont on vous avait proposé quelques extraits il y a quelques temps .

Libertà per Stefi, Anna, Martino, Nicu, Bob e Strego

Pour celles et ceux qui voudraient écrire aux personnes arrêtées :

Martino Trevisan Robert Ferro Nicusor Roman Stefania Carolei Pistolesi Anna Maria

c/o casa circondariale via del Gomito 2 40127 bologna casa circondariale via del Gomito 2 40127 bologna

Source : "Le Réveil", journal de la nébuleuse autonome romande.




Italie/raid policier dans 16 villes contre les anarchistes :
60 perquisitions, 26 mis en examen et 5 incarcérés

(Le 6 avril 2011)

Italie/raid policier dans 16 villes contre les anarchistes :
60 perquisitions, 26 mis en examen et 5 incarcérés


Depuis ce matin 6 avril à l’aube : 26 compagnons mis en examen, dont 5 incarcérés à Bologne, considérés comme les promoteurs d’une "association de malfaiteurs à finalité terroriste" ["associazione a delinquere con finalità eversive"]

Pour leur écrire :

Martino Trevisan
Robert Ferro
Nicusor Roman
Stefania Carolei
Pistolesi Anna Maria

c/o
casa circondariale
via del Gomito 2
40127 bologna
Italie

D’après l’article de La Repubblica [traduit uniquement parce que les compagnons n’ont pas encore sorti de texte à cette heure. A lire avec TOUTES les précautions d’usage, c’est bien sûr un article entièrement et particulièrement policier] :

Bologne, 6 avril : Plus de 300 hommes engagés dans 16 villes, de l’Emilie-Romagne aux Pouilles et la Campanie, dans une opération anti-terroriste partie de Bologne, contre les militants anarcho-insurrectionalistes. La police du chef lieu Émilien a conduit aux premières lueurs du jour 60 perquisitions contre les responsables de l’aile anarcho-insurrectionaliste du mouvement anarchiste. Ces mesures ont été accomplies dans le cadre d’une enquête coordonnée par le parquet de Bologne, et effectuée par la Digos local et sa direction nationale [direzione centrale della Polizia di Prevenzione (Ucigos)].

Molotov et raids incendiaires. L’enquête part de loin, de 2009, et a été complétée fin 2010 par des faits récents. Il s’agit par exemple de campagnes anarchistes de propagande mais aussi d’épisodes comme ceux contre le centre de rétention de Bologne, la banque Unicredit, contre la [multinationale italienne du pétrole] Eni.

Cinq incarcérés et sept autres sous contrôle judiciaire. Dans le viseur, ceux qui fréquentaient le local [anarchiste] bolognais “Fuoriluogo”, mis sous séquestre judiciaire. La Digos a exécuté 12 mesures préventives : 5 incarcérations et 7 assignations à résidence [pour ceux qui demeurent hors de Bologne] ou interdiction de la ville [pour ceux qui y habitent], pour des épisodes de subversion, dégradations, incendies et autres délits.

Un des arrêtés est suspecté de l’attaque incendiaire contre le siège de l’Eni, et se trouve incarcéré pour attentat à finalité terroriste. L’accusation se base sur une écoute téléphonique, dont la police déduit [sic] que l’auteur aurait à faire avec le raid de l’Eni [et selon d’autres journaux aussi sur un micro placé dans le duplicopieur utilisé à Fuoriluogo]. Selon les enquêteurs, le groupe avait formé une association [sodalizio, en italien] visant à agresser leurs ennemis politiques et sociaux, identifiés comme les forces de police, les centres de pouvoir économique (banques et entreprises), diverses forces [partis] politiques, et des symboles comme les centres de rétention. Le poids des mesures préventives dépend du rôle présumé joué dans l’association : les incarcérés sont considérés comme ses promoteurs, les autres comme de simples participants.

La qualification retenue est l’association de malfaiteurs à finalité terroriste, dont l’objet est la réalisation d’action délictueuses de nature violente contre les personnes et les choses, réalisées à Bologne : ces derniers jours un raid incendiaire contre les bureaux de IBM et de l’ENI.

Opération dans 16 villes. Plus de 300 hommes de la police ont été employés dans cette opération. Les perquisitions ont eu lieu, en plus de Bologne, à Ferrara, Modena, Roma, Padova, Rovereto, Reggio Calabria, Ancona, Torino, Lecce, Napoli, Trieste, Genova, Teramo, Forlì, Ravenna et Milano. Cela parce que le groupe bolognais avait des contacts avec d’autres villes à travers une revue clandestine [triple sic, c’est un mensuel d’agitation dispo et en vente à 1 euro partout, et tiré à plus de mille exemplaire] : "Invece".


Traduit de l’italien, publié sur informa-azione, Mer, 06/04/2011 - 13:35

Source : Cette Semaine, les brèves du désorde.