samedi 12 novembre 2011

Valognes : Stop Castor !

[Avec un peu de retard -encore-, nous relayons l'appel au camp anti-nucléaire de Valogne pour bloquer le train de déchets nucléaires "CASTOR". Il nous semble que son analyse et ses conclusions vont dans le sens de la critique écologiste radicale et anti-nucléaire que nous développons depuis plus d'un an dans notre journal et les moyens que nous préconisons pour y remédier. Et pour celà, avant tout : quelques infos pratiques...]

Ici : http://valognesstopcastor.noblogs.org/appel-au-camp-4pages-format-a3-recto-verso/

Un R.D.V : Mercredi 16 Novembre à Paris – Discussion publique

POUR DISCUTER DU RENDEZ VOUS DE VALOGNES, ET DE CETTE FORME DE LUTTE

Le 24 novembre prochain aura lieu à Valognes, dans le Cotentin, un rassemblement contre le train de déchets nucléaires castor. Un campement débutera deux jours plus tôt, en vue de partager des idées et des méthodes de lutte. Le but d’un tel évènement sera de faire écho aux luttes du même type ayant lieu depuis des années en Allemagne, et de relancer le combat contre le nucléaire en France.

Toutes les personnes intéressées par la perspective de lutter directement contre le nucléaire plutôt que d’en laisser le soin à des spécialistes sont conviées.

18h30 – MAISON OCCUPÉE du 194 rue des PYRÉNÉES, Paris


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APPEL AU CAMP DE VALOGNES EN NOVEMBRE 2011

La catastrophe de Fukushima se rajoute à la longue liste de l’horreur quotidienne du nucléaire, mais il n’est plus temps de s’étonner de cette réalité. Si pour certains elle est l’alibi d’un contrôle et d’une gestion de la vie plus poussée, elle attise pour d’autres un sentiment de colère qui ne se dissout pas dans le fatalisme ambiant ou l’attente désespérée d’une échéance électorale. C’est par un geste fort porté collectivement à l’intérieur même du pays le plus nucléarisé du monde que sortir de cette impuissance devient tangible.

En novembre prochain partira le dernier transport de déchets nucléaires CASTOR (Cask for Storage and Transport Of Radioactive Material) de La Hague à Gorleben en Allemagne. Voilà qui nous donne une occasion d’agir. La question des déchets constitue le maillon faible de l’industrie nucléaire, et l’illustration la plus frappante du scandale qu’elle est dans son ensemble : on ne sait pas plus s’en débarrasser aujourd’hui qu’il y a soixante ans – on les envoie finir leur demi-vie sous terre à Bure, en Lorraine, ou à l’air libre en Sibérie.

Le transport de novembre 2010 a été marqué par une très forte mobilisation en Allemagne. Depuis 15 ans, pas un train ne passe sans embûches. La diversité des pratiques de blocage permet un véritable harcèlement sur la quasi totalité de la ligne : par exemple, quand 50000 personnes manifestent à Dannenberg, 400 paysans du Wendland stationnent leurs tracteurs pour bloquer les convois policiers, tandis qu’à Hitzacker, 1400 personnes s’invitent sur les voies. L’an passé, l’arrêt du convoi durant quatre jours a rendu plus onéreux la sécurisation du transport que le transport lui-même.

Ce que nous proposons, c’est donc de nous approprier les méthodes les plus éprouvées du mouvement anti-nucléaire allemand et de doubler le traditionnel rassemblement de Valognes d’un camp de deux jours, d’où partent actions et réflexions. Il existe d’ors et déjà des collectifs locaux constitués ces derniers mois à la suite de Fukushima, ainsi que des personnes qui s’organisent contre le projet de ligne Très Haute Tension dans la Manche, en Mayenne et en Ille et Vilaine. Nous appelons au rassemblement le plus large possible afin de bloquer le train CASTOR à son point de départ et pourquoi pas sur tout le reste de son trajet. Après la grande manifestation de Rennes du 15 octobre, ce serait une façon d’insuffler un nouvel élan à la lutte, de relancer le mouvement anti-nucléaire en France et, qui sait ?, d’un jour vaincre.

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La fermeture de la centrale de Fessenheim repoussée de dix ans. Un président de la République qui ne voit pas en quoi la catastrophe de Fukushima pourrait remettre en cause l’industrie nucléaire française. La présidente d’Areva qui, à peine limogée, trouve refuge au conseil d’administration d’un quotidien national réputé « de gauche ». Comme le nuage de Tchernobyl en son temps, il semble que les effets dévastateurs de l’explosion de Fukushima sur le consensus nucléariste doivent une nouvelle fois s’arrêter aux frontières de la France. La folle arrogance des nucléocrates hexagonaux n’a pas de limites : l’Allemagne décide de sortir du nucléaire, c’est un « cas isolé ». La Suisse puis l’Italie lui emboîtent le pas : tant mieux, on leur vendra notre électricité. Un peu plus et on nous expliquait, diagrammes psychologiques à l’appui, que si le Japon, à son tour, veut en finir avec ses centrales, c’est en vertu d’un excès passager de radiophobie.

Partout dans le monde, le tissu de raisonnements spécieux, de promesses mirifiques et de mensonges éhontés avec lequel se soutenait le lobby nucléaire se déchire. Fukushima a exposé aux yeux de tous l’incroyable bricolage à quoi se réduit le fonctionnement quotidien d’une centrale dans le pays « le plus avancé technologiquement au monde ». On ne peut plus ignorer sans mauvaise foi la démission soudaine de tous les responsables dès que survient l’accident, l’impuissance du gouvernement japonais à faire face à la moindre des conséquences de celui-ci, les dosimètres distribués aux écoliers pour déguiser cette impuissance en constat scientifique, le réhaussement aléatoire et opportun des seuils de toxicité admissibles par l’organisme humain, bref : l’incompatibilité entre le nucléaire et le fait d’habiter quelque part sur la planète Terre. Tandis que s’effondrent tous les arguments économiques en faveur de l’atome, les Etats les plus lucides laissent derrière eux ce monstre incontrôlable. Avec ses projets d’EPR, d’ITER, avec son MOX et ses « dommages collatéraux » que des territoires entiers subissent à l’extérieur de l’Europe, la France fait de plus en plus l’effet d’un malade en plein délire qui divague dangereusement dans le concert des nations. A voir l’Etat français engloutir depuis des décennies des milliards en pure perte, on se dit que s’il s’agissait d’un individu, cela ferait bien longtemps qu’on l’aurait mis sous curatelle. Mais la passion nationale des grands équipements et des nouvelles technologies, le rêve d’exporter un jour quelque chose d’autre que du vin, des armes et des bagnoles rencontrent ici les intérêts bien compris d’une mafia économique, d’une secte de scientifiques et d’ingénieurs qui se croient une élite. Pour le lobby nucléariste français, la seule façon d’échapper à la sanction de tous ses crimes et mensonges passés est d’en commettre d’encore plus énormes. Si la population a été un jour prise en otage, c’est par ces gens et cette démence-là. Le nucléaire en France est un cauchemar dont Fukushima doit sonner le réveil.

Pour commencer, il faut reconnaître l’échec des hypothèses qui ont porté les réseaux anti-nucléaires de la phase précédente.

1- L’hypothèse qu’il suffirait de « faire de l’information » et de faire pression sur les élus, qui ne seraient pas assez au fait de la menace nucléaire, a été battue en brèche par Fukushima : tout le monde sait désormais. Des sondages veulent bien admettre que 60 % de la population française ne veut plus du nucléaire et pourtant rien ne change. C’est donc que le problème nucléaire en France n’est pas une question technique d’argumentation rationnelle et de transparence de l’information, mais une question politique de rapport de force. Si le gouvernement allemand, clairement nucléariste, a décidé de sortir du nucléaire sous dix ans, ce n’est pas en vertu d’une soudaine illumination de la raison, mais grâce à la puissance d’un mouvement capable d’agir et de mettre des centaines de milliers de gens dans la rue.

2- Les luttes anti-nucléaires historiques en France et ailleurs dans le monde n’ont jamais remporté de victoire qu’à condition d’avoir une forte emprise locale. C’est au fond la différence entre Plogoff et Malville. C’est aussi l’explication de la longevité et de la vigueur intacte de la mobilisation allemande dans le Wendland contre les transports de déchets Castor. C’est donc pour commencer localement qu’il faut s’organiser, et de là être capable d’en appeler au soutien de tous ceux qui viennent d’ailleurs.

3- Le problème nucléaire ne se pose pas en termes de risques qu’il faudrait gérer et idéalement faire tendre vers zéro. Il n’y a pas le fonctionnement normal du nucléaire et ses regrettables accidents. Lorsqu’il se rappelle à nous périodiquement, par une catastrophe tonitruante, on en oublierait presque que la catastrophe tient tant dans ses dysfonctionnements que dans ce qu’il empêche même en parfait état de marche. Le nucléaire irradie au moins autant nos imaginaires que nos thyroïdes. Tous nos possibles s’éclipsent derrière l’échelle démesurée qu’il impose. De telles infrastructures, quadrillant des milliers de km², induisent une gestion et une organisation à cette mesure. Quant à la dangerosité, elle sous-tend une parfaite maîtrise des “populations” vivant sur les territoires impliquées. Le nucléaire contraint à un monde globalisé et pacifié ; il réalise en cela l’idéal du crédit sur plusieurs générations. Et, tout comme l’économie, la nécessité de s’en défaire apparaît impérieusement à quiconque ne voit pas, dans la perpétuation de ce monde, un horizon désirable.

4 – La nécessité de nous opposer au nucléaire ne signifie pas qu’il faille lui opposer les « énergies alternatives », sous peine de nous retrouver aux côtés des nouvelles mafias industrielles qui exproprient les paysans des Pouilles et bientôt du Maghreb pour y construire leurs absurdes centrales solaires, et pour finir aux côtés du CEA devenu entre-temps Commissariat aux Energies Alternatives. La ligne de partage n’est pas entre le nucléaire et les énergies alternatives mais entre une production d’énergie centralisée, commerciale et gérée par en haut, et une production décentralisée, contrôlée localement et renouvelable ; une production en contact direct avec les besoins qu’elle doit satisfaire. C’est seulement à l’échelle locale que se dissout l’alternative entre le nucléaire et la bougie : car là les besoins existants peuvent se donner les moyens de la production qui leur est nécessaire, et en retour les possibilités de production peuvent redéfinir intelligemment les besoins. Il faut cesser de penser la question de l’énergie en terme national si l’on entend sortir de l’impuissance.

5 – A quelque tendance du mouvement anti-nucléaire que l’on appartienne, il faut cesser de faire grief de notre échec collectif à telle ou telle autre tendance. Ce mécanisme de division atavique nous dédouane certes de toute responsabilité, mais nous condamne à perpétuer les causes de notre faiblesse. L’enseignement qui nous vient du mouvement allemand est précisément que les différentes tendances peuvent coexister sur une base pratique, en ayant chacune son mode d’action. A partir du moment où toutes poursuivent sincèrement le but commun d’en finir maintenant et par elles-mêmes avec le nucléaire, aucune n’a de titre à condamner la stratégie adoptée par les autres. La permanence des luttes de chapelles en France n’exprime que l’insuffisance pratique du mouvement. C’est justement par les différentes manières de se rapporter aux gestes de lutte sur un territoire que les luttes du Wendland ou du Val de Susa (la vallée italienne opposée à la construction d’une ligne de TGV) ont trouvé leur force.

Maintenant que des Etats s’engagent à renoncer au nucléaire, poussons avec force vers une sortie totale et immédiate. Ne soyons pas dupes des effets d’annonce gouvernementaux, comme celles d’une sortie « responsable » du nucléaire en 30 ans : il se peut bien que ce ne soit pour les dirigeants qu’une façon de gagner du temps, et qu’ils reviennent sur cette décision dès que l’occasion s’en présentera et que l’émotion sera retombée. Le nucléaire a la peau dure. Dans la mesure où l’on ne peut laisser nos vies entre les mains d’aucun dirigeant, la seule garantie de l’exécution effective des décisions prises est justement la permanence et la puissance du mouvement. On a assez joué avec nos vies. Nous ne nous laisserons pas gérer dans le cadre de la dénucléarisation comme on a pu gérer notre nucléarisation.

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4 précisions sur l’appel à bloquer le « train-train » nucléaire à Valognes

Rassemblement le Jeudi 24 Novembre à 11h
Campement les 22, 23 et 24 Novembre 2011

1. Un coup d’éclat ne suffira pas.

Après la catastrophe de Fukushima, l’acharnement du lobby nucléariste français l’amène à un déni total de la réalité. Ce lobby est persuadé qu’il est le plus beau et le meilleur, qu’il a une carte magistrale à jouer par rapport à tous les autres pays nucléarisés : il aurait un savoir-faire optimal sur tout ce qui concerne le nucléaire. Au moment où les autres puissances, par réalisme, se sentent contraintes de prendre en compte les risques majeurs et composent avec leurs opinions publiques face aux catastrophes, la France, elle, continue comme si de rien n’était. Malgré une situation qui ne devrait qu’affaiblir l’industrie nucléaire force est de constater que sa puissance et son arrogance ne sont pas sérieusement ébranlées; cette industrie s’étend même davantage. Les perspectives économiques et industrielles d’Areva se jouent pour partie dans la manche : l’EPR et sa ligne THT, le retraitement des déchets, etc. Face à ce gigantisme de l’industrie nucléaire on peut agir directement sur ses rouages. Les trains, qui depuis la Hague disséminent la radioactivité dans toute l’Europe, sont l’occasion de harceler cette industrie comme les allemands le font depuis de nombreuses années. Entendons nous bien, si cette action consiste dans les faits à tenter de bloquer des déchets retournant à l’envoyeur, il ne s’agit pas du tout de militer pour un maintien de ces déchets à La Hague. Chacun comprendra bien que c’est à la machinerie nucléaire dans son ensemble, et notamment à l’impossible gestion des déchets, que nous nous en prenons.
Un seul rassemblement avec l’ambition de bloquer le train castor ne suffira évidemment pas à bloquer pratiquement cette industrie, mais ce moment doit être celui de la construction d’un mouvement dans la durée, localement et internationalement, d’un harcèlement sans relâche de cette industrie.

2. Arrêter l’industrie nucléaire.

Ces trente dernières années, à quelques exceptions près, l’opposition au nucléaire s’en est tenue à une confrontation symbolique, faite de lobbying et d’appels à la démocratie parlementaire. Pour avoir prise, il nous faut rompre avec ses habitudes qui nous ont endormies dans le quotidien nucléarisé. Devenons artisan de l’arrêt du nucléaire. Perturber les chantier de construction de la ligne THT, perturber le train-train quotidien de déchets radioactifs, c’est contribuer à affaiblir concrètement le développement de l’industrie nucléaire. Les chantiers du Nord Cotentin sont un des fronts de cette bataille. Il ne tient qu’à nous, en nous organisant, de le rendre visible et effectif. L’affaiblissement et l’arrêt de l’industrie nucléaire ne se jouera pas seulement sur notre capacité à nuire matériellement à ses intérêts. Défaire son arrogance et l’évidence non questionnée de sa présence dans notre quotidien est sans aucun doute ce que nous pouvons atteindre dès maintenant.

3. Premiers pas.

Pratiquement l’objectif du rassemblement du 24 novembre à Valognes est de collectivement se diriger vers les voies et tenter de les occuper. Les lieux précis du rassemblement et du camp ne seront dévoilés que quelques jours avant fin novembre pour amoindrir les pressions policières. Cela ne pourra marcher que si nous sommes plusieurs centaines. Au delà de cette tentative de blocage, c’est la mobilisation déterminée contre le nucléaire qui sera une réussite. Notamment conscients de la difficulté pour beaucoup de se rendre disponible ces 3 jours de semaine, cette mobilisation ne doit pas s’en tenir à une présence à Valognes. Des réunions publiques doivent se tenir partout où c’est possible. Des actions autant de nuisances même symboliques que de soutien au rassemblement de Valognes peuvent s’organiser dès maintenant. Il est aussi possible pour des organisations constituées d’y prendre part en signant l’appel sur le blog du collectif (valognesstopcastor.noblogs.org).
A travers cet appel qui est aussi un processus qui ne fait que commencer, nous espérons y tisser des liens de confiance qui nous permettront de multiplier ces actions de harcèlement. Y faire naitre un mouvement d’opposition basé sur un fonctionnement horizontal.
Concrètement, ces trois jours de camp visent tout autant à nous permettre d’anticiper un départ avancé du train qu’à se donner le temps de penser collectivement la suite, de penser les différentes pratiques et de les mettre en musique.
Conscients des difficultés pratiques d’organiser un camp à l’orée de l’hiver dans ces douces contrées, nous pourvoirons à des abris, à la nourriture et à la chaleur (prévoir des tentes quand même). Pour que ce camp soit le plus confortable, nous nous en remettons à vous, matériel et propositions, et le blog comme le mail doivent nous permettre de nous organiser ensemble.

4. Avoir prise sur nos vies.

Par cette action concrète d’auto-organisation, nous souhaitons agir sans avoir à confier notre avenir à une délégation ni à nous en remettre aux illusions électorales qui ne manqueront pas d’habiter les esprits dans les mois qui viennent.
Il s’agit bien de créer ensemble un rapport de force, pour avoir prise sur nos vies. Une lutte contre l’industrie nucléaire ne peut pas s’en tenir à l’objectif de sa suppression. L’horreur du nucléaire est tout autant les désastres qu’elle engendre que la gestion quotidienne des populations qu’elle implique. C’est d’abord en cela que l’arrêt du nucléaire est un travail d’artisan. Parce que ce n’est que par ce biais que nous saurons tout à la fois en mesure d’éprouver les richesses d’une reprise en main de nos vies, et de se donner les moyens de saper les raisons d’être d’un monde qui a besoin du nucléaire.

Une stratégie possible pour remettre en discussion l’existence de l’industrie nucléaire passe par la remise en cause du rapport de domination qui prospère depuis des années, en même temps qu’elle met en évidence la réalité du déni.

En permettant à des individus de se mettre en situation de s’occuper des conditions qui leur sont faites, l’intérêt du camp pourrait être de rompre le ronron citoyen d’acceptation de ce rapport de domination, d’introduire le véritable enjeu pour les humains en cherchant à casser la spirale de la dépossession.

Le collectif Valognes Stop CASTOR


vendredi 11 novembre 2011

"Tottenham Chronicles" et "Now war is declared" [Brochures]

Deux très bons recueils de textes sur les émeutes
qui ont secoué le Royaume Uni cet été.


Le recueil de texte "Tottenham Chronicles" par l'excellent infokiosque Zanzara Athée et "Fuck May 68 Fight Now", et le journal à parution unique "Now war is declared" par Ravages Editions.

The Tottenham Chronicles, émeutes et pillages
au Royaume-Uni du 6 au 10 août 2011.

Les Tottenham Chronicles, c’est un recueil de textes qui viennent, pour la plupart d’entre eux, d’Angleterre. S’y trouvent aussi bien des témoignages à chaud que des analyses présentées avec un peu plus de recul.

Au sommaire :

Analyse critique d’une révolte
– Les yeux grands ouverts à Londres (Occupied London collective)
– Londres brûle – causes et conséquences des émeutes, une perspective anarchiste (Workers Solidarity Movement)

“On cible les richesses...”
– Émeutes à Londres : combats sur Mare Street (Libcom)
– Quand le silence s’ébruite (Restructuration-sans-fin)
– Criminalité et récompenses (Max von Sudo)
– Cinq postes de police attaqués à Nottingham (Joseph K)

Traque & répression
– Vengeance de classe (Federico Campagna)
– Pas de panique, ne parle pas (anonyme)
– Camouflage digital (Le Réveil)
– Remplir les comicos, remplir les tribunaux, remplir les prisons (Zanzara athée)
– Nouvelles technologies + police + citoyenneté = répression 2.0 (Zanzara athée)

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"Now war is declared" - Journal à numéro unique
sur les émeutes anglaises d'août 2011


Journal à numéro unique, 48p, format A4.

Ce journal contient contre-information, analyses, chronologie et textes traduit de l’anglais, mais aussi d’autres langues, le tout dans une perspective antiautoritaire.

Sommaire :
• "Now war is declared !", une introduction - p.3
• Déroulement des émeutes - p.8
• La lutte contre l’existant continue - p.12
• Tottenham contre-attaque - p.18
• Les yeux grands ouvert à Londres - p.19
• Communiqué d’une attaque à Bristol - p.20
• London Calling (Belgique) - p.21
• Cinq postes de police attaqués à Nottingham - p.22
• London Calling (Italie) - p.23
• Les mots d’un émeutier - p.25
• Leave them kids alone ! - p.26
• Retour sur la répression des émeutes de Londres - p.27
• Nouvelles technologies + police + citoyenneté = Répression 2.0 - p.33
• Don’t panic don’t talk - p.38
• Compte-rendu de la manifestation du 13 août - p.39
• Manif anti-flic devant la prison de Brixton - p.40
• Contre toute autorité - p.41
• London Calling (Allemagne) - p.42
• Affiche grecque de solidarité - p.43
• Pour mémoire : Nothing to lose ! - p.44

Il sera exceptionnellement disponible au prix fixe de 4€ l’exemplaire, et de 3€ l’unité à partir de cinq exemplaires. Tout l’argent qui sera récolté servira à soutenir des compagnons rackettés par la justice dans le cadre de la lutte contre les centres de rétention et la machine à expulser.

Pour commander votre exemplaire, pour les distros, pour en poser dans des lieux de diffusion, contactez cette adresse : ravage(at)riseup.net


jeudi 3 novembre 2011

Programme du Rémouleur [Novembre 2011]

source : infokiosques.net

Salut, voilà le programme de novembre !

Nous en profitons pour vous signaler les nouveaux horaires d’ouverture du local :
le lundi de 16h30 à 19h30, le mercredi de 16h30 à 19h30 et le samedi de 14h à 18h.
L’entrée reste libre et gratuite, comme d’hab !

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Le Rémouleur
106 rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)

leremouleur ((A)) riseup . net
S’inscrire à la lettre d’info du local : https://lists.riseup.net/www/subscribe/leremouleur/

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Rassemblement contre le projet de rénovation urbaine du Bas-Montreuil et du quartier des Coutures à Bagnolet
Samedi 12 novembre – 15h - Place de la Fraternité (M° Robespierre)
Ce rassemblement sera l’occasion de discuter, d’échanger des informations et d’exprimer collectivement son opposition au nouveau plan d’urbanisme. Cette initiative fait suite à une réunion publique qui a eu lieu le 18 octobre dernier dans le Bas-Montreuil au cours de laquelle une cinquantaine de personnes se sont retrouvées pour discuter de ce plan qui a déjà entrainé des expulsions, qui prévoit d’autres destructions d’immeubles sans relogement pour tous et une augmentation du prix des loyers, le tout sans en informer les premiers concernés, c’est-à-dire les habitants du quartier.

Après la balade, ça sera l’occasion de se réchauffer autour d’une soupe et d’un film :

projection de La Ville-Bidon de Jacques Baratier
Samedi 12 novembre – 18h30
C’est l’histoire de Créteil avant le « Soleil ». Le maire veut construire la ville nouvelle sur un bidonville occupé par une décharge et un bidonville en bord d’un marécage. Aidé d’une bande de vautours composé d’architectes, de promoteurs immobiliers, d’urbanistes, le maire va tout faire pour faire accepter le nouveau projet et surtout expulser les derniers habitants du terrain et leur proposer un relogement dans la cité de transit en face. Mais, malgré l’offre d’une vie plus confortable, trois jeunes ferrailleurs refusent d’abandonner leurs caravanes et leur liberté.

Rencontre avec des personnes participant au journal l’Envolée pour la présentation du n°31
Mercredi 16 novembre – 19h30
L’Envolée est un journal critique du système carcéral et judiciaire, et du monde qui le génère. Ce n’est pas le premier, ni le seul ; il s’inscrit dans l’histoire de la critique sociale abordée sous l’angle du châtiment, de la discipline, de la prison.
Ce nouveau numéro du journal revient sur la supercherie du trentième anniversaire de l’abolition de la peine de mort car si la guillotine a disparu, la peine de mort lente s ‘applique toujours dans les prisons à travers l’allongement des peines, les quartiers d’isolement ou la rétention de sûreté. Le journal parle également de la situation des prisons pour mineurs (les EPM) où plusieurs actes de révoltes ont eu lieu au printemps dernier.

Deuxième partie du cycle de discussion sur le nucléaire
Mardi 22 novembre – 19h
Après la première partie, consacrée à la catastrophe de Fukushima, nous proposons de revenir sur la situation du nucléaire militaire et civil, y compris médical, en France, sur les objectifs fixés par l’Etat pour le maintenir et même le développer, à l’échelle nationale et internationale.
Cette perpétuation nécessite que les institutions d’Etat, les trusts nucléaires, les partis et les associations écologistes avec lesquelles ils collaborent, organisent la domestication des esprits jusque dans les salles de classe. Cela afin de faire accepter l’inacceptable : la survie dans le monde nucléarisé, même au prix de quelques réformes de détail - comme les moratoires sur les installations les plus délabrées proposés par les écologistes – qui ne changent rien à l’essentiel et sont destinées à neutraliser à l’avance les tentatives d’opposition conséquente.

Projection du film l’Esquive d’Abdellatif Kechiche
Dimanche 27 novembre – 19h
En passant par la pièce de théâtre de Marivaux de 1730 “Le jeu de l’amour et du hasard” qui expose comment même l’amour est déterminé par des conditions sociales, le film montre que toujours en 2003 dans une banlieue parisienne, la société de classes reste une prison, avec ses codes et ses gardes.

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Le flyer : http://www.infokiosques.net/IMG/pdf/prog-nov2011.pdf

L'affiche : http://www.infokiosques.net/IMG/pdf/affiche_prog-nov2011.pdf


vendredi 28 octobre 2011

"A sarà düra !" [retour sur le mouvement NO TAV]


Expression qui pourrait vouloir dire "ça sera dur", ou encore "ça va barder". C'est devenu un des cri de ralliement de la contestation contre le désormais presque célèbre chantier de la ligne de Train à Grande Vitesse Lyon-Turin (ou "Trane Alta Velocita"), le mouvement "NO TAV".

Nous vivons une époque "comique", où lorsqu'un mouvement qui dure depuis des années avec le soutien et la participation active de la majorité des habitant-e-s, monte en intensité, et atteint des manifestations à plus 70 000 personnes comme cet été, ponctuées à chaque fois par des affrontements avec la police et des sabotages du chantier de construction tout concourt à faire comme si rien ne s'était passé. D'un coté, les médias dominants et les partis politiques parlementaires, de la droite à l'extrême gauche, condamnent unanimement une protestation qui "n'aurait pas lieu d'être", irait "à l'encontre du progrès", et serait tout bonnement "absurde".

D'un autre coté, une partie des mouvements révolutionnaires s'emploie à ignorer gentiment
un mouvement vu comme "réactionnaire" ou qui ne porterait que des revendications partielles.

On ne conjure jamais autant un mouvement que lorsqu'il est autonome, et se renforce à mesure qu'on le traite entre indifférence, mépris et lassitude.

Pourtant, au delà de certaines postures régionalistes ou identitaires, et de simples griefs réactionnaires contre "Le Progrès" (ce sacro-saint dispositif de répression préventive qu'il est devenu quasi-impossible de remettre en cause sans être assimilé au fascisme ou au romantisme) il y a clairement, dans cette lutte, des aspects qui permettent de dire sans se tromper qu'elle constitue une véritable ligne de front contre le capitalisme et l'Etat.

"A contre-Progrès" ?

"Les véritables alternatives sont à vrai dire catastrophiques : elles impliquent non-seulement des changements dans les institutions sociales, les objectifs et les politiques établis mais aussi leur disparition pure et simple. Cette nouvelle direction du progrès menace en vérité l'ensemble de la société. Même si elle tend vers le point de non-retour, qui est, historiquement, celui du changement qualitatif, la société industrielle mobilise toute ses ressources contre cette éventualité".

Herbert Marcuse
in "Le problème du changement social
dans la société technologique"


Ce qui se joue dans cette lutte idéologique concernant le T.G.V ou T.A.V, ce n'est pas seulement la construction d'un train, mais la question de la rationalité technologique du capitalisme et son application directe dans la vie quotidienne. La construction de cette ligne de train, qui rencontre une contestation de plus en plus massive et de plus en plus offensive, aura mobilisé jusqu'ici tout ce que la société capitaliste possède d'infrastructures idéologiques, politiques, et donc policières et même militaires pour exorciser cette opposition féroce qu'elle se refuse à ne serait-ce que comprendre. Si ce sont la police et le chasseurs alpins qui protègent aujourd'hui systématiquement le chantier de construction du T.A.V, c'est parce que tout les moyens de propagande, et de répression préventive (incluant les techniques les plus modernes de manipulation publicitaire, de propagande et de marketing) ont été mobilisées... en vain.

La force de cette rationalité de la technique, qui modèle en fin de compte nos façons de penser et même de voir le monde consiste à nous laisser croire que le cours du progrès technique, et que les innovations en matière de technologie sont neutres, ou vont forcément de paire avec le progrès social. Ce mythe est aussi bien entretenu par les économistes et politiciens libéraux les plus chevronnés, un bon nombre de réactionnaires (justement), que par la militance gauchiste et sa vieille rhétorique marxiste. La société moderne donne à voir franchement à quel point l'idée selon laquelle "le progrès est nécessairement le sens de l'histoire" constitue un fantasme positiviste particulièrement éculé.

D'abord parce que la critique de l'utopie technologique du capitalisme a été refoulée. Sa force est aussi d'avoir réussi à réconcilier des valeurs et des forces traditionnellement vues comme antagonistes (comme le Travail et le Capital), mais aussi des tendances oppositionnelles autrefois marquées : comment serait il possible sinon que dans quasiment tout le spectre politique traditionnel, de la droite populiste à l'extrême-gauche parlementaire, on ne trouve rien à dire, sinon des louanges ou des platitudes, concernant ce projet de construction de TGV/TAV et la contestation qu'il rencontre depuis des années.

Les concepts même de "modernité", de "progrès", ou "d'avenir" ont été si vidés de leur substance théorique et de leur charge critique qu'il est devenu possible pour des tendances politiques vues comme irréconciliables de s'accorder sur l'essentiel à partir de la définition de ces catégories devenues parfaitement inopérantes.

Entre gauchisme et tentation réactionnaire :
les écueils d'une lutte moderne contre le capital et l'Etat
.

Outre une expression parfois mal assumée de remugles passéistes et de nostalgie pour la vallée de Suse, quelques frasques teintés de relents réactionnaires pour ses verts pâturages, ses petits villages et ses résident-e-s au mode de vie si typiquement champêtre et "proche de la nature", un autre aspect de cette lutte a été le besoin manifesté par la frange la plus avancée du gauchisme d'y faire la police.

En terme de rappel à l'ordre, il faudra compter sur cette perle postée sur Indymedia Italia le 15 Août 2011, qui s'en prend aux "punks à chiens existentialistes" à qui on reproche soit d'être là pour se battre contre le T.A.V comme tout le monde, soit sans doutes d'être existentialistes - au choix - notamment donc dans le texte du CSO Askatasuna "Riflessioni sul dodicesimo campeggio No Tav" - "Réflexions sur le douxième campement No Tav", où leurs auteur-e-s expliquent donc tranquillement que "nous devons comprendre que la lutte de la vallée n'est pas faite que de l'inclination existentielle des punks à chiens à brandir leur doigt contre la police [...] mais [...] par des gens qui paient des impôts et emmènent les enfants à l'école, étudient ou prient [et] travaillent". Que faudrait il donc conclure d'un tel lieu commun, sinon que les gauchistes à la sauce Askatasuna préfèrent les gens qui prient et emmènent leurs enfants à l'école aux punks à chiens ou aux anarchistes (qui en plus de ne pas prier, sont rarement solvables, et évidemment ne travaillent jamais et n'emmènent pas leurs enfants à l'école -puisqu'ils n'ont pas d'enfants-) ?

Dans la défense rassurante de "l'ordre et de la discipline" dans le mouvement, le parti pris par des organisations telles qu'Askatasuna a clairement été l'hégémonie morale et décisionnelle (même dans une optique confrontionnelle, à déterminer quelle action était censée ou appropriées et lesquelles ne l'étaient pas), et l'enjeu devient alors le pouvoir. Là aussi, la gauche extra-parlementaire en fin de décomposition se cherche un alibi en jouant aux arbitres : là où les staliniens grecs empêchent la foule révoltée de prendre le parlement lors de la dernière grève générale d'octobre 2011 (peut être par peur qu'il ne soit incendié), les néo-staliniens "autonomes" italiens ont joué aux "militants sérieux" dans un mouvement qu'ils tentent de contrôler pour y faire la pêche aux nouvelles recrues et se refaire une jeunesse mais qui les débordent tant par sa forme que par son contenu, et qu'ils sont donc incapables de comprendre aussi bien théoriquement que pratiquement pour les raisons expliquées plus haut. Plus simplement, ce qui se joue là n'est pas qu'une querelle d'ordre syndical ou même seulement de classe ou la question de savoir au juste qui sont "les vrais gens qui mènent la lutte anti-TAV", mais bien plus de remise en cause du fonctionnement même du processus d'industrialisation et de ce qu'il implique : c'est à dire d'une véritable offensive qui transforme le capitalisme en machine de guerre et renforce tout les pouvoirs de l'Etat.

La société (comme ensemble prétendument pacifié et homogène) devient ainsi plus visiblement ce qu'elle était déjà essentiellement : un faux semblant de l'Etat, lui toujours prêt à sortir les armes et à montrer les crocs lorsqu'un axe des flux de marchandises est sous le coup d'une menace. Ce peut être une grève générale à l'échelle d'une nation, et ce peut être le mouvement No-Tav sur une frontière. Dans les deux cas, c'est un mouvement qui paralyse un pan de l'économie et jette un pavé dans les rouages.

Mais bien plus qu'un simple mouvement "anti-capitaliste", le mouvement No-Tav rencontre
sans doutes un tel engouement spontané et international parce qu'il touche à tout ce que la vie quotidienne dans la société capitaliste a de plus insupportable : destructions de la nature comme habitât humain et comme ensemble vivant, restructurations permanentes et dégradations exponentielles des conditions d'existence, exodes quelconques, et répressions féroces de toutes contestations ou révoltes autonomes.

... psychose sociale de la vitesse et destruction de la nature.

"Les maîtres de la société sont obligés maintenant de parler de la
pollution, et pour la combattre (car ils vivent, après tout, sur la
même planète que nous ; voilà le seul sens auquel on peut admettre
que le développement du capitalisme a réalisé effectivement une
certaine fusion des classes) et pour la dissimuler : car la simple
vérité des nuisances et des risques présents suffit pour constituer un
immense facteur de révolte, une exigence matérialiste des exploités,
tout aussi vitale que l'a été la lutte des prolétaires du XIX siècle
pour la possibilité de manger."
Guy Debord, in "La planète malade".


Entre les jeunes actionnaires toujours plus assoiffés de chiffres qui défilent à 200 à l'heure mais qui revendiquent leur voiture "hybride" ("mi-pétrole, mi-nucléaire") et leur mode de vie "bio", les jet-setters et les animateurs télé défoncés à la cockaïne qui font des stages de désintoxication à la campagne pour y rechercher le "terroir" et le "local", une jeunesse dorée fascinée par un modèle de réussite fait de flambe et de consommation ostentatoire mais toujours plus attirée par les artificiels "espaces verts" urbains, dans les images d'environnements domestiqués et autres erzats de "nature", le nouvel "exode urbain" de cette petite bourgeoisie qui vient gentrifier les banlieues et les campagnes en quête "d'humanité et de nature", le capitalisme génère chez ses enfants les plus gâtés un ennui et une sensation de vide qui ne peut être compensée que par une quête absurde d'intensité et de vitesse (dont le pendant "vert" est le bobo bio et ses quêtes mystiques) dans laquelle l'illusion d'être "proche de la nature" constitue le plus rassurant des palliatifs dans des villes où tout en a été parfaitement chassé, dégradé et détruit. Les marchandises doivent aller et venir toujours plus vite au milieux des plantes en plastiques et des micro-forêt enfermées dans des cages en béton, le capital circuler toujours plus vite à mesure que se déverse tout les flots de déchets toxiques dans les airs, sur la terre, dans les océans, les rivières et les mers, etc. Cette fuite en avant de la société reflète en fait le dépérissement de l'économie et son expression culturelle la plus grotesque : le mépris de la nature "teinté de vert" (où le "réformisme écolo" façon capitalisme vert ne représente en fait qu'une autre facette guimauve de la bourgeoisie éprise de ses propres états d'âme pour les conséquences de son mode de vie, et qui croit encore pouvoir se survivre) , la haine des faibles sous couvert de "plaisir" ou de "réussite", le machisme le plus caricatural, le culte de l'apparence, la fascination morbide et le fétichisme de la violence (comme simple défouloir) ou son rejet abstrait et dogmatique, et évidemment les tentations réactionnaires, etc... Ces attitudes et ces visions du monde correspondent parfaitement à la morale dominante faite de darwinisme social et d'individualisme libéral dans laquelle seul-e-s ceux et celles qui "s'adaptent" survivent. Et c'est là que l'évidence crève les yeux : tout le monde ne peut pas manger "bio" ni s'acheter une maison ou une ferme à la campagne avec panneaux solaires. Et ce paradigme s'exprime aujourd'hui sous ses aspects les plus brutaux précisément parce que le capitalisme est pourrissant.

Et il implique nécessairement la destruction de la nature : l'écocide. A la bagnole et son idéologie la pollution de l'air et les milliers de morts sur les routes chaque année, aux milliers de produits cosmétiques et aux abats-faim de l'alimentation polluée l'empoisonnement des corps, une santé toujours plus fragile, et l'exploitation animale nécessairement industrielle et son évidente barbarie, et donc par conséquent l'empoisonnement des terres, de l'air et des mers à cause du lisier de cochon, du méthane des vaches (qui représente plus de gazs à effets de serre en europe que tout le traffic automobile réuni) mais aussi les nuisances liées au transport, et pas seulement la pollution stricto sensu mais le bruit incessant des machines et du travail aliéné, les paysages dévisagés, etc... Et au TGV ou TAV, son corolaire si évident et pourtant rarement abordé :

L'énergie nucléaire.

"Procuste en tenue moderne, le savant en recherches nucléaires préparera le lit sur lequel l'humanité devra coucher; et si l'humanité n'y est pas adaptée, ma foi, ce sera tant pis pour l'humanité."
Aldous Huxley, in "Le Meilleur Des Mondes"


Car en effet, dans un monde tel que celui là, la multiplication des lignes de train à grande vitesse ne peut que justifier encore et toujours la course à l'énergie nucléaire et la construction de nouvelles centrales, de nouveaux réacteurs (comme l'EPR de Flamanville, dont même les socio-démocrates avouent désormais ouvertement vouloir poursuivre la construction), etc, etc... Et c'est bien l'atome et son exploitation qui scelle aujourd'hui le sale tableau d'une société écocidaire où la vitesse et les TGV (et ce qu'ils transportent : principalement des cadres supérieurs, des bourgeois et des marchandises) tournent à l'uranium : toujours plus de déchets intraitables qui sont autant de dettes sur tout projet de société future. Parce que là où l'air et le sol sont irradiés, on ne construit pas une société libérée de l'Etat, des classes et de toutes les autres dominations.

La lutte contre le TAV, comme la lutte contre le nucléaire ne sont qu'une seule et même lutte contre l'écocide capitaliste et étatique.

Et il faudra bien en finir, d'une manière ou d'une autre.
Et plus ça durera, plus ce sera dur.

vendredi 14 octobre 2011

Communiqué des "panthères enragées"

[Communiqué des Panthères Enragées, groupe révolutionnaire pro-libération animale,
daté du 10 0ctobre, suite aux incidents de Rodilhan, et notamment aux agressions perpétrées
contre des militant-e-s anti-corrida. Ne le relayons malgré de lourdes réserves sur l'utilisation
d'un registre sémantique psychiatrisant et psychologisant que nous ne cautionnons pas -sous entendant que les afficionados seraient des "malades"- Ce vocabulaire est problématique pour nous parce qu'il déni le caractère politique de ces violences et la responsabilité de ses auteurs. Nous rappelons que nous sommes contre les comportements patriarcaux et que si nous luttons contre la corrida et les afficionados, c'est parce que ce sont des ennemis politiques et des tortionnaires qui se complaisent dans une culture réactionnaire, ultra-patriarcale et morbide. Il nous semble que la réflexion pourrait être orientée aussi dans ce sens. Et que le meilleur moyen de s'y opposer -comme cette action le démontre de par sa capacité de nuisance- reste l'action directe. C'est pourquoi la conclusion du communiqué auquel nous adhérons nous semble contradictoire avec ce vocabulaire. Solidarité aux camarades arrêté-e-s et brutalisé-e-s pendant cette action.]

Ultra-violence contre des militants pacifistes anti-corrida



Rassemblement anti corrida arène rodilhan (08.10... par licaon

Comme de nombreux/euses militant-e-s nous avons vu les images terrifiantes de la déferlante ultra-violente contre les militant-e-s pacifistes venu-e-s exprimer leur opposition à la corrida de la commune de Rodilhan (près de Nimes).

Nous exprimons notre solidarité avec les victimes humaines et animales de ces dangereux pervers[1] que sont les aficionados. Nous condamnons ces violences et la complicité policière.

Les violences physiques, nombreuses (coups de pieds, coups de poings, dans le dos de militants pacifiques et enchaînés qui ne pouvaient pas se défendre, canons à eau, ont atteint leur paroxysme avec des agressions sexuelles (attouchements, arrachage de t-shirts et de soutiens gorges). (Faits rapportés par les militantEs eux/elles-même).

Face à ces diverses agressions, la police, complice, à visiblement laissé faire : on les voit admirer le « spectacle » mains sur les hanches, laissant les militants se faire sortir un à un, trainés violemment sur le sol par les aficionados, ravis d’avoir le terrain libre pour se faire « justice » eux-même.

Nous ne pouvons que faire l’analogie entre ces meurtres publics ritualisés que sont les corridas et les violences sexuelles qu’ils ont tenté de commettre. Comment ne pas voir la jouissance collective d’une victime désignée alors qu’ils ont prouvé quand ils en avaient l’occasion qu’ils étaient des violeurs en puissance.

Notre position est claire : il faut faire cesser ces massacres que sont les corridas et stopper ces pervers[1] aficionados. L’état est ouvertement complice : Ne laissons pas les pervers[1] en liberté : réclamons vengeance pour nos camarades taureaux assassinés et pour les militants agressés.

L’état en est incapable : nous devons les arrêter au plus vite !


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- Un article paru dans la presse Belge -

samedi 1 octobre 2011

Le Rémouleur [programme d'octobre 2011]

Octobre 2011 au local Le Rémouleur (Bagnolet)

Le Rémouleur

106 rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)

leremouleur ((A)) riseup . net
S’inscrire à la lettre d’info du local : https://lists.riseup.net/www/subscribe/leremouleur/


Dimanche 2 Octobre - 18H

Discussion autour de « Sans Remède »

Présentation du n°3 de Sans Remède, journal critique du système psychiatrique. Ce sera l’occasion de discuter de la nouvelle loi sur les « soins sans consentement » et son application.

Mercredi 5 Octobre - 19H30 _

Cycle en 2 parties : Société du nucléaire
1ère partie : Retour sur sept mois de catastrophe nucléaire au Japon

Le 11 mars 2011, on parle, pour la première fois depuis Tchernobyl, de catastrophe nucléaire à Fukushima. Depuis, il semblerait que la situation soit « sous contrôle ». Pourtant, pour les habitants de la région de Fukushima ainsi que pour les milliers de travailleurs envoyés chaque jours pour tenter de « décontaminer » le site, la catastrophe dure toujours. Ici, plus personne n’en parle. C’est pourquoi il nous a semblé utile de revenir sur la manière dont est « gérée » cette catastrophe au Japon et ici.

Lundi 10 Octobre - 19H30

Discussion sur les transformations du Bas Montreuil et Bagnolet

Cet été, il y a eu deux expulsions d’immeubles : celui de la rue des Sorins sur le bas Montreuil et de celui de la rue Robespierre à Bagnolet. Elles ne sont pas passées tout à fait inaperçues du fait de la résistance des occupants et des voisins solidaires. La préfecture et les mairies commencent par déloger de manière systématique les plus pauvres et les sans papiers, mais c’est l’accélération d’un processus général de transformation complète des quartiers populaires qui est en œuvre avec la complicité des promoteurs immobiliers. On assiste tout autour de nous à des expulsions, des non reconductions de baux, des ventes immobilières, des démolitions, des constructions...
Dans ce grand « nettoyage » programmé, pour reprendre l’expression d’un élu, il est tout d’abord nécessaire dans un premier temps de s’informer et de discuter ensemble afin d’essayer d’y voir un peu plus clair dans les plans d’urbanismes avancés. Nous vous invitons à grand renfort de cartes et de plans...à une première rencontre.

Vendredi 14 Octobre - 18h30

Rencontre/débat avec le collectif « non au béton oui au gazon », quartier de la Boissière, Montreuil.

En juin 2010, lors du lancement par la Mairie du méga-projet de restructuration urbaine dit « les Hauts de Montreuil », les habitants des cités de l’Amitié et des Roches s’étaient mobilisés pour s’opposer à la construction d’immeubles sur les deux espaces verts de leurs cités, en dénonçant en même temps d’autres responsabilités de la municipalité dans la détérioration des conditions de vie de ce quartier populaire (écoles, santé, transports, espaces culturels et sociaux...). Après une année de lutte, la mobilisation des habitants, qui se sont organisés en collectif, a mené à une première victoire : l’annulation du permis de construire sur la pelouse de la cité des Roches. Aujourd’hui, la lutte n’est pas finie, et d’autres collectifs se sont formés dans le quartier pour s’opposer à des projets du même type, et ils essayent de continuer et élargir leur bataille. Des membres du collectif « non au béton oui au gazon » et d’autres habitants mobilisés dans le même quartier, proposent une soirée d’échange et débat à partir de leur expérience.

Dimanche 16 Octobre - 18h

Écoute du documentaire sonore « Devenir patient », réalisé en janvier 2011 à la clinique de Soins de Suite et Réadaptation (SSR) de Romainville

Visite au cœur d’une clinique privée. Entre gestion productiviste, isolement partagé, pouvoir médical et solitude collective, les patients font le récit de leurs quotidiens en contradiction avec les discours médiatiques de l’établissement. Cette soirée pourrait être l’occasion de discuter des difficultés d’organisation collectives inhérentes à ce type de structures, d’interroger la possibilité d’établir un+ lien intérieur/extérieur (pour briser les logiques de l’enfermement), et plus généralement de réfléchir nos capacités en terme d’autonomie en matière de « santé ».

Dimanche 23 Octobre - 19h30

Projection de La crise de Coline Serreau (1992)

Une comédie qui montre la rencontre entre « Michou » (Patrick Timsit), pilier de bar en galère de logement qui sait bien jouer au « pauvre », et Victor (Vincent Lindon) conseiller juridique qui perd le même jour son emploi et sa femme mais… n’en reste pas moins plein des attributs de sa classe.

Dimanche 30 Octobre - 19h

Projection de Kashima Paradise , documentaire de Yann Le Masson de 1973 sur le Japon des années 70

Malgré des « lourdeurs marxistes-léninistes », ce film reste important pour comprendre les contradictions entre valeurs traditionnelles et capitalisme moderne dans le contexte des luttes de l’époque. Et ceci pour tracer des pistes vers une compréhension du Japon d’aujourd’hui y compris la crise nucléaire actuelle et les oppositions existantes.

- PDF du Programme -

mardi 20 septembre 2011

"L'indignation qui vient"

[Le PDF du tract] trouvé sur Indymedia Paris

Depuis déjà plusieurs mois, on a vu pointer dans plusieurs pays d’Europe le mouvement dit des « indignés » ou « démocratie réelle ».

Ici comme ailleurs, celui-ci à donné lieu à plusieurs réflexes conditionnés, pièges et écueils qui touchent en général les « mouvements sociaux » : le fétichisme des pratiques d’abord (comme l’occupation de places, le sitting, les happening ou la manifestation plan-plan et maintenant la marche...) et la limitation stricte du mouvement à ces pratiques, le démocratisme ensuite (le respect religieux et le privilège donné aux décisions collectives prises en assemblées « représentatives du mouvement »), le « nihilisme citoyen » (respect borné de la loi, du vote, des « droits » donnés et des devoirs exigés par l’Etat) et la « non-violence » dogmatique (qui va jusqu’à prôner la violence policière contre ceux ou celles qui refusent ce dogme) et donc l’hégémonisme (la prise de contrôle du mouvement par une de ses franges), et surtout : l’absence de perspective révolutionnaire et l’enfermement dans des revendications abstraites et réformistes. Loin de représenter un sursaut révolutionnaire, ou une authentique révolte spontanée, ce mouvement des indignés s’inscrit bien plutôt dans la pacification de toute contestation réelle (de par le rejet de l’action directe), la militarisation de l’Etat (les guerres menées à l’étranger et le renforcement de la répression intérieure sur lesquels le silence des « indignés » est plus que suspect) et la montée du fascisme dans la société, au travers de ce mouvement notamment.

La crise comme pacification

Depuis plusieurs années déjà, les gouvernements européens, toutes tendances confondues, de gauche social-démocrate à la droite la plus réactionnaire, utilisent l’argument de la crise pour endormir tout velléité de contestation. D’un coté, il y a l’explication des gouvernements, qui est celle du FMI et de la banque mondiale : La crise serait une sorte de phénomène métaphysique que même les économistes n’arriveraient pas à s’expliquer, une sorte de catastrophe naturelle qu’il faudrait juguler et gérer à grands coups de politiques de réformes et de plans d’austérité. Comme si cette crise n’avait rien à voir avec ces mêmes politiques, comme si elle était le fait de la divine providence. Cet argumentaire vise en fait à tenter de se servir de la crise engendrée par le système capitaliste et ses Etats pour dédouaner les politiques de rigueur que cette même crise implique dans le seul but de replâtrer encore une fois le capitalisme. Les « indignés » quant à eux, dépourvus dans leur immense majorité de toute analyse de classe, et de toute critique du capitalisme, voient en général dans la crise et l’austérité le fait d’une caste de « banquiers parasites » et d’un « empire financier tentaculaire », ou « nouvel ordre mondial » qui auraient vidé les caisses quand personne ne regardait. En gros : pas besoin de se prendre la tête avec des « concepts politiques » trop compliqués : « à bas NWO » c’est tellement plus branché, tellement plus smart et ça résume tout sans avoir besoin de réfléchir...

Dans les deux cas, et du mouvement des indignés à la nouvelle extrême droite en passant par Sarkozy, tous dénoncent au final « la faillite des banques » dont le petit peuple devrait être sauvé, un « capitalisme financier » devenu fou qu’il faudrait réguler ou « purger » et une classe moyenne comme « victime de la crise ». La raison de cette analyse bancale est bien simple : la composition sociale de ce mouvement est justement celle de la sacro-sainte classe moyenne (que flatte autant Sarkozy, les socio-démocrates que les nouveaux fascistes à la Soral). Celle d’une classe qui commence à peine à percevoir les effets de « la crise », quand la majorité des exploités subissent la logique et les conditions de vie du capitalisme depuis toujours, et que la crise n’a fait qu’aggraver. D’où aussi, le décalage entre le discours « pro-révolution » des indignés concernant le monde arabe – où comme en Tunisie la pratique effective qui a dominé a été l’attaque des symboles du pouvoir, les affrontements avec la police, les pillages de supermarchés, les mutineries et incendies de prisons, et tout un ensemble de faits qui attestent une véritable logique de guerre de classes et de guérilla révolutionnaire, et toute une agitation qui, même si elle ne suffit pas à l’expliquer, a joué un rôle absolument indéniable dans la chute de plusieurs régimes et les volte-faces de l’armée ou de la police qui ont sentis le sol trembler sous leurs pieds – et le comportement de ces même « indignés » ici qui considèrent un tag ou une petite vitrine de commerce ou de banque pétée comme une « violence ».

Derrière la critique du capitalisme financier : le populisme gauchiste et l’antisémtisme.

Cette critique partielle des banques justement, non comme un rouage du système capitaliste, mais comme un « foyer de parasites » qui auraient détruit une fantasmatique « économie réelle », et qui voit les banques comme un problème central laisse la place au vieux fantasme antisémite d’un complot qui tenterait de contrôler le monde. Car en cherchant à critiquer le système des banques et le pouvoir des grandes entreprises multinationales, mais de manière partielle, le mouvement des indignés s’engouffre dans un discours typiquement réactionnaire et populiste et passe ainsi complètement à coté de la critique du capitalisme, le confortant même en jouant le rôle qu’on lui demande de jouer : celui d’une contestation strictement non-violente, vidé de toute substance critique, empêchant de par sa forme même un véritable mouvement (de type grève générale ou insurrection), et déplaçant le débat vers la droite dans le grand piège du « débat citoyen ». Rendu donc parfaitement in-offensif de par son caractère « a-politique » et « a-partisan » auto-proclamé, le mouvement des indignés participe en réalité au maintiens de l’ordre à travers un spectacle de contestation dans un front « anti-système » flou qui laisse le champs libre à des récupérations libérales, populistes et même fascistes. La dénonciation obsessionnelle du « nouvel ordre mondial » faisant finalement écho au nouveau discours d’extrême-droite sur le complot « apatride » contre « les peuples et les nations ». Et ce discours là, en plus de puer la défaite, est simplement fasciste parce que nationaliste et antisémite. Ne soyons pas dupes : là où la contestation réelle s’efface, les réactionnaires progressent.

S’INDIGNER NE SUFFIT PAS !

Ce n’est donc pas un hasard si en France, on retrouve dans les organisateurs du « mouvement des indignés » nombre d’individus conspirationnistes, reliés à des mouvements d’extrême-droite qui théorisent l’antisémitisme à travers leur pseudo-critique de la finance. Le concept même de « capitalisme financier » fut un des thèmes centraux dans la propagande du parti nazi en Allemagne et des fascismes en Europe pour construire l’ennemi intérieur et flatter le sentiment national. Le thème de la « citoyenneté » mis en avant par les indignés, renouvelle lui aussi ce constant rappel à l’ordre que constitue l’injonction à ne pas se révolter en faisant poliment démonstration de son indignation. Il repose sur ce présupposé généreux que les oppresseurs finiront par abdiquer devant la raison exprimée publiquement et pacifiquement par « le peuple ». Mais cette fable saint-simonienne exclue de fait ceux ou celles qui ne sont pas considérés, précisément, comme des citoyens : les sans-papiers, les « criminels », et quiconque agit en dehors de la légalité ou de la légitimité citoyenne. Tout les indésirables, exploités par définition. En prétendant vouloir créer une « démocratie réelle », le mouvement n’a fait que centraliser le pouvoir de décision à travers les assemblées des occupations de places et leurs émanations (comme en Espagne, les commissions dans les « accampadas »), dans l’espoir de singer les révolutions du Machrek et du Maghreb (en réutilisant, sans nécessité réelle, et de manière fétichiste les réseaux sociaux type facebook), les indignés n’ont fait que créer un état dans l’Etat, ersatz de démocratie représentative et de parlementarisme bourgeois où toute volonté de s’organiser à la base et d’agir localement ont été rendus simplement impossibles, notamment lorsqu’à Barcelone la volonté de scission dans l’occupation, pourtant majoritairement votée a été censurée par la tribune de l’assemblée, ou que tout débat sortant du cadre a été simplement saboté. Encore comme à Athènes où les indignés ont appeler à dénoncer les auteurs « d’actes violents » et à les jeter à la police : soutenant ainsi la répression d’Etat au nom de la non-violence ! En restant prisonniers d’une rhétorique a-politique creuse, de mode de prise de décisions autoritaires et bureaucratiques, d’un pacifisme abstrait et dogmatiquement non-violent, les indignés ne font que participer au maintient du statu quo, brimant toute participation de révoltés ou de révolutionnaires et ouvrant au contraire la voie à des forces réactionnaires qui n’avaient pas eu jusqu’ici voie au chapitre sur la place publique. Abandonner la perspective révolutionnaire au profit de « l’indignation en mouvement », c’est tresser la corde avec laquelle on voudrait nous pendre .

Se cantonner à cette indignation pacifiée, et focaliser sur « les banquiers » (même si ces derniers ont, comme d’autre leur responsabilité dans l’exploitation et les conditions de vie misérable de la majorité de l’humanité) c’est ne pas voir que partout dans le monde depuis le début de la « crise économique », des révoltes, des insurrections et des situations révolutionnaires éclatent partout non seulement contre les banques, mais surtout contre le capitalisme, l’Etat, les gouvernements, leurs classes dominantes et leurs flics, leurs lois, leurs tribunaux, leurs prisons, et leurs armées. C’est ne pas voir que les plans d’austérité et les « réformes de la fiscalité et du système bancaire » ne sont que les politiques des mêmes gouvernements et de la même bourgeoisie qui se prétend victime de la « crise » et en est la principale bénéficiaire, pour sauver leur économie et protéger leurs privilèges.

Il faut traduire la colère en actes ! Contre le capitalisme, contre l’Etat :

VIVE LA REVOLUTION SOCIALE !

L’économie est malade ? QU’ELLE CREVE !

Quelques anarchistes


source : Indymedia Paris, le samedi 17 Septembre 2011.

lundi 19 septembre 2011

[Fontenay sous bois] NO TAV : discussion, projection et concert à La Buissonnière.

Dimanche 25 Septembre 2011, de 15h à 22h : Discussion, projection et concert contre le T.A.V au squat de la Buissonnière. (3 Place Moreau-David - Fontenay-sous-bois)

source : http://labuissonniere.toile-libre.org



Depuis une vingtaine d’années en Italie, la vallée de Susa (Valsusa) lutte contre la construction de la ligne à grande vitesse, ou Treno Alta Velocità (TAV) qui devrait relier Lyon à Turin. Les habitants de la vallée sont résolus à ne pas laisser leur lieu de vie être détruit au profit de l’État et des entrepreneurs, qu’elle considère comme des « envahisseurs ». De nombreuses personnes venues d’ailleurs prennent également part à la lutte exprimant leur solidarité contre ce projet qui incarne la logique capitaliste. La construction du TAV est la manifestation concrète d’une vision du monde qui oscille entre la recherche de toujours plus de fric et l’utopie industrielle et technologique. Pour beaucoup c’est une pierre de plus sur l’édification de notre exploitation et notre oppression. Et finalement cette lutte est une ligne de front contre l’État et le capitalisme.

Ce combat connait des temps forts et des périodes d’accalmies qui sont des réponses directes à l’avancée effective du chantier. Les NoTAV s’organisent en assemblée. C’est là que sont décidées les orientations et les modalités de la lutte. L’objectif est clair : empêcher, par les moyens jugés les plus appropriés, le démarrage des travaux. L’occupation du chantier, qui a abouti à sa destruction en 2005, ainsi que le sabotage du matériel permettent son blocage immédiat. A moyen ou long terme, l’augmentation du coût des travaux a pour but de les contraindre à renoncer à ce projet qui a déjà englouti des sommes colossales. Rien que le seul dispositif de flics et militaires, en grand nombre, dans la vallée coûte chaque jour à l’État beaucoup de fric.

En juin dernier, le chantier de la Maddalena est de nouveau occupé afin d’empêcher les forages, déjà effectués du côté français. Les occupants se sont fait expulsés à coup de bulldozers et de gaz lacrymogène. Ce sont 50.000 personnes réparties sur trois cortèges simultanés qui attaquent, le 3 juillet, la cage dans laquelle les flics ont enfermé le chantier. Tout ce qui s’est fait, ce jour là, a été assumé collectivement, y compris la solidarité avec les quatre emprisonné-e-s et ceci malgré les tentatives de division du pouvoir. L’assemblée a répondu « nous sommes tous et toutes du black bloc ».

En juillet, la Libera Repubblica della Maddalena en exil s’est organisée en un nouveau campement pour continuer le siège du chantier, mais cette fois-ci à Chiomonte. En août, le siège s’est étendu en établissant un nouveau campement à la Baïta, qui est sur le tracé du chantier. Malgré la pression quotidienne des flics ( patrouilles nocturnes dans les bois et sur les chemins, raids de destruction… ), la construction du campement continue ! Concrètement les personnes sur place appellent à venir là-bas pour tenir l’occupation. Mais c’est aussi l’occasion de rencontrer des gens qui luttent, d’ici et d’ailleurs et de tisser des liens. Du matériel est également nécessaire ainsi que des outils pour l’édification du camp et sa défense.
C’est en solidarité avec la lutte menée contre le TAV que nous organisons à la Buissonnière une discussion-projection suivie d’un concert le 25 septembre de 15h à 22h .

Bouffe et boissons à prix libre : les bénéfices seront pour le matériel à acheter pour l’édification/fortification du campement ainsi que pour les frais liés aux arrestations
(mandats, avocats).

Contre ce train... pour la liberté ! [NO TAV]

Nous sommes arrivés de toute l’Italie et d’Europe. Nous nous sommes rencontrés ici, sur les montagnes du Val Susa, nous avons partagé un plat de pâtes, la dernière gorgée de vin ou du Maalox. Partagé de façon naturelle, avec des amis fraternels ou des personnes parfaitement inconnues – jusqu’à hier. De Milan, Rome, Paris, Zurich, Bilbao, Naples ou d’autres endroits jamais entendus – jusqu’à hier. Il y a ceux qui ne parlent pas un mot d’italien, ceux qui n’ont jamais fait une balade en montagne, ceux qui croyaient dans les pétitions – jusqu’à hier. Nous avons échangé les récits d’expériences similaires, aux quatre coins du monde. Nous sommes tous là pour nous jeter dans cette bataille, commencée par les femmes et les hommes du Val Susa, contre le projet de train à haute vitesse. C’est une lutte qui a dépassé l’horizon de ces montagnes, pour devenir pratique et "patrimoine" des révoltés de toute l’Europe. C’est aussi notre lutte – aujourd’hui.

Nous nous affrontons ici, contre ce qui est un parfait exemple des nécessités d’un monde de marchandises et une des pointes de l’iceberg du progrès. Un progrès de la technique qui vise inexorablement la destruction de l’humanité – l’humanité de chacun de nous.
Ce qui nous a amené ici, certains depuis des années, d’autres depuis quelques semaines ou jours, ce n’est pas seulement, cependant, la juste solidarité vis-à-vis de ceux qui se battent avec dignité contre la destruction de l’espace de leur propre vie. Il s’agit d’un plus profond et plus intime désir de liberté.

Nous luttons, aussi ici, comme en chaque lieu, pour la liberté. La liberté de chaque individu, la mienne, qui commence nécessairement là où commence aussi celle de chaque autre, parce que si un seul est enchaîné, je ne peux pas être libre.

On peut facilement l’entrevoir : la victoire des Valsusains et de leurs soutiens contre le projet du TAV va dans le sens de la destruction de l’actuel système de domination. L’affrontement en cours dans ces montagnes pose en effet la question d’un changement radical de la vie, qui ne peut que passer par la fin de l’Etat. Dire que nous ne voulons pas le TAV, ni ici ni ailleurs, signifie dire que nous voulons en finir avec chaque pouvoir, étatique, économique ou de tout autre type. De l’autre côté, vus les intérêts soumis à ce projet, céder serait un échec historique pour la clique Etat italien-Confindustria. Une victoire notable pour qui lutte pour la liberté. Certes, ce ne sera pas chose facile, mais beaucoup de signes sont encourageants.

Il y a aussi, cependant, des poids morts. Il y a ceux qui sont intéressés à distinguer entre les "gens de la vallée" et "ceux de dehors", pour pouvoir mieux diviser, quand c’est nécessaire, les bons des méchants. Il ne s’agit pas, malheureusement, seulement des seuls journalistes à la solde des patrons. Il y a ceux qui voudraient circonscrire la révolte à des modalités – et des horaires – prédéfinis. Qui voudrait prendre (et se faire prendre) des photos – mais ils se croient au cirque, ces guignols ? Ceux qui voudraient cette lutte comme prérogative d’un groupe bien défini de spécialistes, experts manipulateurs des médias et donc défenseurs d’un affrontement symbolique, théâtral, tendu à recueillir un consensus médiatique. Tous les autres – la masse – seraient réduits à un troupeau à amener en promenade pendant les manifestations. Ceux qui voudraient une résistance pacifique et civile. Des "actions" spectaculaires mais parfaitement inoffensives. Quelque chose, en somme, qui ne porte pas préjudice à la possibilité de traiter avec le pouvoir, une fois le spectacle fini.

Avec ceux là, nous n’avons rien à partager. Nous ne sommes pas civilisés, nous ne sommes pas pacifiés, nous ne résistons pas, mais nous attaquons en cherchant à faire mal à l’ennemi. Nous n’avons rien à défendre, mais une vie – notre vie – à extirper d’un répugnant destin de domination. Ce pour quoi chacun de nous se bat n’est pas délimitable, n’est pas représentable. Cela n’aurait aucun sens, vu à la télé.

Si c’est un nouveau monde que nous portons dans le coeur, ce que nous avons vécu, ce que nous sommes en train de vivre là haut en est une intuition féconde. Une intuition que nous voyons devenir réalité, dans les petits gestes quotidiens comme dans les grands rêves. Dans la nourriture qui n’a pas de prix, dans les pierres qui volent ou passent de main à main jusqu’à la première ligne, dans les frondes qui tournent, dans le don du masque avant de t’en aller même pour quelques jours, en pensant au compagnon sans nom qui t’a pris par la main cette nuit dans laquelle, détruit par les gaz, tu étais perdu sur le sentier...

Tout cela n’est pas seulement un moment de rupture, mais une pratique qui continue, qui devient une expérience partagée et marque, avec l’intensité que l’insurrection sait toucher, la vie de chacun. La vie devient insurrection...

L’étincelle que chacun de nous porte à l’intérieur est ravivée par ces rencontres complices, par des retrouvailles, par de nouveaux liens, par ce tourbillon de rage et d’amour, tournoyant, imprévisible et créateur comme la vie même.
En rentrant dans nos maisons, dans les villes d’où nous venons, nous portons en nous la conscience que quelque chose est en train de changer – que c’est nous qui le faisons changer, justement maintenant. Que du Val Susa la révolte se propage. Les motifs contingents sont nombreux, mais la tension qui anime chacun de nous est la même. Que dans toute l’Europe flambe le feu qui nous brûle de l’intérieur et qui nous a amené ici. Que du vieux monde il ne reste que des cendres.

Et dans le feu l’amour.
... POUR LA LIBERTÉ !


Traduction d’un texte italien publié le 8 septembre 2011 sur
Informa-Azione trouvée sur Indy Grenoble.

lundi 12 septembre 2011

Programme du Rémouleur - Septembre 2011

Programme de septembre 2011

au local Le Rémouleur (Bagnolet)

http://www.infokiosques.net/IMG/jpg/imgprog_retouchee.jpg

Le Rémouleur
106 rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)

leremouleur ((A)) riseup . net
S’inscrire à la lettre d’info du local : https://lists.riseup.net/www/subscribe/leremouleur/

Vendredi 16 septembre – 19 heures
Projection de “Un héros très discret”

Film français de Jacques Audiard (1996, 1h40).
Dans l’époque trouble et confuse de l’hiver 1944-1945, à Paris, un homme qui n’a pas participé à la guerre va se faire passer pour un héros de la Résistance en s’inventant une vie admirable. A force de mensonges, il va construire par omissions et allusions un personnage hors du commun.
Bonus : A l’occasion de cette projection, un texte datant d’avril-mai 1945 sera présenté, à propos de la mythification de la Résistance et du climat délétère dans lequel la IVe République a été mise en place.

Dimanche 18 septembre – 19 heures
Discussion : Crise de la dette, crise du capitalisme

Cette soirée sera l’occasion de mieux comprendre les enjeux de la crise et les mécanismes du système monétaire (qu’est-ce que “la dette” ? en quoi cette dette est-elle liée à la monnaie ? ...)
Il s’agira aussi de montrer en quoi la crise de la dette des États met en jeu le rapport social capitaliste. Le problème ne vient pas du “poids trop grand de la finance”, du “rôle des agences de notation” ou du “manque de régulation de l’économie”. La crise financière n’est pas une “dérive” du capitalisme, mais l’effet de son fonctionnement ordinaire en tant que système d’exploitation. C’est pourquoi le débat portera aussi sur les mesures d’austérité et la résistance qui leur est opposée dans différents pays européens.

Vendredi 23 Septembre – 19 heures

Discussion autour du procès en appel de l’incendie du centre de rétention de Vincennes et des luttes dans les prisons pour étrangers

Le 21 juin 2008, Salem Souli, un retenu du centre de rétention de Vincennes, meurt faute de soin. Le lendemain une révolte éclate qui réduit en cendres la plus grande prison pour sans-papiers de France. Cette révolte fait suite à plusieurs mois de lutte à l’intérieur (grèves de la faim, refus d’être comptés, manifestations, départs de feu…). Par la suite, 10 personnes parmi les 270 qui étaient retenues dans le centre au moment de l’incendie sont arrêtées et emprisonnées pendant plusieurs mois avant d’être jugées. Elles sont condamnées en mars 2010 à des peines allant de 8 mois à 3 ans de prison ferme. Le procès en appel aura lieu à Paris, à partir du 6 octobre 2011.
Cette soirée sera l’occasion de revenir sur cette révolte, le procès qui a suivi, ainsi que sur les lutte à l’intérieur et à l’extérieur des centres de rétention, en France et en Europe.
et dans les rayons de la bibliothèque

Venez emprunter des bouquins dans la bibliothèque et prendre des brochures ! Voilà un échantillon de ce que vous trouverez dans les rayons :

Sur les années 70 en Italie :

- Nous voulons tout, Nanni Balestrini, Roman
- La FIAT aux mains des ouvriers. L’automne chaud de 1969 à Turin. Diego Giachetti et Marco Scavino

Sur les prisons :

- Feu au centre de rétention. Des sans-papiers témoignent, janvier-juin 2008 : sur les luttes au centre de rétention de Vincennes durant les six mois qui ont précédé l’incendie
- Huye, hombre, huye. Chroniques de l’enfermement, Xosé Tarrio Gonzales : Récit autobiographique de luttes dans les prisons espagnoles dans les années 1980

Sur le travail :

- Travailler, moi ? Jamais !, Bob Black : Manifeste contre le travail
- Echanges, bulletin du réseau “Echanges et mouvement”, n°137, été 2011 : bulletin sur les révoltes et luttes sociales dans le monde
- Rage de classe dans les années 2000 (brochure) : compilation de textes sur des luttes radicales dans des usines en France

Des revues

- Sans remède n°3, été 2011 : journal sur le système psychiatrique, alimenté par des vécus, des confrontations et des points de vue, dans une perspective critique
- A corps perdu n°3, revue anarchiste internationale : dossier sur la question de l’insurrection

PDF du programme (à imprimer/diffuser)