mercredi 15 juin 2011

[Grèce] Grève Générale du 15 Juin 2011 : les nouvelles du front !






15 Juin 2011 : La grève générale de Grèce en direct.

20.41 (+2 GMT) Entre 20 et 30000 personnes sont sur la place de Syntagma en ce moment et plus arrivent chaque minutes. L’assemblé de ce soir va commencer d’une minute à l’autre, et elle devrait se concentrer sur l’annonce imminente du premier ministre grec Papandreou, probablement à propos de la création d’un gouvernement d’unité nationale.

17:43 (+2 GMT) La situation se calme légèrement à Syntagma. Des milliers de personnes sont en face du parlement et dans les rues autour, du monde continue d’arriver. Plus tôt l’hotel de luxe et ls ministère de l’économie ont été attaqués par des manifestants.

17:21 (+2 GMT) Le med. les docteurs de la clinique de la place Syntagma font un appel à du matériel médical Beaucoup de personnes sont blessées, par la violence des attaques policière. Les gens peuvent approcher Syntagma par Amalias, Propylea et potentiellement par le métro. Les gens scandent des slogans anti flics applaudissent ironiquement les flics, des batailles ont encore lieu autour de la place, les forces DIAS ont été touchées par à Fillelinon, alors que quelques minutes plus tôt ils attaquaient les gens en face du jardin national et de la rue Stadiou. Les DIAS accélèrent et ralentissent sur la rue Amaliasou ils attaquent le rassemblement.

17:07 (+2 GMT) Les moto de la police DIAS attaquent les gens rue Amalias qui chantent « Pain-Education-Liberté-La junte ne s’est pas finit en 1973 » et « Flics, porcs, assassins ». Les lacrymos et les grenades assourdissantes continuent, la musique des hauts parleurs de la place aussi. La comission média de la place Syntagma a lancé il y a 10 minute l’appel suivant :

NO PASARAN ! Maintenant nous parlons !

Le parlement grec est assiégé. Des milliers de protestataire ont envahi la Bastille grecque et ses environs. Depuis 7h ce matin les « indignados » grecs crient « stop ! », avec comme seul moyen de lutte leur corps, ont bloqué la rue et ont encerclé le parlement. Qu’importe que la police ait dressé des barrières métalliques devant le parlement (V.Sofias) Que faire si. Qu’importe que de toutes part les forces policières (DIAS, MAT etc.) ont tenté de disperser les deux cortèges à V.Konstantinou &Rizari et V.Konstantinou & Rigillis, nous restons là et nous continurons ! Le gouvernement grec avec la police toujours prompt à aider, tente depuis des heures de tuer et détruire moralement le grand mouvement des « indignados » grecs, des honnêtes gens qui ont pris les places et les rues du pays. A celui qui tente de stopper le siège pacifique de « l’inutile et dangereux », de la plus grande protestation de l’aire post junte, nous lui diront seulement ceux-ci! Nous sommes ici pour rester ! Nous, toutes les personnes assemblées resterons et aucune provocation morale ou politique ne nous arrêtera. Il n’y aura pas de place pour ce genre de choses dans notre histoire future !

16:53 (+2 GMT) Un grand groupe de manifestants vient de chasser une unité de policier en moto (DlAS/DELTA) rue Panepistimiou. Les hauts-parleurs de la place Syntagma appellent tout le monde à revenir sur la place. Même s’il est difficile d’y rester à cause des gaz lacrymo, les manifestants persévèrent.

16:49 (+2 GMT) Les gens essayaient de revenir progressivement à Syntagma (au son de la musique dans les hauts-parleur). Mais à l’instant les flics viennent d’attaquer à nouveau en masse, piégeant des groupes de personnes sur la partie basse et essayant d’évacuer toute la place avec des gaz lacrymo et une grande violence.

16:41 (+2 GMT) Place Syntagma : 4 manifestants blessés transportés à l’hôpital. Les rapports du centre médical de la Place parlent de nombreuses personnes avec des problèmes de respiration.

16:33 (+2 GMT) Volos (Grèce centrale): Une manifestation de 3000 personnes occupe la mairie et une Assemblée de manifestants a lieu à l’intérieur. Le maire de Volos reste bloqué à l’intérieur du bâtiment.

16:30 (+2 GMT) Situation de guerre tout autour de la Place Syntagma, alors que les flics continuent à jeter des gaz lacrymo et des gaz asphyxiants. Deux manifestants ont été arrêtés pour le moment. L’esprit de combat est remarquable : les gens continuent à résister même à mains nues.

16:20 (+2 GMT) Appel urgent de l’équipe médicale de Syntagma pour des médicaments anti-acide.

16:00 (+2 GMT) Les forces de police continuent leurs attaques meurtrières contre les milliers de manifestants qui persistent à se battre Place Syntagma. La situation est très critique et les escadrons de police anti-émeutes assaillent des milliers de manifestants de tous les âges. Les flics ont réussi à bloquer la rue en haut de la rue Fillelinon.

15:56 (+2 GMT) Affrontements importants rue Fillelinon, au moins une arrestation à Syntagma, les gens ne quittent pas la place mais les flics s’attaquent à tout le monde. Les grenades et les bombes lacrymo explosent de partout. Les manifestants se défendent et défendant la place, et rejettent les flics en différents endroits de la place. Les flics ont attaqués deux fois des ambulances qui venaient récupérer des manifestants blessés, et une bombe lacrymo a explosé dans une clinique sous tente installée sur la place.

15.30 (+2 GMT) Un grand groupe de manifestants furieux attaquent 3 unités de la police anti-émeutes dans rue Filellinon. Les témoignages font état de 4.000 personnes se battant contre les flics dans cette rue.

14:45 (+2 GMT) Affrontements tout autour de Syntagma et sur la place. Les manifestants répondent avec des pierres aux attaques de la police, la place est recouverte de poudre blanche laissée par les bombes de lacrymogène, mais des gens sont toujours là, pendant que d’autres se regroupent dans les rues autour de la place et essayent de revenir sur la place.

14:41 (+2 GMT) Chania, Crète : Après la fin de la manifestation (quasiment 3000 grévistes), l’Assemblée Populaire Ouverte a décidé d’occuper les locaux de la préfecture. Le bâtiment est occupé depuis une heure en solidarité avec les manifestants d’Athènes. A 15h une nouvelle Assemblée est appelée pour décider des actions à venir.

14:28 (+2 GMT) Athènes : Des milliers de personnes sont toujours autour du Parlement. Le mur de plexiglas n’est plus là, mais les flics ont bougé plus bas vers la place Syntagma ; ils forment des cordons avec 4 lignes. De nouveaux manifestants continuent à arriver en nombre vers le Parlement pour participer aux blocus. Fascistes, officiers infiltrés et flics en uniformes sont autour, mais les manifestants ne semblent pas effrayés et restent concentrés.
A Thessalonique, malgré la pluie, des milliers de personnes ont encerclé les locaux du sous-ministère du Nord de la Grèce.

14:29 (+2 GMT) Attaques massives de la police à Athènes, gaz lacrymogène et lances grenades (stand grenades ?) partout à Syntagma. Des pierres sont jetées contre la police et l’hôtel Great Bretagnia.

14:15 (+2 GMT) Les tensions perdurent Place Syntagma. Rue Akadimia, la police a utilisé des gaz lacrymo il y a quelques minutes. Les gens reviennent vers le Parlement et se préparent au bras de fer. Devant le Parlement, anarchistes et fascistes sont les uns à côté des autres à chanter des slogans, la situation est vraiment très tendue pour l’instant.

14:00 (+2 GMT) De plus en plus de préfecture sont occupées : le QG de la préfecture de Grèce centrale (Lamia), Crète, Corfou et Syros.

Des anarchistes ont découvert parmi eux un flic en cagoule avec des cocktails molotov. Pendant ce temps, d’autres manifestants (dont des fascistes) commençaient à accuser les anarchistes d’être des flics infiltrés, et à les attaquer. Un cocktail molotov a été jeté sur les lignes de police devant le Parlement.

13:50 (+2 GMT) Affrontements entre la police et les manifestants rues Rigilis et Amalias. Des centaines de manifestants continuent à s’affronter devant le parlement. Au moins un manifestant gravement blessé devant l’hôtel Grande Bretagne.

13:34 (+2 GMT) Île de Syros : Les locaux de la préfecture de Ermoupolis sont occupés par les manifestants.

13:18 (+2 GMT) Place Syntagma : Quelques manifestants jetaient des pierres aux forces de police devant le parlement et un groupe de fascistes a essayé de les en empêcher : il y a eu des affrontements entre anarchistes et fascistes devant le parlement. Les anarchistes et quelques autres manifestants ont réussi à repousser les fachos, mais la police gaze les manifestants.

Vers 13:00 (+2 GMT) Ioannina: Environ 70 manifestants ont tenté d’occuper la préfecture. 15 d’entre eux ont réussi à entrer et de petits affrontements ont éclaté à l’intérieur du bâtiment. Les forces de police ont encerclés le bâtiment mais un groupe de 150 manifestants, en solidarité avec ceux qui ont réussi a entrer ont combattu et repoussé les escadrons de police.

12:44 (+2 GMT) Lamia, centre de la Grèce : Les syndicats de travailleurs occupent les locaux de la préfecture – la même chose se passe à la préfecture de Crète.

12:36 (+2 GMT) Serres, Nord de la Grèce : A la fin de la manifestation l’Assemblée Populaire Ouverte de la place Eleftherias a décidé unanimement d’occuper la mairie. Elle sera occupée jusqu’à 17h, heure à laquelle une nouvelle Assemblée aura lieu.

12:16 (+2 GMT) Athènes: Tensions devant le mur de plexiglas tenu par la police depuis ce matin à Vasilis Sofias Av. Les manifestants ont commencé à pousser le mur et la police a utilisé des gaz lacrymo.

11:30 (+2 GMT) Thessalonique : Les bases syndicales ont commencé leur manifestation de Kamara et se dirigent vers le Centre du Travail de Thessalonique. Plus de 1000 personnes participent à la manif.

11:56 (+2 GMT) Trikala : La manifestation d’environ 150 gauchistes, “indignés” et anarchistes vient juste de finir. La manifestation a commencé au Centre du Travail de la ville et a fini devant la préfecture (en la bloquant pendant une heure).

11:25 (+2 GMT) Egio, Achaea (ouest de la Grèce) : Plus de 400 manifestants sont sur la place centrale d’Egio, sur le point de commencer à défiler dans les rues de la ville.

11:12 (+2 GMT) Un groupe de manifestants qui venait du quartier de Zografou a été bloqué bloqué et immobilisé par les forces Delta (venues en nombre) à Evangelismos. Les 10 manifestants arrêtés ce matin ont été relâchés.

10:34 (+2 GMT) Au moins 10 manifestants arrêtés et un blessé au blocus de Vasileos Konstantinou Ave et rue Rizari. Les manifestants ont réussi à faire reculer les voitures des CRS. De petits groupes bloquent la plupart des petites rues autour du Parlement. Il y a besoin de renfort au blocus du stade Panathenean.

10:14 (+2 GMT) Il y a déjà énormément de monde devant le Parlement à Syntagma. Il est conseillé à ceux qui descendent dans la rue maintenant de ne pas se diriger vers Syntagma, mais d’aller plutôt soutenir les blocus périphériques (Evangelismos, stade Panathenean).


Attaques fascistes repoussées pendant la manifestation du 15 Juin 2011



Source : Indymedia Athènes.
Traduction : Contra-info.net


[Fil d'info tiré des brèves du désordre -site de Cette Semaine- :
articles de "Leur Presse"]

Grèce : grève générale et premiers affrontements (malgré les "Indignés")
(Le 15 juin 2011)

A Athènes, affrontements entre jeunes et policiers en marge de la manifestation

LEMONDE.FR avec AFP | 15.06.11 | 16h03

A Athènes, des affrontements ont opposé mercredi 15 juin un groupe de près de 200 jeunes à des policiers en marge d’une manifestation contre un nouveau plan de rigueur annoncé par le gouvernement. Selon une source policière, sept personnes ont été blessées dans ces affrontements, dont un policier.

Les forces antiémeute, déployées en nombre en ce jour de manifestation, ont fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants des abords du Parlement. Ces derniers ont répliqué en jetant à leur tour des cocktails Molotov, des pierres et autres projectiles sur un cordon de policiers.

Le face-à-face entre jeunes et policiers, traditionnel dans toutes les manifestations en Grèce, a duré au moins une heure dans les rues près du Parlement. La manifestation a été cependant relativement calme. Les Indignés, le mouvement protestataire populaire et pacifique, qui campe depuis trois semaines sur la place Syntagma, appelait en effet les manifestants à rester sur les lieux "pacifiquement".

GRÈVE GÉNÉRALE TRÈS SUIVIE

Selon la police, plus de 20 000 personnes ont manifesté au total à Athènes, alors que la ville était paralysée par une grève générale observée par les principaux syndicats. Une forte mobilisation a été observée, notamment dans le secteur public et les transports maritimes et urbains. Les médias grecs évoquent pour leur part une manifestation qui aurait rassemblé plus de 40 000 personnes.

Le projet du gouvernement est inclus dans un plan budgétaire de moyen terme (2012-2015), dicté par les créanciers du pays, l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), qui, de leur côté, peinent à se mettre d’accord sur une nouvelle aide au pays requise par une situation financière critique.


Grèce : les manifestants restent place Syntagma, malgré le gaz lacrymogène

AFP / 15 juin 2011 16h38

ATHENES - La police a brièvement tenté mercredi de reprendre le contrôle de la place Syntagma devant le Parlement à Athènes en tirant des salves de gaz lacrymogène qui ont éparpillé la foule sans la faire partir, des manifestants continuant de protester contre les mesures d’austérité.

La police réagissait à une attaque d’un groupe de jeunes qui avaient jeté auparavant des cocktails Molotov, des pierres et divers autres projectiles sur des membres des forces antiémeutes en marge d’une manifestation des syndicats, qui observaient une grève générale contre un nouveau plan de rigueur, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Au total, au moins douze personnes ont été blessées à Athènes mercredi, ont annoncé des sources officielles.

En milieu d’après-midi, la place Syntagma (de la Constitution, NDLR), où campent depuis trois semaines des Indignés grecs, a été envahie de fumigènes et de gaz lacrymogènes fortement irritants, contraignant de nombreux manifestants à libérer les lieux, d’après les journalistes de l’AFP présents.

Mais, les Indignés, un groupe de résistance populaire qui se veut pacifique, hors parti et hors syndicats, et qui communiquent via des communiqués de presse envoyés aux rédactions, ont appelé les manifestants à rester sur les lieux.

Ils ont dénoncé le bombardement de la place par des gaz lacrymogènes, et une tentative de la police d’évacuer la place par la force.

Nous avons deux ou trois policiers qui sont dans une état grave, a affirmé un porte-parole de la police, Thanassis Kokkalakis, sur la chaîne de télévision Skai. L’un d’entre eux a été blessé à l’oreille par un pistolet d’alarme et un autre a perdu plusieurs doigts, a-t-il dit.

A l’intérieur du parlement, l’examen du projet de loi budgétaire pluri-annuel imposant de nouvelles mesures d’austérité controversées, doit commencer en commission dans l’après-midi.

Selon la police, plus de 20.000 personnes ont manifesté au total à Athènes, jour de grève générale observée par les principaux syndicats, qui a surtout affecté le secteur public et les transports maritimes et urbains.

D’après les médias, le nombre des manifestants était de 40.000.

Campant depuis trois semaines devant le parlement, les Indignés qui ont également manifesté à Barcelone mercredi contre d’autres mesures d’austérité envisagées par le parlement catalan, ne sont pas parvenus à réaliser leur projet à Athènes, qui était de former une chaîne humaine pour encercler le parlement grec. La police bloquait les rues avoisinantes et les accès au bâtiment, permettant seulement l’entrée des députés.


Grèce : les affrontements font au moins sept blessés

JDD,15 Juin 2011

EN DIRECT - Des milliers de Grecs manifestent dans les rues du pays mercredi. Ils tentent d’empêcher le vote d’un projet de loi budgétaire comprenant un nouveau plan d’austérité, qui commence à être examiné au Parlement à Athènes. Celui-ci prévoit une nouvelle coupe budgétaire de 28,4 milliards d’euros d’ici à 2015 afin d’obtenir une nouvelle aide extérieure. Suivez les manifestations minute par minute sur leJDD.fr.

16h00 : 20.000 manifestants dans la ville de Salonique Alors que la mobilisation bat toujours son plein à Athènes, la police a annoncé que 20.000 personnes s’étaient rassemblées dans la ville de Salonique, située au nord du pays.

15h35 : L’examen du projet de loi commence bientôt Alors que les manifestants entourent le Parlement, l’examen du projet de loi budgétaire tant controversé doit commencer en commission dans l’après-midi.

15h27 : Entre 100 à 200 jeunes contre les policiers

Selon les informations de l’AFP, les affrontements ont opposé les forces antiémeutes à un groupe de 100 à 200 jeunes, qui ont jeté des cocktails Molotov, des pierres et autres projectiles devant le parlement grec. Au moins sept personnes ont été blessées, dont un policier, selon une source policière. Le face-à-face a duré près d’une heure.

14h42 : Au moins 40.000 manifestants selon les observateurs sur place
Alors que la police annonçait 20.000 manifestants à Athènes, les médias et observateurs avancent le double de ce chiffre. Mais ce dernier reste tout de même inférieur à ceux des manifestations syndicales qu’a connu la Grèce durant le printemps. En revanche, contrairement aux traditionnels cortèges syndicaux, la foule rassemble cette fois-ci des citoyens de tout bord, qui ont répondu à l’appel des "Indignés" grecs, lancé le 25 mai dernier.

14h40 : Trois à sept personnes blessées

Après les ripostes policières avec des gaz lacrymogènes contre des groupes de manifestants qui essayaient de rompre le cordon de sécurité autour du Parlement, la foule s’est reformée sur la place Syntagma. Les animateurs du rassemblement ont tenté de dissuader des jeunes cagoulés de lancer des projectiles, en vain. A 13h, le ministère de la Santé décomptait trois blessés, tandis que les services d’ambulance en annonçaient sept.

14h07 : Des attaques contre le ministère de la Justice

Des manifestants ont lancé des engins incendiaires sur le bâtiment abritant le ministère de la Justice, située sur la place Syntagma, où se tient également le Parlement. Selon des reporters de l’agence Reuters, ces heurts ont opposé des dizaines de policiers à des manifestants. Des flammes ont été aperçues devant une entrée du ministère.

13h05 : Baroin "pas inquiet" pour les banques françaises Suite à l’intention de l’agence de notation Moddy’s d’abaisser la note de trois banques françaises du fait de leur exposition à la Grèce, François Baroin a déclaré que cela "n’inquiète pas" le gouvernement français. Selon son porte-parole, "les banques françaises sont parmi les grandes banques internationales les mieux notées actuellement, les plus solides, elles ont résisté à tous les tests internationaux".

13h01 : la commission européenne attentive à "la situation sociale"
La Commission européenne, via un de ses porte-parole, a indiqué qu’elle est attentive à l’aspect social des mesures d’austérité imposées à la Grèce. "La situation sociale en Grèce est au centre de nos préoccupations, pas seulement en ce moment mais depuis le début de la crise", a affirmé Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn. Il a néanmoins souligné qu’il "n’y a rien de plus antisocial que des comptes publics déséquilibrés"

12h52 : le Premier ministre va "assumer ses responsabilités"
"Nous assumons nos responsabilités envers le peuple et le pays", a indiqué Georges Papandreou en arrivant au palais présidentiel avant une rencontre avec le président Papoulias. "Il faut un effort national car nous sommes à un moment historique crucial", a ajouté le Premier ministre grec. Papandreou a également assuré rechercher un consensus avec l’opposition alors que la presse indiquait ces derniers jours qu’un remaniement pourrait se faire avec la constitution d’un gouvernement d’union nationale.

12h26 : gaz lacrymogènes contre les manifestants
La police grecque a fait usage de gaz lacrymogènes contre les manifestants rassemblés devant le parlement à Athènes, indique l’agence Reuters. Les protestataires ont lancé des pierres et des yaourts sur les forces de l’ordre situé autour du bâtiment.

12h09 : des milliers de manifestants devant le Parlement Des milliers de Grecs sont dans les rues d’Athènes à la mi-journée. Equipés pour certains de trompettes, de casseroles et de sifflets, la foule s’est regroupée autour du parlement grec. Selon la police, plus de 20.000 personnes manifestent dans la capitale.

09h00 : les cortèges affluent
Des centaines de manifestants appartenant au mouvement des "indignés" sont sur la place centrale de Syntagma, où se situe le Parlement. Des drapeaux grecs et espagnols sont brandis, ainsi que des banderoles sur lesquelles sont écrits les mots "No pasaran" ("Ils ne passeront pas" en espagnol) ou "Résistez". Des dizaines de véhicules de policiers sont stationnés sur la place afin de permettre aux députés d’accéder au bâtiment pour examiner le projet de loi budgétaire. Plusieurs rues dans le centre de la capitale sont fermées à la circulation et aux piétons.

08h19 : l’euro "ne dépend pas" de la Grèce
Malgré la grave crise que subit la Grèce, ajoutée aux problèmes du Portugal et de l’Irlande, le destin de la monnaie européenne ne dépend pas de ces pays, a estimé Jürgen Stark, l’économiste en chef de la Banque centrale européenne. "La Grèce contribue pour 2,5% à la création de valeur" de toute la zone euro, "si vous ajoutez le Portugal et l’Irlande on arrive à 6%", a-t-il expliqué dans un entretien à la radio allemande Deutschlandfunk.

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[Grèce - Heraklion, Crète] Des antifascistes combattent des merdes néo-nazis dans la rue



Dans l’après-midi du mardi 31 mai, nous avons entendu un groupe de néo-nazis qui étaient dans le quartier d’Analipsis au centre ville d’Heraklion. Par réflexe d’action, nous nous sommes immédiatement réunis sur les lieux et avons contre-attaqué les néo-nazis. La conséquence naturelle de cette action, a été la fuite des nostalgiques de l’époque d’Hitler abandonnant l’un de leur groupe. Nous avons à peine frappé cette petite merde, du fait qu’il était trop jeune.

Cette contre-attaque est une part de notre action antifasciste plus large que ce simple incident. Comme des attaques isolées contre des immigrés ont eut lieu par le passé, nous affirmons clairement que nous n’allons pas permettre un autre rassemblement public de fascistes ou tout autre type de présence fasciste dans la ville dans lequel nous vivons.

Afin de nous protéger nous avons couvert nos visages, car nous savons que des caméras de vidéosurveillance sont dans le quartier, ainsi que pour éviter d’éventuelles rencontres désagréables avec des proxénètes [roufianoi] ou des flics en civils.

PS: La confidentialité ne caractérise pas les néos-nazis qui parlent beaucoup trop dans « leurs conversations amicales »…

Source: Indymedia Athènes

Traduction : Contra-info.net

[Affiche] "Pas de pogroms dans nos quartiers"

[Traduction d'une affiche grecque produite par des résidents du quartier des rues Kypseli-Patissia-Acharnon, à Athènes, suite aux diverses attaques fascistes de ces dernières semaines -dont le meurtre d'un migrant pendant la journée de la grève générale du 15 Mai dernier-.]


Ne permettons pas des progroms
fascistes et racistes dans nos quartiers !

ESPACES PUBLICS OUVERTS POUR TOUS

SANS DISCRIMINATIONS SOCIALES

Lutte commune des locaux et immigrés, travailleurs, sans emplois, jeunes
contre l’exploitation, la pauvreté, la peur et le racisme

SI NOUS NE RESISTONS PAS DANS TOUS LES QUARTIERS LES VILLES DANS LESQUELLES NOUS VIVONS DEVIENDRONS DES PRISONS MODERNES

Aucune tolérance envers les gangs fascistes

Tous à la Place Amerikis

RASSEMBLEMENT lundi 13 juin 2011 à 6H00

Collectifs et résidents de Kypseli-Patissia-Acharnon


Source : Contra-info.net

[Grèce] Anarchistes... Antifascistes !

Guerre par tout les moyens contre l'Etat et les fascistes !

Aujourd’hui la lutte antifasciste pour la résistance et l’autodéfense des locaux et des immigrés est plus que jamais nécessaire. Les derniers mois, la guerre de l’état, des patrons, des fachos et des patriotes «indignés» contre les couches sociales les plus pauvres, celles en minorité ou/et marginalisées, s’intensifie. Les incidents de violence raciste et fasciste suivants, sont seulement quelques exemples de tout ce qu’il se passe quotidiennement à travers la Grèce, mais n’est que rarement publié.

Igoumenitsa: Depuis le mercredi 8 juin, des centaines d’hommes des forces antiémeutes ont bloqué le campement d’immigrés et de réfugiés situé dans la montagne près du port d’Igoumenitsa. Dans le camp, des dizaines de familles de demandeurs d’asile politique et d’immigrés économiques, séjournent dans des conditions misérables ; parmi eux de nombreux enfants. Les immigrés et réfugiés démunis n’ont aucun accès à la nourriture, à l’eau et à tout l’essentiel pour survivre et en même temps ils se font arrêter et transférer dans des centres de détention dans toute la Grèce.

L’invasion du 8 juin, à partir de 5.30 du matin, semble être le point culminant de leur persécution par les «chiens» du pouvoir et une grande partie de la population à tendance fasciste d’Igoumenitsa, a décidé de coopérer avec la branche politique et les groupes de choc de l’organisation néo-nazie, «L’Aube Dorée» (Chrysi Avyi) et des autres néo-fascistes. Il est à noter qu’il eut lieu un rassemblement raciste de presque 500 xénophobes, le 3 mai, dans le port d’Igoumenitsa, ainsi qu’une attaque commune des flics et des néonazis contre les immigrés et les personnes solidaires lors du rassemblement. Le squat «Cellule de la Liberté» fut envahi le lendemain par des néonazis. Cette invasion fut accompagnée du tabassage des gens qui se trouvaient présentes. Le nombre d’immigrés et de réfugiés arrêtés ainsi que le nombre de blessés suite à cette récente opération répressive, restent indéterminés.

Patra: Des organisations d’habitants sympathisants du parti d’extrême droite LA.O.S. ont appelé à protester devant les bureaux de la confédération des associations culturelles de la préfecture d’Achaïe, le 8 juin, à 20.00. Dans un deuxième temps, un appel de l’organisation néonazie «L’Aube Dorée» fut diffusé à travers Facebook, pour un rassemblement près du point de la première protestation et une heure plus tôt. Au total, environ 100 personnes d’extrême droite ont fait une marche de 100 mètres.

Des antifascistes s’étaient rassemblés/ées à partir de 17.30 près du campement des immigrés pour protéger l’endroit des fascistes et y sont restés/ées jusque tard dans la nuit, jusqu’à ce que le rassemblement fasciste se termine. Plus tôt, des dizaines d’antifascistes ont attaqué un local où est déposé du matériel imprimé de propagande raciste et fasciste et l’ont détruit. Une fois de plus, les forces policières ont prêté main forte aux racistes et néonazis.

Deux incidents révélateurs de cette coopération :

La première, la présence de 15-20 personnes du para-état (ou très probablement des policiers en civil) hors du club «Navajo» des supporters de Panahaiki (N.d.t. une équipe de foot)-les supporters sont connus pour leurs actions antifascistes dans le stade et en dehors.

Le deuxième, deux antifascistes, un membre de l’EEK (Parti Ouvrier Révolutionnaire) et un autre compagnon, furent conduits au commissariat par les hommes de la force DIAS (policiers à moto).

En particulier dans le quartier Zarouchleika de Patra, des fascistes «protestent» pour le transfert du port au sud-ouest de la zone côtière et le déplacement par conséquent des immigrés dans la région.

Distribution de tracts dans Athènes

Centre d’Athènes: Action antifasciste a eu lieu, le 8 juin, par les collectifs «Kathodon», «Groupe de Communistes Libertaires» et les «Anarchistes Pour la Libération Sociale» dans les zones du centre historique d’Athènes. Anarchistes de ces 3 collectifs mais aussi de nombreux compagnons/es ont distribué des tracts aux passants et dans les maisons et les magasins, sur la route entre la rue Marnali et la Place de Metaxourgio en passant par la Place Vathis, ainsi qu’au marché ouvert d’Agiou Paulou. La distribution s’est terminé dans la rue Ipirou. Plusieurs milliers de textes furent distribués, particulièrement dans le marché ouvert, et des slogans fascistes furent effacés.

Egaleo, Attiki: Le squat Sinialo a appelé au blocage du café De Facto à Egaleo en réponse au tabassage sauvage d’un immigré qui travaillait dans le café. L’immigré fut tabassé par le proprio l’après-midi du lundi 30 mai, lorsqu’il a demandé son payement. Les flics arrivés sur le lieu de l’attaque, n’ont non seulement engagé aucune poursuite contre le proprio du café, mais ont conduit au commissariat un des compagnons qui sont venus en solidarité avec l’immigré. A minuit, un grand nombre de personnes solidaires se sont rassemblés devant le Commissariat A’ d’Egaleo, exigeant la libération du compagnon. Cependant, le compagnon a été mis en garde à vue, par vengeance, et transféré à GADA (Quartier Général de la Police d’Athènes).

Le lendemain matin, il fut libéré et les flics ont lancé un téméraire «Désolés, on avait tort..». De plus, selon le syndicat des serveurs et cuisiniers, ce proprio a refusé plusieurs fois de payer ce qu’il doit à ces employés et il dit partout que la «protection» de son magasin fut prise en charge par l’Aube Dorée (Chrysi Avyi, organisation fasciste).

A suivre !


Source : Contra-info.net

samedi 11 juin 2011

04/06/2011 - Manifestation anti-répression à Berne [Suisse]

[Appel à la manifestation anti-répression de Samedi dernier (04 Juin) à Berne - Suisse]

BERNE : Manif anti-rep le 04 Juin 2011

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1307251973.jpg

L’Etat cherche à se légitimer en promettant de la sécurité à ses citoyenNEs. Les mécanismes de surveillance et de répression n’ont pourtant pas été développés afin de servir les intérêts de tout le monde, mais afin de protégér les structures étatiques et de nous restreindre.

On est forcé de nous intégrer dans les structures et de nous adapter. La répression commence de manière subtile par des manières de penser préscrites et elle est omniprésente. La répression amène la plupart des gens à se résigner face aux réalités. Les idées et les idéals sont étouffés dans l’oeuf.

La violence constitue la réponse contre les gens qui veulent un monde meilleur, critiquant donc le système politique et économique et luttant contre celui-ci. Ils sont surveilléEs, persécutéEs et incarcéréEs. Malgré tout ça, il y en a encore qui luttent pour des changements dépassant l’horizon de leur propre vie.

Tant qu’on est solidaire, la répression ne brisera pas notre résistance.

La répression concerne tout le monde. Défendez-vous !

Pour la révolution sociale

Dehors pour la manif anti-rép le 4 juin 2011 à 16h devant la Heiliggeistkirche (à côté de la gare) à Berne.

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[un communiqué publié sur "Indymedia Suisse Allemande" ainsi qu'un communiqué de l'Autonome Volxbibliothek Infoladen. Le tout traduit par les camarades du "Réveil".]

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Le 4 juin à 16h, environ 300 personnes se sont rencontrées à la Heiliggeistkirche pour manifester contre la répression étatique et la violence policière.

Pour plus d’infos par rapport aux raisons pour lesquelles la manif a été faite, voir l'appel [ci-dessus - "BERNE : Manif anti-rep"].

Le déroulement de la manifestation renforce nos accusations et notre colère sur l’appareil de répression étatique. A côté de la mairie, deux fourgons ont été bosselés et taggés, mais ils n’ont même pas été rendu inutilisables (plus tard, des gens ont été emmenés là-dedans). Pour la police une raison suffisante de régler leurs comptes avec la manif dans la Junkergasse, loin des rues commerciales et des terrasses de cafés. La police a formé une rangée lorsque la manifestation s’approchait, une autre unité policière poussait les manifestantEs en avant et barrait le chemin du retour. Sans raison, la police a employé massivement des balles en caoutchouc (jusqu’à une distance de 2 mètres à la hauteur des têtes), du spray au poivre et du gaz lacrymogène. Ensuite, quelques bouteilles ont été lancées par les manifestantEs. Malgré le fait, que nous, on n’a pas employé une violence considérable, la police nous a matraqués lors du heurt et a même lancer des chiens aux trousses de celles et ceux se trouvant au premier rang.

Après de nouveaux basculements et un emploi massif de matraques et de sprays au poivre, des directives incompréhensibles ont été adressées aux manifestantEs à l’aide d’un mégaphone policier – probablement la directive de dissoudre la manifestation ce qui n’était plus possible à ce moment-là car toutes les sorties été bloquées par les flics et ils ne laissaient plus passer personne.

La police a gardé toute la manifestation encerclée, mais jusqu’à ce que les premiers/-ières manifestantEs aient été emmenéEs, au moins une heure était passée. Tous les gens à l’intérieur (env. 200) ont été emmenés au poste à Neufeld. Là-bas, on a de nouveau dû attendre ligotéEs au moins quatre heures dans les fourgons. CertainEs avaient des blessures à la tête, quelqu’un avait une fracture ouverte du bras, d’autres ont dû vomir peu avant à cause du spray au poivre. Ils ont refusé à tout le monde d’aller aux toilettes et de boire de l’eau. A certaines personnes, l’administration de médicaments a été refusée. Des mineurs n’ont pas pu contacter leurs parents et ont été gardés jusqu’à six heures au poste.

Derrière les brimades, on ne voit pas d’autre sens que celui que le pouvoir étatique espère nous dissuader de combattre la répression par plus de répression. Mais nous ne nous laissons pas faire, la solidarité entre nous et avec touTEs celles et ceux faisant avancer la lutte révolutionnaire nous rend fortEs.

Cet incident nous confirme une fois de plus la nécessité de continuer notre lutte et de nous défendre ! Cette violence de la part de la police ne sera ni oubliée, ni pardonnée de notre part. Les flics aussi, ils ont des noms et des adresses.

La répression nous concerne toujours.

Pour la révolution sociale.

Source : Indymedia suisse allemande

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Réunions anti-rép à Berne après la manif du 4 juin

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Lors de la manifestation anti-rép du 4 juin, de nombreuses personnes (d’après nos informations, 186) ont été arrêtées. Puisque la répression vise toujours l’atomisation et l’intimidation, une des armes les plus importantes dans la lutte contre celle-ci est la solidarité commune. C’est pourquoi, l’anti-rép de Berne organise des réunions pour les personnes concernées par la répression lors de ce rassemblement.

Surtout parce qu’il faut s’attendre à plus de répression (plaintes, amendes, etc.) après les nombreuses arrestations lors du rassemblement, deux rencontres auront lieu dans les semaines suivantes lors desquelles les personnes concernées par la répression peuvent discuter et voir comment y réagir ensemble.

Les personnes ayant été arrêtées et/ou blessées lors de ce rassemblement sont priées de venir à une des rencontres. Les deux rencontres se dérouleront de la même manière et seront dédiées aux mêmes question, il n’est donc pas nécessaire de participer aux deux. Celles et ceux ne pouvant participer à aucune des deux rencontres, mais qui ont été arrêtéEs et/ou blesséEs, sont priéEs de se manifester par mail afin que personne ne soit oublié.

Les réunions auront lieu le

- Dimanche 12 juin 2011 à 16h

- Dimanche 18 juin 2011 à 16h

Les deux rencontres auront lieu à Berne. Les personnes voulant y participer sont priées de s’annoncer par mail. Le lieu précis est communiqué sur demande.

Le téléphone anti-rép (077 414 99 60) restera également allumé un moment, des questions éventuelles peuvent donc également être posées par téléphone.

Toutes les personnes ayant été concernées par la répression lors de ce rassemblement sont priées de nous envoyer un témoignage par mail (s’ils ne l’ont pas encore fait). Il est important que des informations confidentielles ne soient communiquées que dans des mails cryptés ! Sinon, il y a aussi la possibilité de donner les témoignages à l’infokiosque de la Reithalle (dans une enveloppe fermée, anti-rép marqué dessus) ou de les envoyer par poste.

Autonome Volxbibliothek Infoladen

zuhanden Antirep

Postfach 5053

CH-3001 Bern

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lundi 6 juin 2011

Kanellos et Lukanikos : les chiens errants en Grèce et le mouvement révolutionnaire.

Quiconque a déjà vu plusieurs photographies ou vidéos des manifestations et émeutes en Grèce a forcément vu "Lukanikos et Kanellos". Ces deux chiens, dont le premier serait décédé d'une maladie de vieillesse (paralysie des pattes arrières), ont "participés" à l'essentiel des manifestations et rassemblements de ces dernières années à Athènes depuis 2008.

Mythes modernes et conditions d'existences pour les animaux

Kanellos
(-signifiant "Cannelle", de la couleur de son pelage- est parfois vu comme le "successeur" de Lukanikos, parfois appelé par ignorance "Kanellos 1"), qui est souvent apperçu aujourd'hui encore dans les manifestations athéniennes, et qui est devenue lui aussi une sorte de "mascotte révolutionnaire" : surnommé "The riot dog" un peu partout à l'étranger ("Le chien émeutier") ou encore "El Perro Piquetero" en espagnol (en référence aux piqueteros argentins) comme Lukanikos. Ces chiens, avant d'être des symboles un peu fantoches, sont aussi des êtres sensibles.

Dans la presse traditionnelle (ici Libération ou d'autres journaux "de gauche") comme dans les médias alternatifs, ou sur des blogs, des dizaines d'articles ont déjà été écrits à leur sujet (ou sur l'un d'eux). Outre le "mythe révolutionnaire romantique" plusieurs camarades dans divers pays, et même ici, ont pointé le fait que l'émeute, avec ses grenades incapacitantes, assourdissantes et ses gazs lacrymogènes et gazs CS, ses cocktails molotovs et ses pavés (lorsqu'on sait qu'il est arrivé par inadvertance que des camarades soient touchés par des "tirs amis") ainsi que ses flics ne sont pas vraiment une place de choix pour des animaux vulnérables.

Au delà de la symbolique du "chien enragé" ou du "chien rebelle", il faut voir à quel point il est peu responsable, d'un point de vue individuel ou collectif, de laisser un chien se promener dans une émeute en Grèce (ou ailleurs) vu les risques et parfois la violence des affrontements : notamment ces dernières semaines où de nombreux camarades et compagnon-e-s à Athènes et ailleurs ont subit une violence policière et une répression judiciaire féroce, ainsi que des attaques fascistes sur des squats, lieux de vie et de lutte, centre sociaux, etc... tout celà pendant et suite à la grève générale du 15 mai dernier.

Le fait de prendre soin des animaux et de les préserver des dangers qui les menaces face à l'idéologie de la haine des faibles est aussi une exigence révolutionnaire dans une société basée sur l'exploitation animale, la domination sur les animaux et la violence systématique à leur égard, et cette critique n'est pas qu'une question de point de vue "éthique".

En effet, la situation grecque est en la matière assez singulière : on compte des centaines de chiens et de chats errants, dont beaucoup à Athènes ( ou à Salonique (Θεσσαλονίκη, prononcé [Thessaloníki̱] ). Souvent, ils subissent des tortures, des gens laissent trainer de la "mort aux rats" ou de la nourriture empoisonnée pour les tuer. D'autres (comme en france ou ailleurs en europe), dans un accès de barbarie, leurs coupent les oreilles, leurs font subir des brûlures ou leur crèvent les yeux.


Chats noirs, chiens rouges... de Bucarest à Athènes.

La situation de ces chiens et chats errants pourtant y est différente d'un pays comme la Roumanie. Les chiens errants de Bucarest sont beaucoup plus nombreux et souvent moins "apprivoisés". Comme ils subissent globalement plus de violences, de rejet et que les gens sont plus pauvres et les nourrissent peu, les chiens sont plus agressifs, moins socialisés, les chats sont peureux, craintifs, et contractent des maladies et ces animaux ont subit depuis plus de 10 ans plusieurs vagues d'euthanasie. Depuis, suite à des luttes contre l'euthanasie et les souffrances infligées au animaux, une solution de "rechange" à été trouvée, et on encourage ainsi à la stérilisation.

Comme toujours dans les villes, la situation des animaux errants y est le fait de la main humaine et même de décisions politiques. Le problème a pour cause la décision, à l'époque de Ceausescu, de démolir des milliers de maisons de Bucarest pour les remplacer par des immeubles.

La grande majorité des habitant-e-s de ces maisons avaient des chiens car traditionnellement, à la campagne ou à la ville, les propriétaires de maisons individuelles possédaient un chien.

La présence des chiens dans les immeubles ayant été interdite, ces animaux se sont retrouvés dans la rue, abandonnés et affamés, et se sont reproduit par milliers.

La situation grecque, si elle n'est pas beaucoup plus enviable pour les animaux, y est, d'un point de vue qualitatif, sensiblement différente pour les chiens et chats errants.

En effet, si (comme dans la plupart des pays occidentaux) les animaux (même de "compagnie") y sont souvent maltraités, exploités ou tués et que les chiens y meurent intoxiqués par des boules de poison, torturés ou heurtés par des voitures, leur situation n'est pas la même qu'en Roumanie ou même qu'en France.

Déjà, beaucoup de chiens ne sont ni vraiment "errants" ni ne possèdent de "maitre" attitré (ou ont un "maitre" officiel mais que plusieurs personnes s'en "occupent"). Beaucoup vivent en étant accompagnés d'un groupe d'ami-e-s qui s'en partagent les soins et l'entretient, dans un lieu de vie en commun, dans une collocation ou encore dans les squats et font d'une certaine manière, souvent partis de la vie communautaire. De là à dire que ces animaux soient libérés ou "affranchis" ou qu'ils vivent bien, il y a encore du chemin à faire : mais paradoxalement à cette situation de négligence qui font que des chiens se retrouvent dans des situations dangereuses et nocives qu'ils ne comprennent pas (comme les émeutes), beaucoup de jeunes (ou moins jeunes) recueillent ces chiens et chats et s'en occupent collectivement, les vaccinent, les nourrissent et les soignent.

Malheureusement peu au regard du nombre de chiens et chats tués chaque année ou qui meurent de faim, ou de mauvais traitements : mais il existe en germe une culture de défense et de protections des animaux au quotidien (à défaut de perspectives plus radicales de libération animale, même si une partie des anarchistes et autres révolutionnaires en Grèce sont vegans ou au moins végétariens et que plusieurs individus défendent ces idées et pratiques).

Une campagne d'euthanasie massive avait été organisée avant les J.O d'Athènes de 2004 par la mairie pour "nettoyer les rues", qui avait suscité une forte réprobation, car même si les chiens errants posaient question, la solution -purement économique- a été perçue à juste titre comme un élan de barbarie contre ces animaux.

Depuis, des associations ou de simples individus ont souvent pris sur eux et elles de recueillir ces animaux et de s'en occuper. En effet, les colliers bleus ou oranges comme ceux que portent Kanellos ou Loukanikos signifient que quelqu'un-e (ou plusieurs personnes) les ont fait vaccinés et qu'ils sont répertoriés (et ne doivent donc pas être euthanasiés si ils sont ramassés par la fourrière).

La situation des animaux, même ceux dits "de compagnie", est toujours le reflet de la manière dont on traite les êtres humains, et donc de l'idéologie et de la société en place.

C'est pour ça que dénoncer la situation des animaux, les défendre, les protéger, les soigner et libérer de la domination humaine est toujours une exigence révolutionnaire !

Contre les violences policières et la répression judiciaire infligées aux camarades et compagnon-e-s grecs !

Contre l'exploitation, la maltraitance, la torture et l'euthanasie infligées aux animaux !


Liberté pour tous et toutes : jusqu'à ce que la dernière cage soit vide !


Libération animale et révolution sociale : une même lutte, un seul but !



Le Cri Du Dodo

samedi 4 juin 2011

"Qu'est-ce que Le Rémouleur ?" + Programme de Juin 2011


Le Rémouleur est un lieu ouvert pour se rencontrer, échanger et s’organiser. On peut s’y réunir, boire un café et discuter, lire, écrire des tracts, trouver des infos... S’organiser collectivement, hors des syndicats, des partis et des structures hiérarchiques. Pouvoir se donner des armes pour le futur par la diffusion d’idées et de pratiques, en discutant et en confrontant nos positions politiques. Apporter force et consistance aux luttes présentes et à venir. Parce que, nous voulons transformer radicalement cette société, ni plus ni moins ! Tendre vers un monde sans exploitation ni domination, sans État ni frontière, sans argent ni propriété privée...

Le local contient une bibliothèque dont la plupart des livres peuvent être empruntés. Des films sont également accessibles. Des tracts, brochures et affiches ainsi qu’un fond d’archives sont à disposition. Chacun peut amener des tracts, des affiches, des bouquins, des films...

Permanences les lundi et mercredi de 16h à 20h, et le samedi de 12h à 17h.

LOCAL LE RÉMOULEUR
106 rue Victor Hugo 93170 BAGNOLET
leremouleur ((A)) riseup . net

Texte de présentation du Rémouleur (tract pdf).


LE PROGRAMME DU MOIS DE JUIN 2011 :

format affiche ou format flyer

Mercredi 8 juin - 19h30
Comment se défendre en garde-à-vue ?
Au 1er juin, la nouvelle loi sur la garde-à-vue entre en vigueur. Depuis le 15 avril, quelques nouveautés ont déjà été introduites, en particulier l’intervention d’un avocat lors des auditions. Cette discussion sera l’occasion de donner quelques précisions sur ce qui change, mais aussi de faire quelques rappels sur la garde à vue en général, et surtout d’essayer de réfléchir ensemble sur les possibilités individuelles et collectives de refus : se taire, refuser de donner son identité, ne pas donner ses empreintes, son Adn, etc...

dimanche 12 juin - 18h
“La raison du plus faible” film de Lucas Belvaux (2006)
C’est une histoire où l’argent manque ici, est trop visible là. C’est l’histoire d’hommes qui vont prendre des armes pour aller chercher l’argent là où il est, dans la poche d’autres car ils pensent qu’ils en ont le droit ! Une histoire sans bons et sans méchants. Une histoire de forts et de faibles. Où chacun a ses raisons, où chacun choisit son camp.

mardi 14 juin - 19h
Discussion sur les centres d’hébergement d’urgence et de réinsertion sociale - 2
3ème discussion du cycle de réflexion sur la ville. Nous continuerons à nous intéresser aux dispositifs mis en place par l’Etat pour gérer et contrôler les populations pauvres ou précaires habitant la métropole. Le CHRS du Pré-Saint-Gervais, lieu de cette seconde enquête radiophonique, donne une image de l’organisation du travail dans la grande métropole. Ici, la plupart travaillent ou cherchent un emploi, dans toute la région parisienne et dans les secteurs d’activités les plus précaires : vigile, cariste, aide à domicile, ménage en entreprise, trieur de nuit, jardinier, etc. Depuis ce constat, nous réfléchirons sur le rôle donné à l’insertion professionnelle dans l’organisation des centres d’hébergements. Et sur la manière dont l’emploi organise le temps des résidents.
“Le foyer donne l’impression de ne pas avoir de dedans, de n’être qu’un maillon de l’organisation du dehors, de la ville et des normes qui l’organisent.”

vendredi 17 juin - 19h
Discussion sur le contrôle domiciliaire CAF
« On a le choix entre, être en règle avec les critères de la CAF et aller au « Resto du cœur », ou être ceux que la CAF appelle fraudeurs ».
Le collectif de chômeuses, chômeurs et précaires à Montreuil « Les CAFards », présente un travail de recherche et de réflexion sur les contrôles au domicile effectués par la CAF. C’est quoi un contrôle domiciliaire ? Comment ça marche ? Comment s’en « défendre » ? Quelle place pour l’action collective ? Ça veut dire quoi être fraudeur ?
Après cette présentation, on prendra le temps pour échanger sur des expériences pratiques et comment réagir collectivement face aux administrations.

dimanche 26 juin - 18h
discussion “Comment lutter ensemble lorsqu’on ne partage pas les mêmes conditions matérielles et les mêmes intérêts ?”
Différentes personnes se retrouvent souvent sur des luttes alors qu’elles ne partagent pas las mêmes intérêts, les mêmes conditions matérielles, les mêmes statuts... Par exemple, certains revendiquent un logement ou des papiers, d’autres en ont déjà.
Quelles articulations peut-on imaginer construire entre les différents groupes pour parvenir à lutter ensemble sans nier nos différences de situation ? Si l’enjeu est qu’il n’y ait pas deux groupes complètement séparés, l’un qui lutte, l’autre qui ne ferait que “soutenir”, “aider”, “être aux côtés de”, comment fait-on pour dépasser ces positions . _ Mais l’enjeu est-il toujours celui-là ?

Permanence « Sans papiers : s’organiser contre l’expulsion »
Tous les 1er samedi du mois, lors des permanences vous pourrez discuter et rencontrer des personnes ayant participé à la brochure : « Sans papiers : S’organiser contre l’expulsion. Que faire en cas d’arrestation ? » (disponible sur http://sanspapiers.internetdown.org).
Il s’agit d’un guide pratique et juridique, écrit à partir d’expériences de luttes de ces dernières années, pour s’organiser contre les expulsions :


> De l’arrestation à l’aéroport, connaître et utiliser les procédures juridiques pour tenter d’obtenir la libération des personnes interpellées.


> S’organiser collectivement pour mettre la pression sur la préfecture, les tribunaux, les consuls...




vendredi 3 juin 2011

"Démocratie réelle" et "indignation" selective.

[Plusieurs textes critiques sur les actuels mouvements dit des "indigné-e-s" (en france), ou encore pour la "démocratie réelle" (ailleurs), posant plusieurs pistes de réflexions sur ce qui, derrière tout un lot de bonnes intentions et quelques initiatives intéressantes, ressemble de plus en plus à une nouvelle impasse citoyenniste d'envergure].

Combien d’amis le pacifisme compulsif a sur facebook ?
[Grèce - 25 Mai 2011]

Le 25 mai depuis l’après-midi près de 40000 genre de néo-grecs ont rempli la place Syntagma validant ainsi de la pire des manières lemémorandum de la troïka, les mesures d’austérité et le privilège de l’exclusivité quand à l’usage de la violence de la part de l’état.

Hier, des nécrophiles petits bourgeois, on pris place là ou il y a tout juste deux semaines l’état attaquait férocement la manifestation de la grève du 11 mai établissant le record de centaines de têtes ensanglantées, et envoyant le manifestant Yannis Kafkas à l’hôpital dans le coma; quelques jours plus tard, un peu plus loin de Syntagma eut lieu une sans précédente ascension de violence raciste et de cannibalisme social –dans d’autres quartiers déclassés du centre d’Athènes se répétèrent les attaques de flics et de fascistes contre des maisons, magasins d’immigrés ainsi que contre des squats anarchistes, les dévots des fascistes usèrent comme prétexte l’assassinat deManolis Kantaris, dans le même temps des groupes de néo-nazis lançaient des pogroms blessant au total des centaines d’immigrés, et poignardèrent sauvagement le Bangladesh Alim Abdul Manan.

Le rassemblement pacifique avait lieu alors que quasiment dans le même temps des compagnons se rassemblaient sur la place Victoria pour résister activement contre la terreur d’état, les ségrégations raciales et la merde d’ossature étatique.
En accord avec les normes du pathétique et réformiste mouvement espagnol ‘Democracia Real YA’ et ‘geração à rasca’ des pacifistes portugais, un nouveau rassemblement apolitique a été appelé par facebook, en face du Greek Kynovoulio cette fois [Kynovoulio, Doghouse lieu de Koinovoulio, le Parlement - un jeu de mots intraduisible ]. La présence symbolique de flics en face du monument du soldat inconnu ne doit pas nous tromper. Ce n’était pas seulement la police anti-émeute qui défendait les symboles du pouvoir mais surtout le grand nombre des « citoyens indignés » qui ont pleinement déclaré allégeance aux patrons et à l’état.

Le pacifisme compulsif d’un pseudo mouvement de résistance était, est et sera une version supplémentaire de la violence d’état. Où qu’ils soient les partisans du régime parlementaire proposent d’étendre le pacifisme pour manipuler les foules et canaliser la rage des peuples sur les voies du réformisme dans le système existant sans le renverser. Après tout c’est justement des manifestants pacifistes et démocratiques que demande l’état et le capital.

Ces premiers rassemblements que se soient sur la place Syntagma à Athènes ou sur les autres points centraux des autres villes de Grèce sont des informelles votes de confiance à un système pourri dans son fondement. Nous voyons au niveau européen que de tels mouvements fonctionnent comme des soupapes contre la guerre sociale et de classe. Ce que la matraque d’un flic et le couteau d’un facho ne peuvent pas atteindre, l’est par la propagande de « facebookeurs » apolitiques et réformistes.

Le mouvement antagoniste et les dissidents radicaux doivent la nature réactionnaire et contre-révolutionnaire de ces contrefaçons des révoltes du monde arabe. Une des caractéristiques fondamentales du capitalisme et son pouvoir à transformer et absorber les voix de ceux qui le défient. En désignant par des mots tels que rage, révolte, révolution, le système et ses supporters espérant ainsi rabaisser le mouvement de libération social et le détourner sur des voies incolores pour eux-mêmes.

Les avertissements donnés par les madrilènes aux campeurs de Syntagma tel que « pas d’attaques émeutières » ont été entendus par énormément de gens. La presse du régime reproduit, invente et orne les arguments pacifistes, les vendant comme le seul espoir de perspective.

Tant que nous n’agissons pas pour prendre les moyens de production, abolir la propriété, qu’une rébellion multiraciale qui mette en place des structures mutuelles et auto-gérées, qu’au lieu de ça nous abandonnons nos drapeaux et nos armes à Syntagma [également constitution] ou n’importe où en chantant l’hymne nationale ; tant que nous restons dans une ambiance joyeuse avec des guitares et des chansons sirupeuses plutôt que de prendre une pierre, nous restons les esclaves des patrons.

Trois (des plus nauséabondes) points de la soi-disante première assemblée ouverte de Real Democracy Now sur la place Syntagma extraits du sîte officiel du mouvement :
- Les jeunes sortent paisiblement avec l’âme et la foi pas comme en décembre 2008 ; nous sommes tous matures
- L’autre jour des gens d’extrême droite ont battu et poignardé des immigrants, des immigrants venant des pays pionniers qui ont lancé toutes les mouvements insurrectionnels de ces derniers mois
-Après les HNS de Velos [mutineries] et Polytechnique [soulèvement de 1973] c’est le premier geste de démocratie et d’élévation morale en Grèce.

Texte anarchiste grec traduit par le site "Contra-info"

"Por una anarchia total ya !"

"Pour une anarchie totale maintenant !"

[Espagne - 2 Juin 2011]

Ce texte est le produit de notre indignation de voir le mouvement « Démocratie Réelle Maintenant » se présenter lui-même comme une vraie révolution, alors que ce qu’il représente réellement, ce qu’il défend est la continuation du système capitaliste raccommodé avec quelques réformes sans autres effets que de lui donner une nouvelle légitimité. Les idées que reflètent le manifeste de ce mouvement sont des appels de politiciens, exigeants un système qui tourne à la perfection, pour une démocratie qui autorise une contestation canalisée et contrôlable, tant qu’elle ne menace pas sa survie.

Nous n’approuvons pas la pétition du manifeste, en tant que c’est un discours vide, ambigu et qui galvaude le sens de ce qu'est une véritable révolution.

Nous ne nous reconnaissons pas nous-mêmes comme des citoyens, nous ne nous incluons pas dans le mouvement « Démocratie Réelle Maintenant » car nous sommes contre tout pouvoir, même celui qui émane du peuple. Nous sommes contre la social-démocratie, la représentation et le fait d’être des esclaves de ce système. Nous ne voulons pas d’un monde de consommation heureuse, d’usines et d’entreprises d’exploitation.

Nous exigeons que soit interrogé l’usage du mot « anti-système » : l’appliquer à des politiciens et des banquiers est une incohérence parce qu'ils représentent l’essence même du système actuel, ils le renforcent et le protègent. Dans une déclaration de M-15, ils disent que l’officier de police qui attaque est "anti-système" ; ce n’est rien de plus que de la chirurgie esthétique sur l’actuel fonctionnement du système, qui inclus le domaine de la violence à travers les forces de sécurité. Nous sommes fiers d’être anti-systèmes, comme nous marchons dans la direction de la destruction de tout ce qui nous opprime, nous voulons un changement réel dans nos vies.

Nous rejetons l’arrogance avec laquelle ce mouvement se distingue lui-même des actions révolutionnaires violentes, promouvant la forme pacifique comme « le seul outil possible de changement social ». Nous comprenons que cette affirmation ne reconnaît pas les révolutions historiques telles que les actions violentes durant la révolution sociale dans la Seconde République et pendant la guerre civile dans ce pays [en Espagne]. Cela condamne aussi les luttes de divers commandos et groupes autonomes des années 70, 80 et 90 (Mouvement Ibérique de Libération, Action Directe, et beaucoup d’autres), tout comme les actions violentes de résistance de certains mouvements ouvriers. Et pour mentionner d’autres luttes dans d’autres endroits, qui incluent aussi une réaction violente, nous nous souvenons de la révolution Sandiniste et des luttes armées de libération nationale telles que l’EZLN.

Actuellement la lutte insurrectionnelle se répand à travers le globe sous la forme d’actions violentes et autonomes contre les structures et les symboles du capital et de l’autorité.

Le système n’est pas à réformer, il doit être détruit. Ils ne nous donnerons rien de ce que nous voulons et nous ne leur demanderons rien. Nous ne voulons pas tomber dans des revendications adressées à ceux que nous ne reconnaissons pas, nous décidons de les prendre de nous-même. Ce système est fait pour les banquiers, les politiciens, les travailleurs, les citoyens et leurs droits civils. Depuis, la pétition de ce manifeste réclame un fonctionnement soutenable du système, qu'on s’assure du respect des droits civils, du progrès, du travail, de la consommation et du bonheur. Nous ne voulons pas d’un système du bien-être qui est continuellement contre la vie et la liberté. Nous ne voulons pas être des sujets pacifiques et pacifiés qui se conforment. Nous sommes contre la logique travail-consommation.

Le travail salarié c’est l’esclavage, la prostitution de nos corps, de nos esprits et de notre énergie au service du capitalisme. Ainsi se maintiennent les structures sur lesquelles tient l’état de la domination : la complicité passive de la masse des travailleurs-consommateurs constitue une partie fondamentale du fonctionnement propre à ce système.

Une lutte ne trouve pas sa mesure dans la quantité de masse qui bouge et par son degré de spectacle, mais plutôt dans son contenu, ses formes, sa cohérence et sa continuité.

La révolution se fait au jour le jour, dans nos vies, dans ce que nous sommes.

Nous sommes outragé-e-s par votre outrage, qui réagit seulement de manière défensive pour des intérêts égoïstes et cherche des solutions confortables et superflues, qui ne cherche pas une révolution profonde et radicale (allant à la racine des problèmes) mais bien plutôt une amélioration des conditions d’exploitation à l’intérieur de ce modèle de faux bien-être.

Pour tout celà nous revendiquons et formulons les propositions suivantes :

_ - Aucune reconnaissance d’aucun système de gouvernement qui décide pour nous-mêmes de nos vies : qu’il soit néo-libéral, démocratique, socialiste, communiste, populiste, fasciste, dictatorial, social-démocrate, etc.

_ - Aucune légitimation de l’autorité, sous aucune de ses formes, institutions et structures du pouvoir : famille patriarcale, armée, police, gouvernement, docteurs, hôpitaux, psychiatres, asiles, écoles, universités, genres, prisons (incluant celles pour mineurs, les centres de rétention, les zoo, etc...), commerces, religions...

_ - Abolition du travail salarié et de toute forme d’exploitation.

_ - Fin de la société carcérale, destruction des prisons et liberté pour tous/toutes les prisonnier-e-s.

_ - Fin du système de contrôle social, de la vidéo-surveillance, de la police et des citoyens-flics.

_ - Solidarité avec nos compagnons en lutte, persécuté-e-s, emprisonné-e-s ou tué-e-s par les mains de ceux qui représentent ce système d’extermination.

_ - Fin du système économique basé sur l’argent et sur les relations humaines capitalistes qu’il engendre tout autour de lui.

_ - Destruction du système industrio-technologique ; retour à une vie en équilibre et en respect envers la nature et les autres animaux, loin de la non-vie, l’encombrement et l’artificialité des villes.

_ - Fin des rôles sexuels que la société inculque, inversion des genres. Nous sommes des individus au-delà de nos organes reproducteurs.

_ - Libération de la terre et des animaux. Fin de l’utilisation d’autres animaux comme des objets/produits pour la nourriture, l’habillement, la distraction, la compagnie, l’expérimentation...et de l’utilisation et de l’abus de la nature comme étant une ressource au service de besoins humains irréels et dévastateurs.

_ - Rupture de l’apathie générale et continuité des luttes individuelles et collectives, menées sincèrement et de façon cohérente.

Signé : "quelques terroristes anti-système, anti-sociaux violents".

Texte paru sur A Las Barricadas et sur Angry News From Around The World.
Nouvelle traduction de l’anglais par Le Cri Du Dodo.

jeudi 2 juin 2011

La réforme de la garde à vue : ce qui change

[Nous relayons ce document à titre informatif concernant la nouvelle réforme de la garde à vue, qui est rentrée en vigueur hier. Il a été produit par le site "Actujuridique.com", qui suit l'actualité juridique autour du livre "Face à la police, face à la justice", véritable manuel d'auto-défense contre la répression présentant les différents cas de figures qu'on peut rencontrer à ce sujet, etc...]

La réforme de la garde à vue entrée en vigueur le 1er juin 2011

Principales nouveautés de la loi qui entre
en vigueur au 1er juin 2011.


1) La justification de la garde à vue

La G.AV devient réservée à une « personne contre laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement » (art. 62-2 du CPP). Auparavant, il s’agissait des personnes soupçonnées d’avoir commis une infraction. La nouvelle loi exclut donc les garde à vues en cas de simple contravention.

Autre nouveauté : il est précisé que la garde à vue doit être « l’unique moyen » de répondre à un des six objectifs fixés par la loi : maintenir la personne à disposition pour les phases de l’enquête où sa présence est nécessaire, pouvoir la présenter au procureur de la République, empêcher que la personne ne modifie les indices matériels, ne se concerte avec ses complices ou fasse pression sur les témoins, et s’assurer que le crime ou le délit cesse. Ces objectifs sont si larges qu’il y aura toujours, quel que soit le crime ou le délit, la possibilité pour les flics d’affirmer que la garde à vue est une mesure totalement nécessaire.

Le Code de procédure pénale ajoute que le procureur de la République doit apprécier si « la mesure de garde à vue est proportionnée à la gravité des faits que la personne est soupçonnée d’avoir commis ou tenté de commettre ».

Enfin, la loi du 14 avril 2011 précise que la garde à vue doit s’effectuer « dans des conditions assurant le respect de la dignité de la personne ». Dans les faits, les flics pourront toujours prendre le prétexte des conditions matérielles difficiles pour trouver les moyens qui serviront à humilier les personnes gardées à vue.

2) La durée de la garde à vue

Le renouvellement de la garde à vue au-delà des premières 24 heures n’est plus possible que pour les crimes ou les délits punis d’au moins un an d’emprisonnement. Exemple de délit puni de moins d’un an d’emprisonnement : l’outrage, à condition toutefois qu’il ne soit pas commis en réunion contre une personne dépositaire de l’autorité publique. Dans les faits, et compte tenu des nombreuses circonstances aggravantes qui accompagnent souvent les infractions et que les flics pourront facilement invoquer, les délits punis de moins d’un an d’emprisonnement sont assez rares.

D’autre part, le renouvellement n’est accordé en principe qu’après « présentation » au procureur. Il est toutefois précisé que cette présentation « peut être réalisée par l’utilisation d’un moyen de télécommunication audiovisuelle », et surtout que, « à titre exceptionnel », on peut aussi se passer de la présentation…

La durée des garde à vue pour « criminalité organisée » ou « terrorisme » n’est pas modifiée (96 heures, voire 144 heures en cas de « risque sérieux d’imminence d’action terroriste »).

3) La notification des droits


La nouvelle loi, reprenant la formulation qui avait été introduite par la loi sur la présomption d’innocence puis retirée par une des lois Sarkozy, précise que la personne gardée à vue doit être informée « du droit, lors des auditions, après avoir décliné son identité, de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se taire ». Il est à relever qu’aucune peine n’est prévue si la personne refuse de décliner son identité, même si le fait de garder le silence sur celle-ci ne fait en principe pas partie du droit de se taire.

4) L’avocat


C’est le gros morceau de la réforme.

Dès le début de la garde à vue, la personne peut demander à être assistée par un avocat. Cet avocat peut être désigné par la personne gardée à vue, commis d’office ou encore choisi par le proche qui a été contacté par les flics, à la condition que la personne gardée à vue confirme ce choix.

Il est toutefois précisé que les flics ou le procureur peuvent contester le choix de l’avocat en cas de « conflit d’intérêt » et demander la désignation d’un autre défenseur commis d’office. Le Code est muet sur ce qu’il faut entendre par « conflit d’intérêt ».

Comme avant, un entretien entre l’avocat et la personne gardée à vue est possible. Cet entretien est de 30 minutes, il est confidentiel et il peut être demandé à nouveau lors d’un renouvellement de la garde à vue.

L’avocat a accès à certaines pièces du dossier : — le PV de notification de garde à vue, — le certificat médical, — les PV d’auditions de la personne qu’il assiste.

L’avocat ne peut obtenir de copie de ces pièces, mais il peut prendre des notes.

L’avocat n’a cependant pas accès aux autres pièces du dossier, et en particulier à ce qui permettrait véritablement de savoir ce qu’il y a d’incriminant contre la personne gardée à vue, à savoir le PV d’interpellation ou les déclarations des témoins ou d’autres personnes gardées à vue.

Dans les faits, donc, l’assistance de l’avocat sera considérablement réduite par le fait qu’il n’en saura pas beaucoup plus que son client sur les éléments à charge à la disposition des flics.

L’avocat, si la personne gardée à vue en fait la demande, peut être présent lors des auditions de son client, ou lorsque celui-ci est confronté à une autre personne gardée à vue ou à un témoin. Lors des confrontations, il peut donc y avoir plusieurs avocats présents, chacun assistant une personne différente. Les « victimes » peuvent aussi être assistées par un avocat.

L’audition ou la confrontation est menée « sous la direction de l’officier ou de l’agent de police judiciaire ». Celui-ci peut à tout moment y mettre un terme « en cas de difficulté ». Il peut de plus s’adresser au procureur de la République pour que celui-ci demande la désignation d’un autre avocat. Bref, on l’aura compris, les « difficultés » dont il est question ici sont celles que l’avocat pourrait éventuellement causer, et la loi donne les moyens aux flics de se débarrasser d’un avocat qui s’aviserait d’être autre chose qu’une potiche.

Tout se jouera sans doute suivant la bonne volonté des flics, certains permettant peut-être que l’avocat intervienne durant la phase d’audition ou de confrontation, tandis que d’autres seront plus intransigeants.

C’est à la fin de l’audition ou de la confrontation que la loi reconnaît à l’avocat le droit à la parole, sous la forme de questions qui apparemment peuvent être adressées aussi bien au client qu’aux témoins ou aux autres personnes gardées à vue (la loi ne précise pas à qui les questions peuvent être posées). Les flics peuvent cependant s’opposer aux questions « de nature à nuire au bon déroulement de l’enquête ». Dans ce cas, ce refus est mentionné au PV de l’audition ou de la confrontation.

Les pouvoirs de l’avocat sont assez limités.

À l’issue des auditions et des confrontations auxquelles il a assisté comme de l’entretien de 30 minutes, l’avocat peut présenter des observations écrites, dans lesquelles il peut noter les questions qu’il souhaitait poser et qui ont été refusées par les flics. Ces observations sont ensuite versées au dossier. L’avocat peut aussi transmettre les observations ou la copie de celles-ci au procureur durant la garde à vue.

L’avocat n’est pas censé donner la moindre information à autrui de ce qu’il a pu apprendre en s’entretenant avec la personne gardée à vue, en lisant les PV ou en assistant aux auditions.

Les flics disposent de larges pouvoirs pour retarder l’intervention de l’avocat.

Tout d’abord, dès lors que la personne gardée à vue a demandé à être assistée lors de son audition, celle-ci doit en principe être retardée de deux heures. Le délai commence à partir du moment où l’avocat a été prévenu. Un interrogatoire portant seulement sur l’identité de la personne gardée à vue peut cependant avoir lieu.

Si l’avocat est en retard, l’audition peut commencer à partir du moment où le délai de deux heures est écoulé. Et surtout, « lorsque les nécessités de l’enquête l’exigent », le procureur peut autoriser que l’audition débute sans attendre le délai de deux heures.

Quand l’avocat se pointe, l’audition qui a déjà commencé peut être interrompue, à la demande de la personne gardée à vue, pour qu’elle s’entretienne avec son avocat, ou se poursuivre directement en présence de l’avocat si la personne ne demande pas cette interruption.

Ensuite, la présence de l’avocat lors des auditions peut être différée « pour des raisons impérieuses tenant aux circonstances particulières de l’enquête, soit pour permettre le bon déroulement d’investigations urgentes tendant au recueil ou à la conservation des preuves, soit pour prévenir une atteinte imminente aux personnes ».

Le délai durant lequel l’avocat ne peut assister aux interrogatoires ni lire les PV d’audition de son client est : — de douze heures sur autorisation du procureur — de vingt-quatre heures sur autorisation du JLD pour les crimes ou délits punis de cinq ans d’emprisonnement ou plus.

Pour les crimes et délits commis en bande organisée, l’intervention de l’avocat, que ce soit pour l’entretien confidentiel avec la personne gardée à vue ou pour assister aux auditions, peut être retardée de 48 heures et de 72 heures pour les affaires de stupéfiants et le terrorisme. Ce report n’est en principe pas systématique et doit être décidé par le procureur pour les 24 premières heures, puis par le JLD ou le juge d’instruction pour les heures qui suivent. Dans le cas du terrorisme, le JLD ou le juge d’instruction pourra décider que l’avocat qui interviendra sera obligatoirement commis d’office et inscrit sur une liste d’avocats « habilités » préparée par le Conseil national des barreaux.

La présence de l’avocat lors des auditions ne change donc pas fondamentalement la donne. L’avocat ne peut pas intervenir durant l’audition et surtout n’a pas un accès complet au dossier. Par conséquent, même le plus combatif des avocat ne pourra pas facilement aider son client à se sortir des pièges tendus par les flics. Le conseil de base est donc toujours, a priori, de se taire tant que l’on n’a pas pu avoir une connaissance complète du dossier par l’intermédiaire de l’avocat.

Par ailleurs, pour ceux qui décideraient néanmoins de répondre à des questions ou de faire des déclarations, il sera toujours possible de refuser de parler tant que l’avocat ne sera pas présent, et ainsi de faire facilement échec aux dispositions qui permettent de retarder l’intervention de l’avocat. Ce sera alors l’occasion de prononcer la phrase fétiche de tout feuilleton américain :

« je ne parlerai qu’en présence de mon avocat ».

Dans tous les cas, il est recommandé de demander l’assistance de l’avocat, ne serait-ce que pour espérer jouer sur les nullités possibles au cas où cette assistance serait refusée ou impossible. Même si elle a demandé à voir un avocat, rien n’obligera la personne en garde à vue à répondre aux questions des enquêteurs.

5) Les fouilles et les conditions de la garde à vue


Les flics peuvent prendre des « mesures de sécurité ayant pour objet de s’assurer que la personne gardée à vue ne détient aucun objet dangereux pour elle-même ou pour autrui ». Ces mesures (menottes, etc. ) sont précisées par un arrêté ministériel. Parmi celles-ci, les flics peuvent procéder à une « palpation de sécurité » ou à une « fouille intégrale » (c’est-à-dire que la personne est dénudée).

Lorsqu’il est « indispensable » pour « les nécessités de l’enquête » de procéder à une fouille intégrale, celle-ci doit « être réalisée dans un espace fermé par une personne de même sexe que la personne faisant l’objet de la fouille ». Comme avant, en cas d’« investigation corporelle interne » (doigt dans l’anus ou dans le vagin, pour parler plus clairement), il est obligatoire pour les flics d’avoir recours à un médecin.

À noter que la loi du 14 avril réforme également la retenue douanière et le placement en « chambre de dégrisement ».